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ProXalys, le succès d’un écosystème

ProXalys, le succès d’un écosystème
  • Publiéavril 1, 2024

La récente levée de fonds de la Fintech sénégalaise vient rappeler la pertinence d’un écosystème qui associe clients finaux, innovateurs, ainsi que partenaires financiers et techniques internationaux.

 

Fin février, la technologique sénégalaise ProXalys a levé 500 000 dollars afin de financer son internationalisation ; pour la jeune entreprise, cette étape cruciale a nécessité des mois de préparation.

En effet, lorsqu’ils ont lancé ProXalys en 2022, le premier objectif de Thierno Sakho (photo ci-dessus) et Abdoulaye Faye était de rapprocher les petits producteurs agricoles et les détaillants. Ils ont développé une solution numérique qui identifie les produits agricoles disponibles et organise la livraison sur le dernier kilomètre, sans intermédiaire.

Le potentiel est immense : le secteur informel en Afrique représente plus de 60 millions de micro-entreprises, dont le besoin de financement dépasserait 400 milliards de dollars.

Au fil du temps, le positionnement de l’entreprise s’est éloigné de la logistique pour s’orienter vers le logiciel. L’application s’est enrichie de nouvelles fonctionnalités. Les commerçants peuvent non seulement organiser leurs approvisionnements, mais aussi demander des paiements différés, tenir leur comptabilité et évaluer leur niveau de rentabilité.

Baptisée ProBoutik, l’application est avant tout un outil précieux pour l’inclusion financière. Elle enregistre et analyse la trésorerie du commerçant, puis calcule son niveau de solvabilité financière en lui attribuant un score. Le commerçant peut ensuite utiliser ces données pour approcher les institutions de microfinance afin d’obtenir plus facilement un crédit.

Cette démarche séduit de plus en plus le secteur informel, qui a commencé à se moderniser. ProBoutik regroupe aujourd’hui près de 8 000 commerçants ; l’application 100 000 utilisateurs d’ici la fin d l’année.

Si ProXalys n’a plus d’entrepôts ni de flotte de véhicules à entretenir, elle cherche à investir massivement dans ses équipes de technologie, de data et d’intelligence artificielle. Le succès de sa récente levée de fonds devrait lui permettre d’étoffer ses rangs et de conquérir le marché ivoirien.

Pour la start-up, cette étape décisive vers l’internationalisation a donc nécessité une longue préparation, notamment en travaillant avec le projet Sénégal Tech mené par le Netherlands Trust Fund V (NTF V) au Centre du commerce international (ITC).

 

Renforcer la capacité des entrepreneurs numériques

« Le projet NTF V nous a donné accès à deux événements majeurs : le Salon de l’agriculture (SARA 2023) et le grand rendez-vous de la Fintech (Next Fintech Forum) à Abidjan », explique Thierno Sakho. « Ce fut l’occasion pour nous d’engager des partenariats et d’apprécier le potentiel de développement de la Côte d’Ivoire. Pas à pas, le projet NTF V nous a également aidés à préparer notre levée de fonds et à travers des formations résolument opérationnelles. »

Ce soutien a donné à ProXalys la légitimité dont elle avait besoin aux yeux d’investisseurs de premier plan tels que 216 Capital Ventures, Haske Ventures et Digital Africa, pour lever un total de 500 000 dollars, début 2024.

ProXalys est l’une des seize start-up Fintech d’Afrique francophone à avoir bénéficié du programme d’investissement Fuzé de Digital Africa. L’« ambition de notre fonds d’investissement est de renforcer la capacité des entrepreneurs numériques africains à concevoir et déployer des innovations disruptives à grande échelle au service de l’économie réelle », commente Yann Azandegbe, associé d’investissement pour Digital Africa. « Nous avons été séduits par le projet ProBoutik car il permet de rapprocher les acteurs de la chaîne agroalimentaire, tout en apportant traçabilité et modernisation au secteur informel. Cela signifie plus de croissance et d’emplois. »

Attentive à la nécessité de s’entourer de partenaires stratégiques susceptibles de soutenir sa croissance, ProXalys continue d’aller de l’avant : dans le cadre du projet NTF V, la start-up a récemment rencontré le fonds Octerra Capital, avec lequel le dialogue se poursuit.

Un atelier de l'ITC au Sénégal.
Un atelier de l’ITC au Sénégal.

 

On le sait, le potentiel est immense : le secteur informel en Afrique représente plus de 60 millions de micro-entreprises, dont le besoin de financement dépasserait 400 milliards $. Ces entreprises, souvent non enregistrées, sont livrées à elles-mêmes en matière de gestion des comptes clients, de comptabilité et d’accès au commerce électronique.

De son côté, le programme Netherlands Trust Fund V (NTF), qui s’achèvera dans quinze mois, repose sur un partenariat entre le ministère néerlandais des Affaires étrangères et l’ITC. Le NTF V soutient les PME dans les secteurs des technologies numériques et de l’agroalimentaire au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Éthiopie, au Ghana, au Mali, au Sénégal et en Ouganda.

 

Paule Fax, d’après un compte rendu de l’ITC.

@AB

Écrit par
Paule Fax

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