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Le Maroc attire les capitaux-risqueurs

Le Maroc attire les capitaux-risqueurs
  • Publiéjuin 7, 2024

L’année 2023 a été particulièrement prolifique pour le capital-risque au Maroc, dans un contexte de repli du marché. Le royaume devrait rester une destination privilégiée à moyen terme.

 

En 2023, les capitaux levés au Maroc ont atteint un montant de 3,017 milliards de dirhams (271,7 millions d’euros). Un niveau record à comparer aux 1,159 milliard levés en 2022 et 1,867 milliard (168,1 millions d’euros) levés en 2021. Ces montants correspondent aux activités de Private Equity et d’investissements privés dans les infrastructures. Voilà quelques-uns des chiffres clefs du rapport d’activité annuel de l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC).

Pour l’avenir, les gérants des fonds d’investissement ciblent en priorité les services, les nouvelles technologies, la santé. Domaines qui devancent les biens de consommation, l’agroalimentaire, la distribution et l’énergie.

Autre record, celui des financements de projets de croissance d’entreprises au Maroc, évalués à 2,5 milliards de dirhams (225 millions d’euros). Les fonds comprennent ceux des opérateurs marocains et des étrangers ; parmi lesquels on compte désormais Amethis Fund III, Capital Croissance (BMCE), Mediterrania Capital IV et Valoris CPE. Sur la période 2018-2023, les levées de fonds cumulées ont atteint à 9,9 milliards de dirhams (891 millions d’euros), contre 4,8 milliards au cours des années 2012 et 2017. Les fonds transrégionaux représentent environ 80% des capitaux destinés au Maroc depuis 2012.

En 2023, l’association a enregistré 41 actes d’investissement, dont 25 nouvelles opérations et 16 réinvestissements. En particulier, elle a compté huit nouveaux investissements dans des entreprises en phase de démarrage (amorçage et risque) plus particulièrement dans les nouvelles technologies (Fintechs, Healthtech, Edtech…).

Comme de juste, il a été enregistré, en 2023, douze opérations de désinvestissement réalisées par sept sociétés de gestion pour un montant global de 1,012 milliard de dirhams (91,1 millions d’euros). Le montant des désinvestissements a plus que doublé entre la troisième et la quatrième génération de fonds. Les sorties sur le marché secondaire ont connu une forte hausse entre 2006-2011 et 2018-2023, « illustrant ainsi sa robustesse et sa vitalité », comment le rapport. Les fonds étrangers manifestent également un intérêt croissant pour l’investissement au Maroc.

Après une chute marquée entre 2012 et 2017, les introductions en Bourse ont connu un regain d‘activité durant les six dernières années, tandis que la performance des désinvestissements a augmenté sur la période. Les secteurs de la santé, des services et de la construction affichent les taux de rendement les plus élevés, en cumul à fin 2023.

 

Des augures favorables au royaume

Les organismes de développement internationaux (ODI)  et les banques – sociétés de gestion d’actifs représentent près de 70% des levées de fonds entre 2018 et 2023 avec respectivement 44 % et 25 % des montants levés. La part des ODI est en baisse par rapport à la période précédente (2012 – 2017), laissant la place à d’autres investisseurs, signale le rapport.

Après une baisse de la part des investisseurs marocains entre la première et la troisième génération de fonds (de 73 % entre 2000 et 2005 à 25 % entre 2012 et 2017), une hausse marquée des investisseurs marocains a été enregistrée ces dernières années (45 % entre 2018 et 2023).  En cumul, les capitaux étrangers représentent 56 % des levées de fonds réalisées.

À fin 2023, les investissements en capital-amorçage et capital-risque représentent 36 % des investissements réalisés en nombre et 7 % en valeur. Toutefois, le capital- développement reste prédominant en valeur, totalisant 85 % des investissements entre 2018 et 2023.

Par secteur, les services (32% du total à fin 2023) est en hausse continue depuis la première génération de fonds, passant de 18 % à 41 % en 2018 – 2023. Les secteurs de la santé (10% en 2023) et de l’éducation ont connu une forte croissance ces dernières années.

Si la taille des transactions augmente, les entrées au capital sont, davantage qu’il y a cinq ans, des parts minoritaires. Les participations de plus de 100 millions de dirhams augmentent, de même que celles de moins de 20 millions. En revanche, le segment intermédiaire (20 à 100 millions) est en recul.

Les fonds transrégionaux, précise le rapport d’activité, ont l’intention de privilégier le Maroc ces prochains mois ; les gérants sont 32% à mentionner le royaume comme destination prioritaire ; le Maroc est suivi de l’Afrique subsaharienne (24%), de l’Égypte (16%) et de la Tunisie (16%).

Par secteur, les gérants des fonds d’investissement ciblent en priorité les services, les nouvelles technologies, la santé. Domaines qui devancent les biens de consommation, l’agroalimentaire, la distribution et l’énergie. Enfin, les quatre régions les plus attractives pour les fonds d’investissement dans les cinq prochaines années sont Casablanca – Settat, Rabat – Salé – Kénitra, Marrakech – Safi et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.

L’AMIC regroupe une trentaine d’investisseurs en capital-risque, en capital développement, en capital transmission (LBO) ayant une représentation au Maroc. Elle compte également une trentaine de membres associés, des sociétés de conseil, pour la plupart.

@ABanker

Écrit par
Laurent Soucaille

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