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Récession moindre que redouté en Afrique centrale

Récession moindre que redouté en Afrique centrale
  • Publiédécembre 29, 2020

Croissance des PIB réels de la zone Cemac, en %

Pays 

2016 

2017 

2018 

2019 (e)

2020 (p)

Cameroun 

4,6 

3,5 

4,1 

3,7 

-2,0

République centrafricaine 

4,8 

4,5 

3,8 

2,8 

0,6

Congo 

-12,2 

-0,2 

1,1 

-0,6 

-8,7

Gabon 

2,0 

0,5 

0,4 

3,9 

-2,5

Guinée équatoriale 

-9,5 

-2,1 

-3,1 

-4,5 

-4,2

Tchad 

-2,8 

-4,2 

1,9 

2,6 

-0,6

CEMAC 

-1,4 

0,7 

1,8 

2,0 

-2,9

(e) : estimations ; (p) : prévisions. Sources : administrations nationales et BEAC.

Une dette contenue

Au plan financier, l’année 2020 sera celle de la dégradation, compte tenu des dépenses engagées contre les conséquences sanitaires et économiques de la pandémie. Dans ces conditions, les pays de la Cemac mobiliseraient, entre autres possibilités, des financements extérieurs d’environ 3 850,3 milliards de F.CFA (5,87 milliards d’euros).

Ces ressources leur permettraient d’apurer des arriérés de paiement de 1 674,4 milliards de F.CFA et d’amortir la dette extérieure à hauteur de 2 371,8 milliards. En matière d’endettement, le rythme d’accroissement de la dette publique extérieure pourrait se maintenir, relève la BEAC qui ne se montre pas inquiète sur ce point.

L’activité économique pourrait repartir dès 2021, grâce au recul anticipé de la crise sanitaire. Si celle-ci se confirme, on peut envisager un rebond de la croissance économique et un redressement progressif des autres comptes macroéconomiques dans la Cemac, grâce à l’appui financier et technique du FMI et des autres bailleurs de fonds.

Politique monétaire inchangée

Toutefois, cette dynamique serait impactée par les risques sécuritaires au Cameroun et en Centrafrique, ainsi par des éventuels conflits post-électoraux dans plusieurs pays de la sous-région. Pour l’heure, la BEAC retient une croissance du PIB réel, en Cemac, de 2,8 % en 2021, 3,2% en 2022 et à 3,3 % en 2023, grâce principalement aux performances du secteur non pétrolier.

La croissance à moyen terme tirerait profit de la poursuite de l’amélioration des capacités de production des acteurs de la filière manganèse au Gabon, associé à l’accélération des travaux d’infrastructures énergétiques et routières dans plusieurs pays. D’autre part, le secteur industriel devrait significativement contribuer à la reprise de l’activité économique, grâce particulièrement au dynamisme des industries brassicoles dans tous les pays, l’expansion de l’industrie du bois au Gabon et des cimenteries au Congo.

« Pour autant, la croissance des économies de la Cemac demeure durablement en deçà de son potentiel, ce qui justifie davantage l’achèvement des réformes structurelles », insiste la BEAC.

La dégradation du PIB potentiel des économies observée depuis 2010 et accentuée avec la crise actuelle, appelle à d’importants investissements et réformes structurelles. Ceci devrait permettre de stimuler le potentiel par une amélioration du climat des affaires, une plus grande diversification et des infrastructures conséquentes.

Enfin, la BEAC considère que l’inflation pourrait repartir ces prochaines années, mais demeurer sous les objectifs communautaires. Informé de toutes ces observations, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale, réuni le 21 décembre, avait laissé inchangés ses taux directeurs ainsi que les coefficients de réserves obligatoires inchangés.

LS

Écrit par
Par Laurent Soucaille

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