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Les attentes de la BAD à la COP28

Les attentes de la BAD à la COP28
  • Publiénovembre 29, 2023

L’Afrique, qui représente moins de 4 % des émissions mondiales de carbone, cherche à obtenir davantage de financement climatique. La Banque africaine de développement espère diverses retombées positives lors de la COP qui s’ouvre à Dubaï.

 

Les grandes institutions africaines veulent faire entendre leur voix, et leur voie, lors de la COP (Conférence des Nations unies sur le climat) qui s’apprête à ouvrir ses portes à Dubaï. L’Afrique, qui représente moins de 4 % des émissions mondiales de carbone, cherche à obtenir davantage de financement climatique de la part des pays riches et très polluants, notamment par le biais d’un nouveau fonds « pertes et dommages » qui devrait être créé lors de la COP28 et de taxes carbone sur des secteurs tels que les combustibles fossiles, le transport maritime et l’aviation.

Lors de la COP28, la BAD contribuera à remodeler le discours mondial sur des questions clés telles que la transition énergétique, les solutions fondées sur la nature, le financement de l’adaptation, la réforme des banques multilatérales de développement, les marchés du carbone et les réparations pour pertes et dommages.

Pour sa part, la Banque africaine de développement peaufine ses arguments. La BAD mobilisera des financements et amplifiera les appels de l’Afrique en faveur d’engagements solides de la part des pays riches pour répondre aux besoins urgents du continent en matière de lutte contre les changements climatique.

Sa délégation conduite par son président, Akinwumi Adesina, lancera et consolidera plusieurs initiatives d’action climatique lors de l’événement, qui se déroule du 30 novembre au 12 décembre.

La délégation, qui comprend des vice-présidents, des membres de la haute direction et des experts sectoriels, aura pour objectif d’accroître la visibilité de la Banque au sein de la communauté mondiale du changement climatique, et de mobiliser des ressources supplémentaires pour les fonds et les facilités climatiques.

Par exemple, la BAD fera progresser les partenariats et la mobilisation des ressources pour sa Facilité africaine d’assurance contre les risques climatiques pour l’adaptation (ACRIFA) comme « outil essentiel pour lever les milliards nécessaires pour favoriser l’adaptation aux changements climatiques, la résilience et le développement durable au sein du secteur agricole de l’Afrique », explique un compte-rendu de l’institution.

La BAD se joindra également à ses partenaires pour lancer le Consortium mondial pour les systèmes de stockage d’énergie par batterie (Global Battery Energy Storage System Consortium), une initiative conjointe avec la Fondation Rockefeller, dans laquelle la BAD joue un rôle de premier plan grâce à son initiative d’énergie solaire « Desert to-Power », de 10 gigawatts. Ce consortium vise à obtenir cinq gigawatts d’engagements d’ici fin 2024 et à mobiliser plus de quatre milliards de dollars pour réduire de manière significative le coût des technologies d’énergie renouvelable.

 

D’indispensables besoins de capitaux

De plus, la BAD consolidera également les engagements de financement pour son Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA) de 10 milliards $.

Elle entend tirer parti de la COP28 pour faire progresser l’« Initiative de Bridgetown », un plan en faveur du climat et du développement, en organisant une session de haut niveau pour plaider en faveur de la canalisation des droits de tirage spéciaux du FMI vers les banques multilatérales de développement et annoncer des engagements dans ce sens.

Selon les calculs de la BAD, l’Afrique a besoin d’au moins 2 800 milliards $ jusqu’en 2030 pour mettre en œuvre ses engagements climatiques énoncés dans les objectifs nationaux des pays dans le cadre de l’accord de Paris de 2015. Cependant, les flux de financement climatique vers le continent demeurent très faibles, à hauteur de 3 % du financement climatique mondial, et ont tendance à se concentrer sur des opérations à petite échelle, fragmentées et non coordonnées, principalement dans les pays à revenu intermédiaire.

En amont de la réunion mondiale, Akinwumi Adesina a appelé à une action audacieuse et transformatrice pour donner la priorité à l’Afrique. « L’architecture mondiale de financement du climat doit être modifiée pour donner la priorité aux besoins de l’Afrique. Au niveau national, nous devons accélérer les actions d’adaptation aux changements climatiques », a-t-il déclaré lors de son discours d’ouverture au Sommet africain du climat, en septembre 2023 à Nairobi, au Kenya.

« C’est la raison pour laquelle la BAD s’est engagée à fournir 25 milliards $ pour le financement climatique d’ici 2025. Nous avons également lancé le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique, en collaboration avec le Centre mondial pour l’adaptation, le plus grand programme d’adaptation climatique au monde. »

L’Afrique a quelques arguments à faire valoir. Le continent « a la chance de disposer des plus grandes sources d’énergie renouvelable au monde, qu’il s’agisse d’énergie solaire, hydroélectrique, éolienne ou géothermique », considère Akinwumi Adesina. Qui reconnaît : « Nous ne pouvons pas alimenter l’Afrique en énergie avec du potentiel. » C’est pourquoi il faut « libérer » le plein potentiel de l’Afrique en matière d’énergies renouvelables.

 

De nombreuses initiatives

La COP28 présentera le premier bilan mondial qui fournira une évaluation complète des progrès réalisés depuis l’adoption de l’accord de Paris, en vertu duquel les pays se sont engagés à fixer des objectifs (appelés Contributions déterminées au niveau national (CDN). Chacun contribue à l’objectif de limitation du réchauffement climatique fixé par l’accord. Le bilan vise à harmoniser les efforts en matière d’action climatique, notamment les mesures visant à combler les déficits de progression.

Le sommet verra également le lancement de l’initiative « Transformation à grande échelle de l’agriculture et des systèmes alimentaires pour le développement économique » (Scaling-up Agriculture and Food Systems Transformation for Economic Development) pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Ce programme vise à mobiliser au moins dix milliards $ pour traiter la question du lien entre le climat et la sécurité alimentaire dans ces deux régions. La BAD contribuera à cette initiative par le biais de son programme phare des Zones spéciales de transformation agro-industrielle.

Le lancement de l'AGIA lors de la COP27, en novembre 2022.
Le lancement de l’AGIA lors de la COP27, en novembre 2022.

 

Les experts africains semblent optimistes quant à la capacité de résilience du continent face aux changements climatiques et à l’insécurité alimentaire. Doté d’importantes ressources en énergie solaire, hydroélectrique et géothermique, il a le potentiel de satisfaire ses besoins en énergie renouvelable et de les partager avec d’autres régions.

Depuis 2011, la BAD a déployé des financements climatiques à hauteur de 23 milliards $, dont 80 % proviennent de ses instruments de financement. Les 20 % restants proviennent de co-financeurs et de bailleurs de fonds externes spécialisés dans le financement climatique, tels que le Fonds pour l’environnement mondial, le Fonds vert pour le climat et les Fonds d’investissement climatiques.

L’institution travaille avec le Centre mondial pour l’adaptation afin de mobiliser 25 milliards $ pour intensifier les actions en faveur de la résilience climatique dans le cadre du Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique. À ce jour, quatre milliards $ lars ont été levés pour 43 projets dans 36 pays dans les domaines de l’agriculture, des infrastructures résilientes au climat, de l’eau et de l’assainissement durables, de la jeunesse et de l’emploi, ainsi que des financements innovants pour l’adaptation.

Enfin, en 2022, lors de la COP27, l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA) se donnait pour objectif de renforcer la bancabilité des projets d’infrastructure verte et de générer jusqu’à dix milliards $ d’opportunités d’investissement pour le secteur privé.

@AB

 

 

Écrit par
Kimberley Adams

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