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African Banker

Mansa, une mine d’informations

Afreximbank relance sa plateforme Mansa d’informations sur les entreprises africaines. Elle constitue un moyen de répondre au surcoût que représentent les exigences internationales en matière de transparence financière.

Par Aude Darc

Du Caire, la banque africaine d’import-export (Afreximbank) a lancé, le 30 novembre, les opérations de Mansa. Ou plutôt relancé une structure déjà existante d’informations commerciales.

La diminution des coûts d’information améliorera l’accès au financement et relancera la confiance entre les banques et les institutions financières mondiales, ce qui les incitera à approfondir leurs relations dans l’espace africain du financement du commerce.

Cette plateforme se présente désormais comme un référentiel panafricain de données vérifiables, à destination des institutions financières, des entreprises et des PME. Dans un contexte où la data devient primordiale, cet outil permet de faire face au risque perçu de faire des affaires en Afrique et avec les Africains.

Mansa constituera une source unique de données primaires requises pour les contrôles de vigilance client (CDD) et Know Your Customer (« connaissez votre client ») pour les entreprises africaines. Ce, y compris les institutions financières, les entreprises et les PME, conformément aux meilleures pratiques internationales.

La plateforme servira également à relever les principaux défis liés au commerce auxquels le continent est confronté, notamment le manque d’informations sur le marché, le coût élevé des affaires en Afrique et la recherche de contreparties africaines.

Le lancement des opérations a été annoncé lors d’un événement virtuel organisé par Afreximbank sous forme d’une table ronde. Laquelle réunissait Benedict Oramah, président d’Afreximbank, Ade Ayeyemi, directeur général du groupe Ecobank, Stefan Nalletamby, directeur du département du Développement du secteur financier de la Banque africaine de développement.

L’événement comptait également Naglaa Nozahie, conseiller du gouverneur pour les affaires africaines de la Banque centrale d’Égypte, ainsi que Mansur Ahmed, président de l’association des industriels du Nigeria.

Une réponse à la hausse des coûts

Le professeur Oramah a rappelé la problématique : « À l’échelle mondiale, les régulateurs durcissent leur position ainsi que la sévérité de leurs sanctions en cas de non-respect des règles de conformité en matière de publication de données à la clientèle institutionnelle, pour prévenir les divers crimes financiers et les activités parallèles. »

Les dispositifs LBC-BT (lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme) ont « considérablement augmenté le coût et la complexité de la satisfaction des exigences en matière de données et les exigences de KYC ».

Dans ce contexte, Afreximbank a créé Mansa comme solution à l’impact négatif de ces exigences pour l’Afrique. La plateforme vise la réduction des risques, la possibilité de renouer des relations de correspondant bancaire, ainsi que la reprise des financements commerciaux et des flux financiers d’investissement vers l’Afrique.

« Dans un continent fragmenté de pays qui ont à peine échangé entre eux depuis qu’ils ont cessé d’être des colonies, MANSA offre une opportunité de commencer à abaisser les frontières et de soutenir la réalisation des objectifs de la Zone de libre-échange continental africaine. »

La plateforme tire son nom de Mansa Musa, le roi du Mali (1312–1337), qui fut le pionnier du commerce en Afrique. Sous son règne, les schémas commerciaux en Afrique de l’Ouest étaient si bien établis et ont ainsi placé l’Afrique (Tombouctou) sur la carte du monde, par l’échange de produits manufacturés contre de l’or et en révélant les richesses du continent.

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