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African Banker

Le capital-investissement se joue de la crise

L’activité de Private Equity est demeurée importante au premier semestre 2021 en Afrique, note le rapport de l’association professionnelle AVCA. Qui y voit la preuve de l’engagement des investisseurs en faveur de la relance économique du continent.

Par Aude Darc

La collecte de fonds en capital-investissement en Afrique a atteint 1,3 milliard de dollars au premier semestre 2021. Ce, malgré une baisse généralisée ressentie par la plupart des économies du monde, souligne le rapport semestriel de l’African Private Equity Association (AVCA).

On note l’entrée de Helios IP au capital du distributeur marocain BIM. Ou celle du fonds Alithela IDF au capital de la société industrielle ouest-africaine Jetstream. Amethis a marqué de l’intérêt pour les Nouvelles minoteries africaines, et le fonds AfricInvest pour la marocaine CMGP.

L’association de capitaux-risqueurs y voit là le reflet d’une stabilisation progressive de l’environnement macroéconomique de l’Afrique. « L’industrie africaine du capital-investissement continue de faire ses preuves et est à nouveau sur une trajectoire de croissance », note le Data Tracker de l’association, publié à la mi-octobre.

Les transactions achevées ont atteint 0,5 million $ et les transactions en cours au 30 juin se portaient à 0,8 million, contre un total de 1,2 milliard au premier semestre 2020.

Le rapport révèle que l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest ont conjointement attiré la plus grande part des transactions de Private Equity en volume, à 23% chacune. Les transactions multirégionales ont attiré 50 % de la valeur des transactions pour le premier semestre de l’année.

Le suivi des données fournit un aperçu, certes provisoire, de l’activité PE en Afrique, ce que la présidente de l’AVCA, Abi Mustapha-Maduakor, estime « particulièrement important en ces temps d’incertitude économique et de reprise ciblée ».

Elle rappelle combien le capital privé reste fondamental pour une reprise économique soutenue en Afrique. Bien que les résultats du premier semestre montrent toujours les effets persistants de la pandémie, les professionnels se réjouissent « de tels niveaux d’activité de transaction qui témoignent de la détermination et de l’engagement des investisseurs à soutenir la croissance et la mise à l’échelle des entreprises en Afrique ». La croissance est demeurée très modeste, en début d’année, compte tenu d’une conjoncture et de perspectives moroses, mais a repris progressivement de la vigueur.

En charge de la recherche de l’AVCA, Nadia Kouassi Coulibaly considère que la reprise économique de l’Afrique dépasse les attentes, en dépit des révisions modestes des projections du FMI, voici quelques jours. « Les chiffres actuels prouvent la résilience des économies africaines, qui a été démontrée pendant la pandémie. »

D’importants accords dans l’industrie

Au cours du premier semestre 2021, 120 transactions signalées, d’une valeur de 2,1 milliards $, ont été conclues sur le continent. Les services financiers, la consommation privée, les produits industriels et les technologies de l’information ont mené les « deals », attirant le plus grand investissement et représentant près des trois quarts (72 %) du volume total des transactions au premier semestre 2021.

Les services financiers affichent une progression plus modeste, représentant 24 % du volume total des transactions, et 24% également en valeur, au premier semestre 2021, contre respectivement 20 % et 21 % un an plus tôt. Au sein de l’industrie, la majorité des transactions en termes de volume (37%) et de valeur (77%) ont été réalisées dans le secteur des transports.

Selon Nadia Kouassi Coulibaly, l’activité d’investissement a également repris des couleurs. À titre d’exemple, elle cite un accord important dans le secteur industriel, qui a vu 250 millions $ investis dans la start-up de livraison de drones, Zipline, par un consortium d’investisseurs comprenant Emerging Capital Partners.

Parmi les accords significatifs de Private Equity, le rapport relate l’entrée de Helios Investment Partners au capital du distributeur marocain BIM. Ou celle du fonds Alithela IDF au capital de la société industrielle ouest-africaine Jetstream. Amethis a marqué de l’intérêt pour les Nouvelles minoteries africaines, et le fonds AfricInvest pour la CMGP (Compagnie marocaine de goutte à goutte et de pompage).

Une surprise encourageante

L’AVCA ne dénombre que 16 sorties au premier semestre, autant qu’un an auparavant. Il est vrai que la conjoncture morose incitait les capitaux-risqueurs à attendre de meilleures valorisations avant de céder leurs parts à un partenaire financier, ou à les vendre sur le marché. « Alors que de plus en plus d’économies africaines rebondissent, le volume des sorties augmentera probablement au second semestre », commente le rapport.

Pour Abi Mustapha-Maduakor, que cette croissance, ainsi que cet épanouissement « presque inattendu » du Private Equity renforcent la nécessité pour AVCA, en tant que voix faisant autorité pour l’investissement privé en Afrique, de fournir des données précises sur activité de ce dernier.

« Les données de ce rapport racontent une histoire positive sur l’investissement privé en Afrique, et nous sommes fiers de jouer un rôle important dans le soutien aux entreprises qui stimulent la croissance économique à long terme du continent », conclut-elle.

On note l’entrée de Helios IP au capital du distributeur marocain BIM. Ou celle du fonds Alithela IDF au capital de la société industrielle ouest-africaine Jetstream. Amethis a marqué de l’intérêt pour les Nouvelles minoteries africaines, et le fonds AfricInvest pour la marocaine CMGP.

@AD

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