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African Banker

Secteur bancaire : Les réformes portent leurs fruits

Les réformes libérales des années 1980, connues sous le nom du « consensus de Washington », sont devenues le discours officiel des dirigeants africains. Leur réussite conduit à un climat bien plus favorable pour les banques africaines donc, pour la croissance inclusive.

Par Dhafer Saïdane, professeur à la SKEMA Business School

L’adhésion des pays africains aux réformes libérales prônées par le FMI et la Banque mondiale n’est pas seulement verbale. Elle s’est réalisée dans la douleur et la rigueur au prix d’énormes sacrifices.

Elle indique un cheminement de l’Afrique révélateur d’une volonté farouche de tourner la page du sous-développement. Les réformes commencent à porter leurs fruits. Elles deviennent la norme. Et de la rigueur financière émergent aujourd’hui des acteurs dynamiques qui entendent partager les résultats de ces sacrifices.

Le marché bancaire africain s’appro­fondit mais s’emballe. Il s’agit du second marché au monde, en termes de crois­sance et de profitabilité. Les données de la McKinsey Global Banking Pools prévoient une croissance annuelle des revenus de l’activité bancaire sur le conti­nent d’environ 8,5 % entre 2017 et 2022.

Beaucoup reste à faire du côté de la puissance publique pour synchroniser la banque et l’entreprise. Il faut un certain courage politique et des dirigeants publics audacieux, forts et constants dans leur action de réformes.

Une croissance énergique qui générera un chiffre d’affaires de près de 129 milliards de dollars. Près de 53 milliards $ provien­dront de la banque de détail.

Le modèle bancaire africain s’appuie sur deux leviers de croissance puissants : une croissance économique favorisant une bancarisation et une inclusion finan­cière rapide passant par le développement accéléré d’une classe moyenne.

En effet, le Retail banking favorise l’inclusion financière avec une disponibilité des principaux services bancaires à un coût abordable et décroissant. La digitalisation des transactions et les économies d’échelle qui en découlent en sont pour beaucoup.

Avec en moyenne un taux de banca­risation inférieur à 15 % en Afrique subsa­harienne, le modèle de la banque de détail inclusive a de beaux jours devant lui.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Prenons l’exemple typique de la banque panafricaine Coris Bank. Entre 2009 et 2010, les bénéfices nets, le total du bilan et le nombre de comptes ont augmenté respectivement de 112 %, 64 % et 122 %.

Entre 2016 et 2017 les mêmes indicateurs ont crû respectivement de 20 %, 28 % et 14 % ! Des taux de croissance élevés dans un environnement exceptionnel.

Un rythme accéléré des réformes

Attention néanmoins à l’essouffle­ment à force de croître trop vite… à la recherche de la taille critique. Pour le moment les banques africaines ont su éviter la financiarisation et faire de sorte que la finance soit au service du travail et non le contraire. L’assainissement de l’environnement des affaires apparaît de ce point de vue une opportunité.

Le rapport Doing Business 2019 de la Banque mondiale est éclairant. Il recense 314 réformes de l’environnement des affaires effectué par 128 pays dans le monde en 2018 contre 290 réformes enregistrées en 2017.

Ces réformes visent pour l’essentiel une réglementation et des actions rationnelles et efficaces pour régir l’activité des entreprises. Il s’agit là d’un nouveau record dans la réduction des lourdeurs administratives et la nécessaire simplification de la procédure de création d’entreprise. Ces réformes sont profi­tables pour les entrepreneurs et valorisent la création d’emplois et stimulent les investissements privés.

Le même rapport montre que l’Afrique est pressée et constitue un bon élève en matière de réforme. Elle a réalisé 107 réformes en 2018, contre 83 en 2017. L’année 2018 a été marquée par le plus grand nombre d’économies africaines ayant mené des réformes, 40 des 48 économies de la région ayant mis en place au moins une réforme. En 2016, elles n’étaient que 37 économies.

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