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Satisfecit du FMI au Bénin et au Togo

Le Fonds monétaire international a revu en baisse ses prévisions de croissance économique pour le Bénin. L’institution, qui salue les résultats obtenus ces dernières années, augmente son aide face à l’urgence sanitaire. 

Par Laurent Soucaille

« Les résultats obtenus par le Bénin dans le cadre du programme appuyé par le FMI restent très satisfaisants. Tous les critères quantitatifs de performance à fin décembre 2019 et les repères structurels ont été respectés. »

Telle est la conclusion des discussions, menées du 9 au 17 avril, entre les autorités du Bénin et une équipe du FMI, dirigée par Luc Eyraud. Le FMI achève sa sixième revue du programme économique et financier triennal, soutenu par le Fonds dans le cadre de l’accord de la Facilité Élargie de Crédit (FEC).

« Les autorités restent pleinement dédiées à l’objectif de soutenabilité budgétaire, ancré dans une baisse constante du ratio dette publique/PIB à moyen terme, à mesure que la crise s’atténue. »

Les autorités béninoises et l’équipe du FMI ont donc conclu un accord au niveau des services du FMI, qui doit être approuvé par la direction du Fonds et son conseil d’administration. L’examen par ce dernier est prévu pour la mi-mai 2020. « Les services du FMI recommanderont une augmentation du soutien du FMI au Bénin équivalant à 61,4% de sa quote-part (environ 103,5 millions de dollars) », prévoit Luc Eyraud.

Il s’agit d’aider à financer les mesures sanitaires et économiques, répondre aux besoins de la balance des paiements découlant de la pandémie du Covid-19. Ce, avant même de catalyser le soutien financier de la communauté internationale. L’aide porterait le total des décaissements liés à l’achèvement de cette revue à 125 millions $.

Un vigoureux plan de riposte

Après une « forte croissance » estimée à près de 7% en 2019, la pandémie ainsi que la fermeture prolongée de la frontière avec le Nigeria devraient affaiblir considérablement les perspectives économiques à court terme du Bénin. La croissance économique devrait retomber à 3,2% en 2020, prévoit le FMI. Ce, en raison des restrictions imposées par le Covid-19 sur l’activité domestique, de la baisse substantielle de la demande extérieure et les perturbations du commerce mondial et des chaînes d’approvisionnement.

Pour autant, « les autorités sont en train de prendre des mesures cruciales pour contenir la pandémie et en limiter les répercussions », explique le chef de la délégation du FMI pour le Bénin.

Le plan de riposte, estimé à 1,7 % du PIB comprend une hausse des dépenses de santé, une aide aux couches de la population les plus vulnérables et un soutien ciblé et temporaire aux entreprises affectées. Les autorités s’engagent à maintenir une saine gouvernance et une pleine transparence dans la mise en œuvre de ces programmes.

Le déficit budgétaire pour 2020 devrait se creuser à 3,5 % du PIB, en raison de la baisse des recettes, de l’augmentation des dépenses de santé et des mesures de soutien à l’économie. Un niveau supérieur aux 2,3% estimés pour l’année 2019, et supérieur à la norme régionale de 3% fixée par les pays de l’Uemoa. Le gouvernement tente de mobiliser des financements supplémentaires auprès du FMI et d’autres partenaires internationaux pour financer ce surcroît de déficit budgétaire.

La dette publique devrait atteindre 43,3% du PIB en 2020. Pourtant, « les autorités restent pleinement dédiées à l’objectif de soutenabilité budgétaire, ancré dans une baisse constante du ratio dette publique/PIB à moyen terme, à mesure que la crise s’atténue ».

« L’équipe du FMI tient à remercier les autorités pour les discussions ouvertes et constructives dans ce contexte difficile. » L’équipe du FMI « souhaite également exprimer sa plus profonde sympathie et son soutien au peuple béninois dont la vie est profondément affectée par les effets dévastateurs du Covid-19 », a tenu à conclure Luc Eyraud.

Pour rappel, le programme du Bénin soutenu par la FEC a été approuvé par le conseil d’administration du FMI en avril 2017. La FEC est un accord de prêt qui prévoit un engagement soutenu du programme à moyen et long terme en cas de problèmes prolongés de la balance des paiements.

Du côté du Togo,  Le FMI salue les réformes engagées par le Togo, incitant le pays à poursuivre ses efforts. Il accentue son aide au pays, face à l’urgence sanitaire.

« Les réformes structurelles liées à l’administration des recettes et à la gestion des finances publiques progressent » au Togo. Pays où « des progrès ont été réalisés en matière de collecte des arriérés d’impôts, de soumission en ligne des déclarations en douane et d’étapes vers la budgétisation des programmes ».

Ainsi s’exprime le conseil d’administration du FMI qui vient d’achever sa sixième et dernière revue des résultats économiques obtenus par le Togo. La démarche entre dans le cadre d’un programme appuyé par un accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC).

En 2020, le déficit budgétaire et le besoin de financement de la balance des paiements pourraient se creuser en raison des dépenses de santé et d’autres impacts de l’épidémie. « Néanmoins, la dette publique devrait continuer de baisser. »

L’achèvement de la revue permet de décaisser 96,63 millions de DTS (environ 131,3 millions de dollars), ce qui porte le total des décaissements au titre de l’accord à 247,65 millions de DTS (environ 336,4 millions $). Une somme « presque quatre fois plus importante que le montant initialement prévu ».

En achevant cette sixième revue, le conseil d’administration a également approuvé la demande présentée par les autorités en vue d’une augmentation du niveau d’accès (environ 97,1 millions $) afin de répondre aux besoins urgents du Togo. Le pays doit financer ses efforts et ses plans contre la propagation du Covid-19 et atténuer son impact économique.

Le Togo a réalisé « des progrès considérables en 2017-2019 » dans le cadre du programme soutenu par le FMI dans plusieurs domaines. « Cependant, les réformes restent incomplètes dans un secteur clé », prévient l’institution. En effet, il faudra « finaliser les réformes au niveau des deux banques publiques est primordial pour préserver la stabilité financière et éviter des risques budgétaires ».

Les acquis budgétaires sont préservés

La reprise économique s’était raffermie mais est entravée par la crise sanitaire. Comme pour l’ensemble des pays d’Afrique, les projections de croissance pour 2020 ont été sensiblement revues à la baisse. « Le déficit budgétaire et le besoin de financement de la balance des paiements pourraient s’élargir considérablement en raison de la perte de recettes, de l’augmentation des dépenses de santé et de la baisse des exportations. »

La réunion du conseil d’administration était présidée par Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint. Lequel a déclaré : « Les autorités prennent des mesures immédiates pour faire face aux implications humaines et économiques de la pandémie de Covid-19 tout en préservant les réalisations budgétaires durement obtenues pendant ces dernières années. »

Durant la période 2017-2019, le Togo a respecté le critère de convergence de l’Uemoa d’un déficit budgétaire ne dépassant pas 3% du PIB. Pour 2020, le déficit budgétaire et le besoin de financement de la balance des paiements pourraient se creuser en raison des dépenses de santé supplémentaires et d’autres impacts de l’épidémie sur l’économie. « Néanmoins, la dette publique devrait continuer de baisser. »

Soutenir une croissance forte et inclusive

Le FMI réitère ses recommandations, issues d’une évaluation effectuée par l’administration togolaise. Il s’agira de combler les lacunes restantes dans les fonctions douanières essentielles. Il faudra renforcer la mise en conformité volontaire afin d’assurer des revenus permanents solides. Il sera également essentiel de suivre les recommandations clés des évaluations de la gestion des investissements publics de 2016 et de 2019. En outre, la poursuite d’une politique prudente en matière d’emprunt et le renforcement de la capacité de gestion de la dette sont indispensables afin de préserver la viabilité de la dette.

« Le Togo a été l’un des pays les plus performants dans l’amélioration du climat des affaires ces dernières années », poursuit le FMI. Selon lequel « il sera important de poursuivre ces réformes ».

Le pays doit notamment renforcer la gouvernance et mettre en œuvre les mesures décrites dans son plan national de développement. Objectif : soutenir une croissance forte et inclusive. 

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