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African Banker

Les politiques welfaristes du Dr Adesina

Les politiques welfaristes du Dr Adesina
  • Publiémars 11, 2024

Recevant le prix Obafemi Awolowo, Akinwumi Adesina a plaidé pour une place nouvelle accordée au citoyen africain dans la transformation des économies, au Nigeria et ailleurs.

 

Le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a appelé les dirigeants du Nigeria et de toute l’Afrique à éradiquer la pauvreté, en présentant des arguments convaincants en faveur de politiques welfaristes (axées sur des résultats tangibles) et d’un développement centré sur l’humain.

« Compte tenu des niveaux élevés de pauvreté en Afrique, et au Nigeria, nous avons besoin de politiques welfaristes qui augmentent de manière exponentielle les opportunités pour tous, réduisent les inégalités, améliorent la qualité de vie des gens », a-t-il déclaré M. Adesina en recevant le prix Awolowo du leadership.

« Des forums de responsabilisation des citoyens sont nécessaires pour qu’ils aient leur mot à dire sur la manière dont les ressources de leur pays sont utilisées et sur les performances de leur gouvernement. »

Dans sa conférence, Akinwumi Adesina a identifié cinq domaines critiques sur lesquels les dirigeants nigérians et africains doivent se concentrer pour transformer leurs économies et les conditions de vie de leurs populations : la transformation de l’économie rurale et la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire pour tous, l’éducation pour tous, le logement abordable pour tous, la responsabilité gouvernementale et la décentralisation fiscale pour un véritable fédéralisme.

Il a déclaré qu’une meilleure Afrique doit commencer par la transformation des économies rurales, parce qu’« environ 70 % de la population y vit. La pauvreté rurale est extrêmement élevée. Au cœur de la transformation des économies rurales se trouve l’agriculture, qui constitue la principale source de revenus ».

« Lorsque les économies rurales chancellent, les nations chancellent », a averti Akinwumi Adesina et « cela conduit à la propagation de l’anarchie et du terrorisme qui profitent de la misère économique pour s’enraciner ».

Par exemple, « le Nigeria a besoin de soins de santé pour tous », a déclaré M. Adesina, « les gouvernements intelligents fournissent à leurs citoyens une couverture sanitaire universelle de base. »

 

L’éducation pour tous

À son sens, les maladies et les pathologies coûtent à l’Afrique 2 600 milliards de dollars en perte de productivité. Et pourtant, la pandémie de Covid-19 a pris l’Afrique au dépourvu, sans protection et reléguée au bas de l’échelle en ce qui concerne la distribution des vaccins.

Il a présenté les diverses initiatives lancées par la BAD pour répondre aux besoins de l’Afrique en matière de santé, notamment une facilité de dix milliards $ pour aider les pays à faire face à la pandémie, un programme de trois milliards de dollars pour réorganiser les industries pharmaceutiques africaines et le lancement récent de la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique pour soutenir l’accès aux technologies brevetées des sociétés pharmaceutiques mondiales.

Appelant le Nigeria à garantir la bonne santé de l’ensemble de sa population, Akinwumi Adesina a déclaré : « Il faudra pour cela veiller à ce qu’aucun citoyen ne parcoure plus de quelques kilomètres pour trouver un centre de santé. L’utilisation généralisée des centres de santé mobiles, des établissements de santé en ligne, la numérisation des systèmes de santé, en particulier dans tous les centres de soins de santé primaires, les politiques d’assurance maladie pour tous, y compris les systèmes innovants de micro-assurance maladie à la carte, permettront d’atteindre la majeure partie de la population qui se trouve dans le secteur informel. »

Akinwumi Adesina souhaite que le Nigeria offre une éducation à tous. Selon l’Unicef, le Nigeria compte 15 % de la population totale d’enfants non scolarisés, dont plus de 10,2 millions au niveau de l’école primaire et 8,1 millions au niveau du premier cycle de l’enseignement secondaire.

 

Les États-Unis du Nigeria

« Ce n’est pas une médaille d’or dont le Nigeria peut s’enorgueillir », a-t-il déclaré, se disant préoccupé par le fait que l’« insuffisance du financement des universités, le manque d’infrastructures de base, le manque d’incitations pour les enseignants et les grèves incessantes dues à des conflits salariaux ont presque paralysé le système universitaire. »

Évoquant la question du logement, il a lancé : « Ce dont les gens ont besoin, c’est d’un logement décent et non de bidonvilles améliorés ; un bidonville 5 étoiles, ça n’existe pas. Un bidonville reste un bidonville. »

Adesina reçoit le prix Ọbafẹmi Awolowo sous une pluie d’éloges

Revenant sur sa conception « welfariste », il a précisé : « Des forums de responsabilisation des citoyens sont nécessaires pour qu’ils aient leur mot à dire sur la manière dont les ressources de leur pays sont utilisées et sur les performances de leur gouvernement. »

D’ailleurs, afin d’améliorer la transparence et la responsabilité des gouvernements vis-à-vis des populations, la BAD est en train de mettre au point un indice de prestation de services publics, qui évaluera les gouvernements en fonction de la qualité des services fournis aux citoyens. « Si les gens paient des impôts, les gouvernements doivent fournir des services ! »

Par exemple, au Nigeria, il lui semble indispensable de mener des politiques welfaristes et centrées sur l’humain, et pour cela, il est nécessaire de changer le système de gouvernance afin de décentraliser et d’accorder une plus grande autonomie aux États. « Au lieu d’un gouvernement fédéral du Nigeria, nous pourrions penser aux États-Unis du Nigeria. »

@ABanker

Écrit par
Kimberley Adams

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