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African Banker

Les engagements de la BAD pour les femmes

Une démarche susceptible d’accélérer le développement économique et social du continent.

Par Marie-Anne Lubin

La Banque africaine de développement vient d’accorder une subvention de 320 535 dollars à l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest. Cette somme est destinée à favoriser l’intégration du genre dans les cadres réglementaires de base régissant les services financiers numériques de la Cedeao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest).

La Banque vise à influencer le développement d’infrastructures de qualité, tenant compte de la dimension du genre, afin de garantir aux femmes un accès adéquat à ces infrastructures en tant que parties prenantes.

La subvention servira à réaliser une analyse des écarts entre les sexes qui figurent dans plusieurs stratégies de l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest. Y compris celles relatives à l’inclusion financière, à l’analyse des données ventilées par genre, aux services et infrastructures de paiement numériques, et à l’identité numérique. Le projet sera exécuté sur trois ans ; il touchera potentiellement jusqu’à 350 millions de personnes dans les quinze pays membres de la Cedeao.

Le projet vise à porter à 35 % la participation des femmes aux opérations du marché financier numérique de la région, qui présente une disparité entre les sexes supérieure à celle des autres parties du continent. En effet, selon le rapport Global Findex de 2017, l’écart dans l’intégration des sexes est de 11 % en Afrique alors que la moyenne mondiale se situe à 9 %. Pour relever ce défi, « il est impératif que le genre soit intégré dans toutes les fonctions, mais davantage au niveau des politiques et de la réglementation », explique la BAD.

Une égalité coûteuse

Cette initiative rejoint la Stratégie décennale de la BAD, « La stratégie du genre (2021-2025) ». La Banque prévoit d’y consacrer jusqu’à 5 milliards de dollars ces prochaines années.

Son analyse des secteurs clefs montre que les femmes et les filles sont confrontées à plusieurs contraintes qui les empêchent de participer activement et de profiter pleinement du potentiel de l’Afrique et de sa croissance. L’inégalité entre les sexes sur le marché du travail coûte près de 100 milliards de dollars par an à l’Afrique subsaharienne. Une donnée qui démontre la sous-exploitation du potentiel de croissance du continent.

Dans l’agriculture, par exemple, les petites exploitations agricoles tenues par des femmes sont confrontées à un écart de productivité de 20% à 30% par rapport à leurs homologues masculins. La réduction de l’écart entre les sexes dans l’alimentation et l’agriculture pourrait avoir un impact considérable sur le développement, notamment en augmentant la production agricole jusqu’à 19  %,  en stimulant le PIB agricole et global et en sortant des millions de personnes de la pauvreté.

Sur le continent, les entreprises appartenant aux femmes enregistrent des bénéfices mensuels qui sont en moyenne 38% inférieurs à ceux des entreprises appartenant aux hommes. En outre, l’accès des femmes à la technologie numérique reste limité.

La BAD encourage l’égalité homme/femme

De son côté, la BAD considère « avoir réalisé des progrès significatifs dans la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles au fil du temps ». La dimension genre est davantage prise en compte dans ses documents stratégiques, dans ses appuis aux projets, dans ses travaux de recherche.

De même, la Banque investit dans des initiatives spéciales pour soutenir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles, notamment en matière d’accès au financement par le biais de l’initiative action positive pour le financement en faveur des femmes en Afrique (AFAWA).

Trois piliers stratégiques

La Banque veut jouer un rôle de catalyseur pour accélérer les efforts visant à lutter contre les inégalités entre les sexes et à favoriser une transformation économique plus inclusive pour les femmes, et ce de multiples façons. De plus, la Banque a l’envergure et le prestige pour défendre et promouvoir l’égalité.

La Stratégie genre s’appuie sur trois piliers qui soutiennent les priorités de la Banque visant à promouvoir l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et des filles et à accélérer le développement économique et social.

En premier lieu, l’autonomisation des femmes par l’accès aux financements et aux marchés. Ce pilier se concentre sur l’amélioration de l’accès aux financements et sur l’assistance technique aux PME gérées par des femmes afin de les transformer en entreprises productives et compétitives.

La Banque s’engage pour accroître la confiance des institutions financières africaines dans le financement et l’assistance technique aux PME dirigées par des femmes. Soutenir les femmes PME avec une assistance technique dans des domaines tels que le développement de modèles d’entreprise, la planification financière et commerciale réduit leur profil de risque. La banque appuiera également les pays membres régionaux afin d’établir un environnement commercial favorable au développement des activités des femmes entrepreneurs.

En deuxième lieu, il s’agit d’accélérer l’insertion professionnelle et la création d’emplois pour les femmes, à travers le renforcement des compétences. Ce pilier est axé sur l’amélioration de l’accès des femmes aux compétences et aux emplois décents. Il tient compte de la nécessité d’initier davantage de femmes aux domaines des sciences, tout en tirant parti de la technologie pour améliorer l’accès aux compétences et à l’information.

Enfin, le troisième pilier est relatif à l’amélioration de l’accès des femmes aux services sociaux, grâce aux infrastructures. La Banque vise à influencer le développement d’infrastructures de qualité, tenant compte de la dimension du genre, afin de garantir aux femmes un accès adéquat à ces infrastructures en tant que parties prenantes.

Pour toutes ces promesses, la BAD entend suivre et publier différents indicateurs pour mesurer les progrès réalisés en Afrique en matière d’égalité des sexes, l’impact des opérations et l’efficacité opérationnelle interne.

ML

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