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African Banker

Les Fintechs répondent aux problématiques du continent

Les Fintechs répondent aux problématiques du continent
  • Publiéoctobre 12, 2023

Moustapha Ibrahim Malloum, directeur adjoint Afrique de l’Ouest chez Proparco, rappelle l’engagement de la filiale de l’Agence française de développement auprès des Fintechs africaines.

 

Que représente pour Proparco le soutien apporté à l’organisation de l’Ecobank Fintech Challenge 2023, dont la finale s’est déroulée le 6 octobre 2023 ?

L’intervention de Proparco en tant que sponsor de l’Ecobank Fintech Challenge 2023 est évidente, car nos deux institutions ont une relation d’affaires de longue date. Nous partageons avec le groupe Ecobank un ADN commun qui est de contribuer au financement des entreprises créatrices de valeur en Afrique, et plus particulièrement des PME. Depuis près de quinze ans, nous soutenons le banquier panafricain à travers des financements, des garanties et du conseil, pour contribuer à l’atteinte des ODD (Objectifs de développement durable).

Au-delà du financement direct des start-up, nous investissons aussi dans des fonds de venture-capital, comme Partech Africa, qui investissent à leur tour dans des jeunes entreprises.

C’est donc naturellement que nous avons décidé de répondre présent lorsque Ecobank nous a sollicités pour l’accompagner dans cette initiative destinée à promouvoir les Fintechs africaines. Depuis 2018, Proparco ouvre son mandat à l’investissement en capital-risque et a ainsi investi dans plusieurs entreprises du secteur, parmi lesquelles Jumo, Julaya et Moneyfellows. Cette démarche qui relève d’une stratégie d’investissement dans l’entrepreneuriat africain est en phase avec l’initiative « Choose Africa » portée la France.

 

Quel regard portez-vous sur les innovations dans la Fintech africaine ?

À cet égard, les solutions mises en avant par les huit finalistes d’Ecobank Fintech Challenge 2023 sont très intéressantes ! Elles sont très différentes les unes des autres, et chacune répond à une problématique cruciale de notre continent, à la fois pour les consommateurs, les entreprises et même pour les acteurs publics.

Prenons tout simplement l’exemple de la Fintech camerounaise lauréate de l’édition 2023, Koree. Elle répond à un besoin : celui lié au manque de monnaie chez les commerçants en Afrique, que ce soit pour les chauffeurs de taxi, les commerçants, les boutiquiers, etc. Et elle propose des solutions pratiques de monétisation des sommes restant dues en les digitalisant. Koree offre également un système de cashback qui permet de fidéliser ses utilisateurs.

Le porte-monnaie virtuel Koree récompensée par Ecobank

Je vous citerai également la solution apportée par Rubyx, une start-up sénégalaise, finaliste de l’édition 2023 du concours. Elle permet à toutes les start-up et banques de mieux utiliser leur data pour mieux analyser et proposer des notations de crédit et l’historique bancaire aux agents économiques qui n’en disposent pas, et qui ont du coup difficilement accès au crédit. Rubyx propose un logiciel SaaS de notation de crédit basé sur les données bancaires et commerciales collectées auprès de ses clients d’institutions de microfinance, banques ou start-up afin de faciliter la décision de crédit, et ainsi inclure financièrement des acteurs qui ne le seraient pas autrement.

 

Comment Proparco interagit-elle avec l’écosystème africain de la Fintech et quelles sont ses projections sur le court terme ?

Nous investissons dans des start-up et notamment des Fintechs en Afrique. Nous sommes pourvoyeur de capital « patient », c’est-à-dire avec une présence au capital plus longue que celle des investisseurs commerciaux.

Par exemple, nous sommes présents au capital d’une jeune pousse très intéressante, Julaya, qui propose une solution de paiement de masse pour les entreprises en Afrique de l’Ouest. Nous sommes aussi investisseurs dans Moneyfellows, une start-up égyptienne. Les Fintechs font donc partie intégrante d’un continuum d’acteurs du secteur financier que Proparco appuie, aux côtés des banques et institutions de microfinance.

Au-delà du financement direct des start-up, nous investissons aussi dans des fonds de venture-capital, qui investissent à leur tour dans des jeunes entreprises. C’est le cas de Partech Africa qui est un des premiers fonds à avoir accompagné Wave, dont vous savez sans doute qu’elle est la plus grosse levée d’Afrique de l’Ouest, à ce jour. Cette activité a vocation à croître, notamment en Afrique de l’Ouest.

Enfin, nous accordons une place importante à l’accompagnement non-financier auprès de ces entreprises. Notre plus-value, c’est aussi le réseau dont nous disposons sur le continent et notre capacité à créer des liens entre nos clients.

@ABanker

 

 

Écrit par
Edem Gadegbeku

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