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Progrès de la technique du paiement sur facteur opérateur

Progrès de la technique du paiement sur facteur opérateur
  • Publiédécembre 15, 2023

La technologie de paiement permet aux utilisateurs de téléphones mobiles de payer n’importe quel service en imputant cet achat sur leur facture mobile. Le Maroc est à la pointe, la Côte d’Ivoire a consenti les investissements nécessaires, au contraire du Sénégal.

 

Comme chaque année, Evina, spécialiste de la protection du paiement sur facture opérateur (Direct Carrier Billing, DCB) publie son Index mesurant la pénétration de cette technique dans les pays africains. La société de cybersécurité s’associe pour l’occasion avec Telecoming, entreprise technologique développant des outils DCB.

Le paiement sur facture opérateur est une technologie de paiement qui permet aux utilisateurs de téléphones mobiles de payer n’importe quel service en imputant cet achat sur leur facture mobile.

La pénétration de la téléphonie mobile en Afrique et au Moyen-Orient est en passe de dépasser le seuil de 90% cette année.

Le DCB Index 2023 offre une analyse détaillée de la progression et du potentiel de marché du paiement sur facture opérateur au Moyen-Orient et en Afrique. Chaque pays reçoit une note sur une échelle de 5 points, qui intègre des données actualisées sur la prévention de la fraude, l’innovation, la pénétration du marché local et le potentiel de croissance de cette méthode.

L’Indice DCB donne un aperçu du  marché du paiement sur facture opérateur de chaque pays, en les classant en fonction de leur statut actuel dans cette technologie et de leur potentiel à développer davantage cette méthode de paiement mobile qui stimule la croissance.

L’édition 2023 inclut trois nouveaux pays : l’Algérie (2,9 points), le Botswana (2,3 pts) et l’Arabie Saoudite (3,4 pts).

« Le marché algérien du paiement DCB présente un fort potentiel de développement. Cependant, bien que les opérateurs de réseaux mobiles proposent le paiement sur facture opérateur, le marché est difficile à pénétrer de l’extérieur en raison de réglementations strictes et de méthodes opérationnelles spécifiques », commente l’étude.

 

Une direction prometteuse en Tunisie

Le Maroc est le pays leader du classement, avec le score le plus élevé (3,6 sur 5). Presque tous les acteurs de la téléphonie mobile du pays y déploient le DCB, et l’industrie investit de manière significative dans sa sécurité, faisant du marché marocain un secteur fiable et cohérent. Cette stabilité a permis une croissance régulière des revenus sans les perturbations du « stop and go ».  « La résilience du marché marocain et sa progression régulière constituent une base solide pour le développement futur du DCB », juge l’étude. 

L’Afrique du Sud est en deuxième position avec 3,5 points sur 5. Les utilisateurs de téléphones mobiles ont rapidement adopté des méthodes de paiement alternatives, telles que le Mobile money qui atteint 8 millions d’utilisateurs en Afrique du Sud. « Associée à une cybersécurité efficace, cette tendance permettra au DCB d’augmenter considérablement les revenus des acteurs de la téléphonie mobile », considèrent les spécialistes. 

Au même stade, l’Irak (3,5 sur 5) et l’Égypte (3,5 sur 5) se sont distingués en ouvrant davantage de possibilités au déploiement du DCB et en renforçant leur protection contre les tentatives de fraude visant le paiement sur facture opérateur. En recul, la Tunisie obtient un score de 2,9 points, à l’exemple de l’Algérie. Pourtant, la dynamique de l’innovation oriente le DCB « dans une direction prometteuse », en Tunisie. Cette dynamique est portée par des acteurs majeurs tels que la Poste tunisienne, qui investissent massivement dans les services de paiement numérique. Cela étant, préviennent les auteurs, « pour accroître encore ce potentiel de croissance, les acteurs de la téléphonie mobile doivent poursuivre leurs efforts d’innovation et offrir la garantie d’une cybersécurité efficace, qui sont essentiels pour faire du DCB une méthode de paiement répandue et une source de revenus ».

La Côte d’Ivoire (3,1 points) montre un potentiel DCB accru depuis l’an dernier, avec une poussée de l’innovation Fintech, à l’image de l’application de finances personnelles Djamo. En outre, les acteurs du DCB se sont orientés vers l’amélioration de l’expérience client en renforçant la sécurité des utilisateurs. « Ces développements ont posé une base solide pour le secteur, permettant aux acteurs de continuer à innover et à diversifier les services proposés », commente l’étude.

Un mauvais élève inattendu, le Sénégal, qui n’obtient qu’un médiocre 2,7 points. En effet, pour la troisième année consécutive, l’innovation en matière de DCB reste atone, dans le pays. Sur le plan de la sécurité, certains acteurs font preuve d’« un manque d’investissement notable », ce qui accroît leur vulnérabilité face à la fraude. Pourtant, signale l’étude, « il est essentiel de donner la priorité à des outils de cybersécurité robustes pour atteindre un niveau de protection qui inspire la confiance afin de déployer plus largement le paiement sur facteur opérateur ».

 

Ne pas négliger la sécurité

Au total, la pénétration de la téléphonie mobile en Afrique et au Moyen-Orient est en passe de dépasser le seuil de 90% cette année. « Cette croissance significative montre à quel point l’accès aux services mobiles se démocratise dans la région », commente Roberto Monge, directeur des opérations de Telecoming.

Qui relève notamment « une augmentation impressionnante de l’innovation, l’indicateur progressant en moyenne de 3,4 points sur 5 ; cette tendance s’accompagne d’une croissance substantielle des nouvelles solutions de paiement mobile ». Ces avancées sont cruciales pour dynamiser l’économie mobile, secteur dans lequel le DCB s’est déjà fortement établi.

De son côté, David Lofti, directeur général d’Evina constate « une augmentation modeste » de la sécurité parmi les acteurs DCB. « Cette tendance positive est bienvenue, mais elle ne doit pas masquer la disparité croissante des niveaux de sécurité entre les acteurs », prévient-il. Certains investissent dans leur développement et leur sécurité sur le DCB et en tirent des bénéfices significatifs en matière de croissance et de rentabilité, « tandis que d’autres sont pris dans une spirale négative où ils se retrouvent sans protection et attaqués par des fraudeurs qui ciblent les régions les moins protégées du monde et évitent les acteurs défendus ».

Le potentiel du paiement sur facture opérateur

@ABanker

 

 

Écrit par
Aude Darc

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