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African Banker

Maroc : La BCP adopte une gestion prudente des risques

D’importantes provisions pour risque ont plombé le résultat de la Banque centrale populaire, en 2020. Peu d’inquiétudes pour le groupe marocain, dont l’activité bénéficie du dynamisme e ses filiales internationales et de sa percée chez les Marocains de la diaspora. Les projets ne manquent pas.

Par Marie-Anne Lubin

En 2020, le groupe Banque centrale populaire (BCP) a bénéficié de la diversification géographique de ses activités, qui a permis d’amortir le choc engendré par la crise sanitaire. Pour la première fois, les filiales africaines du groupe marocain ont représenté 44% de l’activité (produit net bancaire). À cet effet, le PNB a marqué une progression de 8,3% pour atteindre les 19,28 milliards de dirhams (1,8 milliard d’euros) fin 2020.

Dès 2021, BCP devrait externaliser l’OPCI regroupant les murs de ses agences, dégageant au passage une importante plus-value défiscalisée. L’opération lui permettra de se débarrasser d’opérations immobilières qui n’entrent pas dans son cœur de métier.

Hors du Maroc, les filiales ont enregistré un PNB de 4,90 milliards de dirhams, contre 3,66 milliards un an plus tôt (+34%). Il est vrai que la période a été marquée par l’intégration en année pleine de trois nouvelles filiales, à Maurice, à Madagascar et au Congo. La progression du résultat hors Maroc (+7%) a permis de compenser en partie le recul des bénéfices, à périmètre constant.

En effet, le résultat net part du groupe de BCP a chuté de 59% en 2020, à 1,23 milliard de dirhams (115 millions d’euros), contre 3 milliards en 2019. Conséquence logique d’une politique volontairement prudente en matière de risque. En effet, le coût du risque a atteint 6,13 milliards de dirhams, contre 2,57 milliards de dirhams un an plus tôt. Un bond de 139% qui « reflète la posture conservatrice du groupe dans l’appréhension du risque de crédit », explique la BCP.

Croissance de l’offre numérique

En matière d’emplois des ressources, l’encours des crédits à la clientèle a légèrement reculé de 1,2% à 201 millions de dirhams. Néanmoins, le groupe BCP a participé aux efforts de soutien à l’économie, sous l’impulsion de la Banque centrale du Maroc. Il a validé précisément 18 746 demandes du produit Damane Oxygène et 14 551 Damane Relance. « En phase avec ses valeurs, le Groupe BCP a apporté un soutien massif à l’entreprise au Maroc, en particulier les TPME, fortement fragilisées par la crise sanitaire », se félicite le groupe.

Comme beaucoup de ses consœurs, BCP a pris l’occasion de la crise sanitaire, des mesures de confinement, pour accroître son offre numérique, permettant à ses clients d’éviter des déplacements aux guichets.

Les offres ont porté entre autres sur la demande de crédit consommation depuis l’application Pocket Bank ou encore sur l’entrée en relation avec les Marocains du monde. Ainsi, 65% des transactions réalisées ont été effectuées à travers le canal digital. La BCP fait état d’un bond de 80% des ouvertures de comptes digitalisées et de 530 000 clients actifs en ligne, soit un trafic en hausse de 32,5 %. La tendance se poursuivra cette année.

Plus généralement, la direction de la BCP observe « une évolution soutenue des dépôts bancaires dépassant celle des crédits qui conforte et une dynamique des crédits bancaires en particulier les crédits à la trésorerie ».

La BCP ne manque pas de projets. En particulier, la banque entend externaliser son fonds OPCI (Organisme de placement collectif en immobilier) dès cette année. Cet instrument, proposé depuis un an, porte sur 170 agences au Maroc pour environ 1 milliard de dirhams. Sous mandat de gestion à la filiale Africa Stone Management, cet OPCI pourrait être vendu à des investisseurs privés, la banque devenant alors locataire de ses propres locaux, selon la formule du « Sale and lease back ». Ce mécanisme de financement consiste, pour une entreprise, à céder un actif immobilier tout en conservant son usage, en tant que locataire commercial. Pour BCP – et les banques marocaines en général –, cette opération permet de dégager rapidement de la trésorerie ; jusqu’en 2023, les plus-values de cession seront exonérées de taxes, au Maroc. Du point de vue opérationnel, cette cession permet à l’entreprise de se concentrer sur son cœur de métier.

ML  

EN BREF – EN BREF – EN BREF

Un baromètre des Marocains du monde

La Banque centrale populaire revendique une part de marché de 52,7% sur les « Marocains du monde », auprès de qui le groupe a collecté pas moins de 3 milliards de dépôts en 2020.

Afin de mieux connaître cette clientèle, la banque a décidé de publier, chaque année, un « baromètre » qui leur est dédié. Cette enquête, réalisée par l’institut Ipsos, vise à mieux cerner les tendances et les besoins qui seront qui seront partagés avec le grand public.

L’enquête publiée en mars 2021, conduite auprès de Marocains vivant dans dix pays dans le monde, a montré leur attachement à leur pays d’origine ; 59% d’entre eux déclarent posséder une propriété au Maroc. Ils précisent visiter le Maroc deux fois par an, en moyenne (hors 2020), et une grande partie souhaite retourner vivre définitivement au pays. Près d’un sur deux envisage un investissement au Maroc.

Face à la crise sanitaire, 20% des Marocains de l’étranger déclarent « un impact fort » sur leurs emplois ou leurs revenus. La proportion est plus forte pour ceux résidant en Espagne, en Italie, et dans les pays du Moyen-Orient, dont un grand nombre exerce dans le secteur des services, notamment la restauration et l’hôtellerie.

ML

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