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African Banker

Maroc : L’endettement restera maîtrisé

Les analystes d’Attijari Global Research se montrent plutôt confiants vis-à-vis des marchés de taux, au Maroc. La Banque centrale devrait poursuivre sa politique accommodante, mais l’inflation reste maîtrisée. Tandis que l’endettement du pays est sous contrôle.

Par Laurent Soucaille

Selon les analystes du département Recherche d’Attijariafa bank, la Banque centrale du Maroc pourrait garder inchangée sa politique monétaire, maintenant son taux directeur à 1,5% durant le reste de 2021. Ils avancent « plusieurs facteurs fondamentaux », dans leur note de conjoncture intitulée « Des coûts de financement favorables à une politique budgétaire contracyclique ».

« En dépit de l’abaissement de sa notation souveraine, le Maroc bénéficie de leviers positifs lui permettant de réussir de nouvelles sorties à l’international sans difficulté et à des conditions de financement toujours favorables », jugent les analystes.

Le contexte inflationniste reste « globalement maîtrisable » au Maroc, à travers un niveau des prix à la consommation évoluant en dessous des 2,0% en 2021, selon les prévisions mêmes de la Banque centrale. Cette évolution s’expliquerait en partie par la baisse attendue des prix des produits alimentaires, sous l’effet d’une campagne agricole exceptionnelle.

De plus, la Bank Al-Maghrib garde toute capacité d’accompagner la hausse attendue des besoins de liquidité bancaire (+25,6%), comme en témoigne le triplement de la capacité de refinancement des banques auprès de la Banque centrale.

Graduellement, les décisions monétaires se transmettent à la sphère réelle, alors que les taux d’intérêt appliqués aux entreprises intègrent encore une prime de risque, dans un contexte de manque de visibilité. Une amélioration de ladite visibilité entraînerait de facto une diminution des taux d’intérêt sans que la Banque centrale ne touche à son taux directeur. Pour autant, les crédits bancaires augmenteront encore peu en 2021, de 3,6% selon les estimations. L’activité bancaire fait face à une montée des risques de solvabilité des ménages et des entreprises. L’encours des créances en souffrance s’inscrit en hausse de 14,7%.

« Il est évident que cette nouvelle ère de politique monétaire ultra-accommodante de Bank Al-Maghrib permet de soutenir la liquidité des secteurs productifs de l’économie à travers le maintien du système financier sous perfusion monétaire », soutiennent les experts d’Attijari Global Research. Cette orientation devrait jouer un rôle crucial dans la reprise attendue de l’économie, en 2021.

Cela étant, la Banque centrale « dispose toujours d’une marge de manœuvre intéressante pour assouplir davantage sa politique monétaire, dans le cas où les conditions de financement de l’économie l’exigeraient ». Aujourd’hui, priorité est accordée au redressement de l’activité économique, l’État reléguant au second plan les enjeux de la rémunération de l’épargne nationale.

Un recours incontournable à la dette

La politique budgétaire devrait poursuivre son orientation expansionniste et contracyclique, perceptible à travers un déficit de 6,3% du PIB en 2021 contre 7,6% en 2020. Pour autant, la rationalisation des dépenses et la mobilisation de recettes additionnelles (privatisations, essentiellement), permettront une stabilité des taux obligataires durant les deux prochains trimestres.

Le Maroc, comme d’autres pays, aura recours à l’endettement extérieur, « une alternative incontournable afin d’alléger les pressions sur les liquidités domestiques et d’éviter un renchérissement du coût de financement de l’économie », concèdent les experts. La mobilisation des ressources pourrait atteindre 41 milliards de dirhams (3,8 milliards d’euros), contre un plafond relevé à 60 milliards l’an dernier.

BAM Maroc

Confiance maintenue

 « En dépit de l’abaissement de sa notation souveraine, le Maroc bénéficie de leviers positifs lui permettant de réussir de nouvelles sorties à l’international sans difficulté et à des conditions de financement toujours favorables », jugent les analystes. Qui relèvent « des fondamentaux économiques solides ; l’abondance des liquidités sur les marchés à l’international se reflètent à travers des taux de rémunération historiquement bas ; et une prime de risque sur la dette souveraine du Maroc qui demeure à des niveaux relativement attractifs ». Cette prime s’établit en moyenne à 140 points de base contre plus de 300 points pour les pays émergents.

Quoi qu’il en soit, le maintien du besoin de financement net du Trésor à un niveau élevé devrait impacter l’encours de la dette publique, le poids de la dette extérieure devant atteindre 26% du total, contre 24% en 2020. « Le relèvement du poids de la dette extérieure ne dégraderait pas les conditions avantageuses du Maroc en termes de coût de financement », nuancent les experts qui observent la montée généralisée des niveaux d’endettement des pays. Le ratio dettes/PIB pourrait avoisiner 80% en 2021, rompant avec les seuils observés avant 2020 (65%).

Toutefois, les analystes « restent confiants » quant à la capacité du Maroc de réduire à terme, ses niveaux élevés d’endettement. Ils justifient cette opinion par les répercussions positives du plan de relance économique sur la croissance et la maîtrise du déficit budgétaire à travers l’amélioration attendue des recettes fiscales.

LS

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