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Les marchés boursiers améliorent leur attractivité

Les marchés boursiers améliorent leur attractivité
  • Publiéoctobre 12, 2023

Absa Africa Financial Markets acte les efforts des marchés boursiers africains en matière de normes ESG, de cotations de produits innovants, d’adaptation aux règles internationales et de transparence. Il reste des chantiers en retard, comme la fiscalité.

 

Le rapport Absa Africa Financial Markets Index 2023 paru ce 12 octobre 2023 met en avant les progrès des marchés financiers africains, en matière de liquidité, d’animation de marché, d’attractivité internationale, etc.

L’un des « piliers » retenus par l’étude est relatif au cadre qui soutient les marchés financiers, y compris les mesures de réglementation, de régimes fiscaux et à de transparence des marchés. Sans oublier les cadres environnementaux et de gouvernance, « la durabilité devenant de plus en plus importante pour les investisseurs mondiaux ».

Les pays ayant des scores plus faibles dans ce domaine reconnaissent l’importance de suivre les IFRS et prennent des mesures pour améliorer leurs normes d’information.

De ce  point de vue, l’Afrique du Sud, Maurice et le Kenya continuent de se classer parmi les trois marchés en pointe, sur le continent. Ils disposent de normes d’information financière transparentes, d’un nombre élevé de notations de crédit et d’initiatives ESG très répandues. Ces trois pays sont également parmi les rares à avoir mis en place des cadres de simulation de crise climatique. « Le Maroc et le Zimbabwe sont en train de faire de même », reconnaît le rapport. En effet, Bank Al-Maghrib s’est associée à la Banque mondiale pour réaliser des exercices de simulation de crise climatique

Plus généralement, 20 des 28 pays disposant d’une place financière mettent désormais en œuvre des initiatives ESG sous une forme ou une autre. Les politiques les plus courantes pour promouvoir les marchés financiers durables ont consisté à mettre en œuvre des normes de marché concernant l’émission d’actifs ESG. Par exemple, le Cap-Vert a adopté une réglementation sur l’émission d’obligations bleues en octobre 2022. Ces règles ont ouvert la voie à la première cotation d’obligations bleues sur Blu-X, la plateforme régionale de finance bleue de la Bolsa de Valores du  Cap-Vert, en janvier 2023.

Sur l’ensemble des critères retenus par ABSA, l’Afrique du Sud reste le marché le plus efficient du continent.
Sur l’ensemble des critères retenus par ABSA, l’Afrique du Sud reste le marché le plus efficient du continent.

 

Au Rwanda, le gouvernement travaille avec une série d’organisations multilatérales pour renforcer le financement lié au climat et a été le premier pays d’Afrique subsaharienne à accéder à l’accord de la Facilité de résilience et de durabilité du FMI, en 2022. En outre, le nouveau programme Ireme Invest vise à accroître les investissements verts du secteur privé au Rwanda sur la base de critères communs en matière de gouvernance et d’information.

 

L’île Maurice en pointe

« Cela dit, l’introduction de normes de marché pourrait ne pas suffire à promouvoir l’émission d’actifs ESG », observent les analystes. Sur les vingt pays qui disposent de politiques financières liées au développement durable, seuls neuf d’entre eux ont des actifs ESG cotés sur leurs marchés boursiers nationaux. « Des mesures spécifiques visant à encourager l’émission de produits financiers durables peuvent jouer un rôle important pour combler cette lacune. »

Parmi les autres initiatives, la Bourse du Botswana a approuvé, en juillet 2023 un rabais de 25% sur les frais de cotation initiale pour les obligations durables. Cette mesure est similaire à l’exonération fiscale de la Bourse de Tunis sur les intérêts pour les obligations vertes ou ESG jusqu’à 10 000 par an (près de 3 000 euros).

L’île Maurice, qui met déjà en œuvre diverses initiatives ESG, est allée plus loin en introduisant une exonération fiscale sur les revenus d’intérêts des obligations de tous les projets durables. Auparavant, cette mesure ne s’appliquait qu’aux projets d’énergie renouvelable.

Outre les mesures visant à intégrer les facteurs ESG, les systèmes fiscaux sont importants pour attirer les investissements, rappelle le rapport d’Absa. L’île Maurice, justement, a les faveurs de ce dernier pour son régime fiscal favorable, suivie par la Tunisie. « Ces pays ont tous deux de faibles taux de retenue à la source sur les intérêts et les dividendes, et plus de 40 traités de double imposition. »

Ces accords sont importants car ils offrent des exonérations aux investisseurs étrangers et incitent donc à des entrées de portefeuille plus importantes. En Tunisie, il existe également des réglementations qui offrent une exonération fiscale aux petites et moyennes entreprises qui rejoignent un segment de marché alternatif.

Si un pays comme la Tanzanie a également fait des progrès cette année, « de nombreux systèmes fiscaux restent défavorables aux investisseurs ». Certes, des impôts élevés peuvent contribuer au redressement de la situation budgétaire des pays, ils peuvent nuire au développement de leur marché des capitaux.

« Les régimes fiscaux compliqués et fragmentés constituent un autre obstacle à l’investissement dans certaines régions d’Afrique », jugent les experts, qui font allusion notamment au Nigeria.

 

Améliorations dans la notation crédit

Dans la zone CEMAC (Afrique centrale) le « manque d’harmonisation du cadre fiscal pour les opérations des marchés financiers » est cité comme un obstacle important.

Parmi les facteurs attractifs, figurent aussi les notations de crédit. De ce point de vue, « la majorité des pays sous revue ont amélioré leur score », signale Absa, les notations de crédit ayant généralement augmenté au cours de l’année écoulée. Là encore, Maurice est en pointe, tandis que l’Égypte, Kenya, RD Congo et Tanzanie ont progressé.

« Les agences de crédit locales et régionales contribuent également à la couverture des notations de crédit des entreprises », se félicite l’étude, qui souligne « les améliorations significatives » de plusieurs pays, Côte d’Ivoire et Sénégal en tête.

Outre les notations de crédit, la disponibilité et l’actualité des informations financières sont également importantes pour la transparence et l’encouragement de la confiance des investisseurs. « la plupart des pays continuent d’obtenir d’excellents résultats dans ce domaine ». Tous les pays ont fixé des délais pour la publication des informations financières et les deux tiers des pays fournissent également des données sur la propriété nationale et étrangère des actifs financiers.

Enfin, les normes internationales d’information financière (IFRS) ont également été largement adoptées. Elles établissent des normes communes de divulgation qui renforcent la responsabilité et encouragent une plus grande confiance de la part des investisseurs. « Le score de l’Éthiopie s’améliore sur ce point. »

Auparavant, les IFRS n’étaient obligatoires que pour les entreprises publiques nationales, mais la nouvelle autorité éthiopienne des marchés des capitaux exigera désormais des entreprises étrangères qu’elles publient des rapports conformes à ces normes, en plus des PME et des entreprises publiques.

Les pays ayant des scores plus faibles dans ce domaine reconnaissent l’importance de suivre les IFRS et prennent des mesures pour améliorer leurs normes d’information. En Tunisie, les normes IFRS seront en vigueur à partir de janvier 2024.

@ABanker

Écrit par
Laurent Soucaille

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