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African Banker

Les banques face à la Covid-19 : Une crise porteuse d’espoirs

Une crise favorable aux start-up

Les techniques digitales sont là pour aider, rendre les choses plus fluides ; elles participent de la distanciation sociale exigée. « Aujourd’hui, tous les services bancaires devraient être proposés en self-service, afin d’éviter les attentes aux guichets. » Il existe beaucoup de solutions bancaires sans contacts, sans cartes de crédits, sans code à taper, etc.

Bien sûr, il subsiste des freins, prévient le spécialiste, comme la fracture numérique. Certains plus en avance que d’autres dans l’accès à internet. Il faut tenir aussi compte des craintes des gens face à l’utilisation des données personnelles. « C’est un sujet à aborder, même si aujourd’hui, les GAFA en savent plus que nos proches sur nous même ! »

La crise va « profiter » aux nouvelles technologies du digital. Les start-up « Fintech », comme en 2008, vont émerger. Les gouvernements vont se montrer moins réticents. De nouveaux métiers vont arriver. Des secteurs qui souffraient de lourdeurs administratives, comme le microcrédit, vont prendre une nouvelle dimension grâce aux solutions digitales. Il en sera de même pour l’administration et bien sûr, pour les banques elles-mêmes.

Le business model RSE des banques

Interrogé sur le fait que la crise puisse amener à de nouveaux mouvements capitalistiques en Afrique, Dhafer Saïdane observe que la Covid-19 constitue « une opportunité et un accélérateur », notamment dans la banque de détail. Et pas seulement pour accélérer la dématérialisation de l’économie, de la banque. « Nous sommes sans doute en pleine bataille des banques africaines. »

Du point de vue de l’amortissement du choc, « on ne peut pas appliquer une politique monétaire classique ». Les banques doivent devenir un nouveau rouage des politiques modernes et doivent être partie prenante des réponses. « Les banques sont agiles, jeunes, savent s’adapter aux circonstances, elles sont donc mieux imbriquées à l’économie et donc, à la politique économique. »

Les banques sont engagées dans la finance durable, inclusive ; la crise actuelle conduira davantage à un « business model RSE ». La digitalisation est un outil accélérateur de cette orientation sociétale de la banque.

Un point de vue partagé par Abdeslam Alaoui Smaili qui prend en modèle le monde des télécoms : les entreprises s’adressent à toutes les populations, ont une démarche RSE, leur activité ne nuit pas à l’environnement. Et elles sont florissantes !

Les banques sont engagées dans la finance durable, inclusive ; la crise actuelle conduira davantage à un « business model RSE ». La digitalisation est un outil accélérateur de cette orientation sociétale de la banque.

Dès aujourd’hui les FinTechs jouent un rôle « important et honorable » dans la réponse à la crise, comme les start-up technologiques. On voit que certaines d’entre elles aident au tracking, au diagnostic, etc. Au Ghana, par exemple, une cinquantaine de FinTech réalisent un travail formidable, qui a impact immédiat, grâce à une réglementation assouplie. Ce secteur donne un espace aux jeunes pour s’exprimer, les nouvelles technologies répondent aussi aux exigences sociales. 

Pour des mesures structurelles

La technologie participe au retour des liquidités dans le circuit bancaire, une condition à la baisse des taux d’intérêt. Bien sûr, la digitalisation peut aider le microcrédit, dont les taux aussi sont trop élevés, à cause des coûts trop importants (paperasses, etc.). Dans le paiement électronique, il faut revoir le business model : « Tous ceux qui profitent de cet outil le payent-ils ? », s’interroge Abdeslam Alaoui Smaili, face aux commissions demandées au commerçant pour l’utilisation d’un terminal.

Interrogé sur le rôle des autorités publiques, Mohamed Essaid Benjelloun rappelle qu’en Afrique centrale, les banques ont été mises à mal par les politiques des États ; lesquels peinent à rembourser leurs dettes face à la baisse des recettes pétrolières. En dépit des difficultés, elles ont toutes répondu, à l’appel des États face à la crise.

L’APEC (Association professionnelle des établissements de crédit) a proposé un fonds de garantie pour les banques. Les banques ne peuvent pas assouplir leurs exigences pour accorder un prêt, et elles-mêmes devoir offrir les mêmes garanties ! Après hésitations, un fonds de soutien a été créé, il doit remplir son rôle comme c’est – bien – le cas au Maroc.

Le taux de sinistralité en Afrique centrale est de 20%, ce qui est énorme, il faut aider les banques à y faire face. Il faut répondre à l’urgence puis installer un système durable, on ne peut pas toujours être dans le « comment juguler ? », explique le banquier.

En conclusion, Dhafer Saïdane appelle à « beaucoup d’humilité » par rapport à la situation actuelle. À quoi sert-il de baisser les taux si les banques ne peuvent pas prêter ? Quoi qu’il en soit, il faut que l’économie continue et donc, il faut un prêteur en dernier ressort. « Qu’il s’appelle Banque centrale, État, instances multilatérales… Il faut éviter la faillite systémique. » Voilà comment il faut, selon lui, aborder les questions, avant même de trouver des solutions.

 

 

2 réponses à “Les banques face à la Covid-19 : Une crise porteuse d’espoirs”

  1. Author Thumbnail Khalid Ziani dit :

    Nous entrons dans une ère inconnue et incertaine (L’ère Covid). Elle concerne le monde entier et ne fait aucune distinction entre riches et pauvres, puissants et faibles. Nous n’avons pas d’expérience de cette ère. Aucune théorie économique, sociologique, ou politique n’est adaptée pour l’expliquer. Aucune stratégie ne peut en découler avec des bénéfices certains.
    Nous devrons naviguer à vue (agiles), rester unis autour des valeurs universelles humaines et orienter nos actions vers la survie de l’espèce humaine et la préservation de notre planète. L’ère Covid a au moins cet avantage de nous avoir éclairé sur la futilité des clivages.
    L’Afrique a l’habitude de fonctionner en mode survie. Le modèle bancaire classique y est minoritaire. Les modèles de financement et d’epargne s’inspireront plutôt des modèles coutumiers et informels que des modèles bancaires classiques. Avec l’appui du digital, ces modèles non bancaires deviendront prépondérants. L’expérience du mobile payment est une chance pour les africains dans la nouvelle ère Covid.

    • Author Thumbnail Cau dit :

      Jamais une épidémie aura autant marqué les inégalités entre riche et pauvre !! Tout le monde peut être touché par cette maladie oui, mais les moyens de s’en préserver dépends des ressources disponibles de chacun.
      Pour le reste je suis d’accord, rien de nouveau.

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