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African Banker

Mobile Banking en zone Cemac

Dans les six pays de la Cemac, il est désormais possible d’effectuer des transactions entre abonnés d’opérateurs téléphoniques différents, sans démarche physique particulière. Un nouveau progrès dans la dématérialisation de la monnaie.

Par Laurent Soucaille

La BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale), la Banque centrale des six pays de la Cemac, fait savoir au grand public et aux professionnels qu’il est désormais plus facile de réaliser des transactions électroniques entre plusieurs opérateurs.

Elle invite le plus grand nombre à utiliser les moyens numériques et à délaisser les espèces, surtout dans le contexte actuel de crise sanitaire.

ENCADRE

Le gouverneur n’est pas sur Facebook !

La direction de la communication de la BEAC tient à préciser qu’il n’existe aucun compte Facebook au nom de son gouverneur. En effet, les équipes de l’institution ont eu la surprise de constater que plusieurs comptes ont été ouverts au nom de Abbas Mahamat Tolli sur le célèbre réseau social. « Toutes les informations véhiculées via ces comptes sont fausses et n’engagent que leurs auteurs, à l’encontre desquels la BEAC se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires », prévient la BEAC.

La Banque centrale appelle le public en général et les internautes en particulier « à la plus grande vigilance », au regard du contenu des messages diffusés sur les réseaux sociaux, sous la prétendue estampille de son gouverneur.

Désormais, dans la zone, un utilisateur peut effectuer une opération avec un correspondant, même si ce dernier n’a pas le même opérateur. Cette avancée vient conclure près d’une année de travaux autour de la BEAC.

En Afrique centrale, des transactions sont possibles et facilités en quelques clics via les cartes bancaires, les comptes bancaires, ou le Mobile Money.

Jusqu’à présent, ces transactions étaient certes possibles, mais fastidieuses : un abonné MTN qui recevait des fonds en provenance d’un abonné Nexttel, par exemple, était tenu de se présenter à un guichet de paiement de cet opérateur dans les trois jours, sous peine d’annulation de la transaction.

Grâce à la plateforme commune entre tous les opérateurs, sous l’égide de la Banque centrale, la transaction s’effectue directement, sans déplacement physique des abonnés.

L’institution dirigée par Abbas Mahamat Tolli rappelle à la communauté bancaire, aux établissements de paiement, ainsi qu’à tous les agents économiques, que le 27 mars 2020, le CPM (Comité de politique monétaire) a soutenu l’initiative d’inviter les fournisseurs de services de paiement à baisser les coûts de transaction de monnaie électronique.

Ainsi que de paiements digitaux dans la Cemac. En outre, le CPM a recommandé aux établissements de crédit de garantir la fourniture de l’ensemble des services habituels à leur clientèle et de renforcer les opérations de banque à distance.

Éviter l’utilisation des espèces

« Toutes ces mesures visent à accompagner les efforts des pouvoirs publics des pays membres de la Cemac dans la lutte contre la propagation du coronavirus, en encourageant les populations à pratiquer la distanciation sociale et à privilégier l’utilisation des paiements digitaux », précise un communiqué de la BEAC.

Dans leurs dépenses quotidiennes et dans la mesure du possible, les moyens de paiement électronique devront être utilisés en lieu et place des espèces, afin de réduire les risques de contamination inhérents à la manipulation des espèces. 

La BEAC tient ainsi à porter à la connaissance du public que « les cartes bancaires, les mobiles et les autres instruments de paiement électronique sont désormais interopérables, et par conséquent, permettent l’échange des données transactionnelles entre eux, à des fins de dénouement des opérations de paiement ».

Les porteurs des cartes bancaires, des mobiles, ainsi que les utilisateurs des systèmes et moyens de paiement, peuvent ainsi réaliser des opérations de paiement et de transferts de fonds dans la Cemac, « à des coûts relativement moindres et sans avoir à se déplacer, ni à manipuler des espèces », poursuit le communiqué qui ne précise pas l’ampleur de ces « coûts ».

Il reste donc aux opérateurs – s’ils sont prêts à se connecter à la plateforme –, à expliquer le processus à leur clientèle, et à en préciser les conditions tarifaires. Pour le moment, les transferts inter opérateurs reste payant et tous les acteurs de la zone Cemac n’ont pas adopté les mêmes technologies ni les mêmes pratiques commerciales.

La BEAC invite les populations de la Cemac à privilégier les paiements par carte à travers tous les canaux de paiements électroniques existant dans la sous-région, les paiements par mobile intra et inter opérateurs ainsi que les paiements par transfert en guise de règlement.

« Ce faisant, dans leurs dépenses quotidiennes et dans la mesure du possible, les moyens de paiement électronique devront être utilisés en lieu et place des espèces, afin de réduire les risques de contamination inhérents à la manipulation des espèces, facteur de non distanciation sociale. »

En plus de ces mesures, la BEAC réitère son invitation aux populations d’Afrique centrale au respect des recommandations des autorités sanitaires nationales, sous régionales et internationales, face à la pandémie du Covid-19.

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