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Le Cameroun veut sa Caisse des dépôts

Le Cameroun veut sa Caisse des dépôts
  • Publiénovembre 17, 2022

Comme la plupart des pays de la zone CEMAC, le Cameroun ne dispose pas d’une Caisse des dépôts en état de marche. Cette institution a pourtant une grande utilité, rappellent les professionnels des finances publiques, rejoints par l’Union africaine.

 

La loi portant création d’une Caisse des Dépôts et Consignations au Cameroun date d’avril 2008. Trois ans plus tard, un décret est venu en dessiner les contours. Pourtant, pour des raisons diverses, cette structure n’existe toujours pas. La crise de la dette camerounaise, de même que la crise sanitaire et les difficultés de collecter les ressources, face aux difficultés de certaines entreprises publiques, relancent l’intérêt envers une telle institution.

Le ministre de l’Économie et des finances (Minfi) du Cameroun, Louis Paul Motazé, ainsi que d’autres personnalités de l’État, ont reçu une délégation du Forum des Caisses de dépôt et consignation. Forum itinérant qui a fait escale les 16 et 17 novembre à Yaoundé. Signe évident que le gouvernement entend rendre cette fois opérationnelle une institution endormie.

« C’est à travers les financements longs que peut apporter une caisse de dépôts et consignations que l’Afrique centrale pourra amorcer sa marche vers le développement dans de bonnes conditions. »

Le modèle des CDC est recommandé depuis 2015 par l’Union africaine, car il permet de mieux mobiliser les ressources, les gérer, et financer les besoins de l’État. « Le modèle des Caisse des dépôts repose sur la gestion et la sécurisation des ressources endogènes, stables et diversifiées, et leur transformation pour financer des projets à forte valeur ajoutée », a reconnu le ministre Motazé au cours de la réunion.

Courroie de transmission des finances, investisseuse dans des entreprises publiques et privées, les CDC sont aussi un important soutien à l’économie. Conformément aux Objectifs de développement durable, elles font passer la stratégie du gouvernement, par exemple en matière d’infrastructures, au sein du secteur privé.  « Il s’agit réellement d’un partenaire de choix au regard du potentiel des ressources mobilisables, de son impact en matière de création des richesses et d’emplois tout en garantissant en sa qualité de tiers de confiance, la sécurité des ressources transformées », a poursuivi Louis Paul Motazé.

Lassina Fofana est directeur général de la Caisse des dépôts de Côte d’Ivoire. Il rappelle que lors de la précédente escale du Forum des Caisses de dépôt, à Libreville fin octobre, « la création de Caisse des dépôts en zone Cemac avait été vivement encouragée, à l’instar de la zone Uemoa ». En CEMAC, seul le Gabon dispose d’une telle institution.

 

Rentabiliser des ressources oisives

Le ministre Louis Paul Motaze considère que ce coup de pression du Forum « permettra sans doute d’améliorer la perception des autorités et du public sur les enjeux et les défis de la mise en place d’une Caisse des dépôts, mais aussi d’apaiser les réticences de certains de nos partenaires quant à la complémentarité de cet instrument au service du développement des pays ».

Allusion à la Caisse autonome d’amortissement, dont le directeur général, Richard Evina Obam, expliquait à Investir au Cameroun, fin octobre, que « les missions que va assurer la Caisse de dépôts et consignations sont remplies aujourd’hui, avec plus ou moins de succès, par des structures qui fonctionnent très bien ».

Toutefois, reconnaît ce responsable, « les pays de la CEMAC ont des systèmes financiers aujourd’hui qui ont des insuffisances. Au niveau bancaire, les banques sont surliquides, mais ne contribuent pas efficacement au financement de l’économie. Le marché financier quant à lui est embryonnaire et en pleine construction ». Aussi une CDC, si elle ne constitue pas une panacée, pourrait-elle « combler un vide », dans une optique de long terme. « C’est à travers les financements longs que peut apporter une caisse de dépôts et consignations que l’Afrique centrale pourra amorcer sa marche vers le développement dans de bonnes conditions. »

Voilà également pourquoi le ministre Motaze souhaite la création d’une structure qui collecte, sécurise et rentabilise sur le long terme des ressources généralement « oisives ». Ces ressources, rappelle le site Investir au Cameroun, proviennent de l’épargne réglementée, des dépôts des notaires ou des professions juridiques, des consignations administratives et de cautionnements, des fonds des Caisses nationales d’épargne ou de Caisses de Sécurité sociale, des fonds de retraite et des régimes de retraite des fonds d’assurance et de garantie. Ceci à travers différents réseaux distributeurs et collecteurs comme la poste, des banques affiliées, des Caisses d’épargne, des guichets dédiés ou des plateformes dédiées.

@ABanker

 

Écrit par
Aude Darc

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