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Maroc : Un choc contenu

Fitch Ratings publie une note plutôt rassurante concernant l’économie marocaine et la solidité de son système bancaire, face à la crise sanitaire. Le pays a le potentiel pour surmonter la crise. L’agence maintient sa notation du pays (BBB-) et de ses banques.

Par Laurent Soucaille

Selon l’agence de notations Fitch Ratings, la crise sanitaire en cours entraînera des pressions sur le déficit des comptes courants du Maroc.

Ces pressions seront directement liées à la dégradation de l’activité dans certains secteurs importants de l’économie, l’industrie automobile (6% du PIB en moyenne, ces dernières années) et le tourisme (6,7% du PIB). Deux secteurs que l’on sait grands pourvoyeurs de devises.

Les risques sont faibles pour le secteur bancaire. La vulnérabilité de l’économie à la dépréciation du dirham est maîtrisée. La part de la dette extérieure dans la dette publique, autour de 30%, est modérée.

Attention, préviennent les analystes de Fitch, « une réduction de 50% du nombre de touristes au Maroc et la baisse de 50% des contributions du secteur au PIB qui en résulteraient, constitueraient un choc suffisamment important pour que nous réévaluions notre opinion sur l’environnement opérationnel des banques, avec des conséquences potentielles sur la note de viabilité des banques ». En 2019, le Royaume a accueilli de 13 millions de visiteurs.

De plus, « le ralentissement de la croissance mondiale pourrait peser sur l’industrie des phosphates et sur les réserves de changes, alors que la sécheresse aura un impact sur les exportations agricoles ».

En effet, le Maroc doit faire face, cette année, aux difficultés exceptionnelles de son secteur primaire, qui n’ont rien à voir avec la crise sanitaire actuelle.

À la fin de l’année 2019, l’encours des crédits accordés par les banques à l’économie atteignait 916,6 milliards de dirhams (82 millions d’euros). La part attribuée à l’agriculture et à la pêche était de 38,4 milliards de dirhams, soit un peu plus de 4,1% du total des crédits.

En revanche, les prêts au secteur du tourisme sont faibles, environ 2% des encours. Néanmoins, de nombreuses personnes et très petites entreprises ont reçu des crédits, au titre de leurs activités dans le tourisme, ce qui fait peser des risques de défauts.

Du côté de l’automobile, la reprise de la demande en provenance d’Europe, le moment venu, constituera un élément essentiel pour apprécier la situation de l’industrie.

Des réserves de change confortables

À l’inverse, la chute des cours du pétrole et le recul de la demande domestique de carburant – en raison des mesures sanitaires –, vont réduire la facture énergétique d’un pays qui consacre près de 7% de son PIB aux importations d’énergie.

En début d’année, Fitch tablait sur une croissance de 3,5% en 2020, contre 2,7% en 2019. Désormais, ses analystes anticipent un recul de la croissance « compte tenu des turbulences économiques liées au coronavirus ».

Fitch rappelle que « la résilience extérieure du Maroc est soutenue par un accord de précaution de 3 milliards $ avec le FMI, auquel le gouvernement pas encore fait appel. Le Maroc dispose également de réserves de change plutôt confortables, de 25,7 milliards $, soit environ cinq mois de paiements en compte courant ».

Dans le même temps, les restrictions sur les transactions financières à l’étranger par les résidents limitent les risques de fuite de capitaux.

« Avant le choc pandémique, les fondamentaux du Maroc ne faisaient pas état de risques importants à court terme pour la stabilité macroéconomique ou du taux de change. L’inflation est faible et le taux de change réel ne s’est pas sensiblement dégradé ces dernières années. »

Les autorités monétaires ont élargi les bandes de fluctuations, ce qui semble de nature à absorber les chocs actuels. L’agence considère que le pays devrait parvenir, en plusieurs années, à instaurer un taux de change libre.

En effet, la flexibilité du dirham permettrait au Royaume de mieux absorber les chocs et à la Banque centrale (BAM) de contenir l’inflation par une politique monétaire adaptée.

Les risques sont donc faibles pour le secteur bancaire. La vulnérabilité de l’économie à la dépréciation du dirham est maîtrisée. La part de la dette extérieure dans la dette publique, autour de 30%, est « modérée ».

Les prêts s’effectuant en dirhams, les banques marocaines ne dépendent pas des marchés financiers internationaux et ont de faibles positions nettes de change ouvertes. Cela étant, les banques sont encore largement financées par les dépôts et les transferts des non-résidents.

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