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L’affacturage, une pratique encore marginale

L’affacturage, une pratique encore marginale
  • Publiéavril 26, 2024

Bien qu’en croissance, la technique de l’affacturage est encore peu employée sur le continent, à l’exception de l’Afrique du Sud. Elle constitue pourtant un outil facilitateur du commerce.

 

La croissance régulière du volume d’affacturage en Afrique se poursuit. L’année 2023 s’est achevée sur une augmentation de 13,5% des volumes en un an, à 47,4813 milliards d’euros. Cependant, ce chiffre ne représente que 1,3% du volume mondial d’affacturage de 3,7 millions d’euros. L’Afrique du Sud reste l’acteur dominant du paysage africain de cette pratique qui permet aux entreprises de vendre leurs factures à des sociétés spécialisées. Le pays représente 85% du volume du continent, suivie du Maroc (6 %) et de l’Égypte (3%). L’Île Maurice et la Tunisie contribuent chacune à hauteur de 1%, selon les chiffres de la FCI.

Pour sa part, Afreximbank propose des financements aux sociétés d’affacturage et aux banques à travers des lignes de crédit et des garanties pour renforcer leurs opérations d’affacturage.

En dépit de cette faible croissance, on relève des développements positifs, sous la forme d’une amélioration de l’environnement juridique et réglementaire, ce qui a conduit à l’émergence de nouvelles entreprises d’affacturage. Des pays tels que l’Égypte, le Sénégal, le Burkina Faso, la Guinée, le Cameroun, le Nigeria, l’Ouganda, le Kenya et le Botswana démontrent un potentiel de croissance important en la matière.

Dans le cadre de son engagement permanent à faire de l’affacturage une solution de financement viable pour les PME africaines, renforçant ainsi leur participation au commerce intra-régional et à l’industrialisation, Afreximbank et FCI organisaient, en cette semaine, une conférence sur l’affacturage, à Harare (Zimbabwe).

Centré sur le thème général : « Renforcer la croissance économique grâce à des solutions innovantes d’affacturage et de financement des créances » et le sous-thème : « Comment l’affacturage peut-il servir de catalyseur à l’inclusion financière des PME ? », l’atelier de deux jours a mis l’accent sur le rôle central que les PME sont prêtes à jouer dans la facilitation des échanges, dans le cadre de la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine).

Kanayo Awani (photo ci-contre), vice-présidente exécutive d’Afreximbank, considère que les ateliers de ce type « soulignent l’importance cruciale de solutions de financement innovantes telles que l’affacturage pour stimuler de la croissance économique et promouvoir l’inclusion financière en Afrique ; cette question est cruciale pour l’Afrique ». Elle en veut pour preuves les conclusions d’une étude récente menée par Afreximbank, qui a examiné les systèmes de financement utilisés par 2 895 PME, et qui a montré que seules 90 d’entre elles (soit 3,1 %) utilisaient l’affacturage comme option de financement.

 

Les créances, un actif sûr et fiable

Et Kanayo Awani d’en déduire : « En dépit des avancées constantes que nous avons réalisées dans la croissance de l’affacturage, il reste encore beaucoup à faire. »  Dans ce contexte, réfléchir au thème des solutions innovantes d’affacturage est « non seulement pertinent, mais surtout opportun », juge-t-elle. « Cela reflète à la fois la nécessité de développer l’affacturage tout en soulignant le potentiel du secteur de l’affacturage dans la promotion de la croissance économique en Afrique, comme on le voit en Europe et en Amérique. »

Avis partagé par Neal Harm, secrétaire général de FCI. « Le financement du commerce à compte ouvert (affacturage, financement de la chaîne d’approvisionnement) est l’un des services financiers les plus importants qui peuvent contribuer à la croissance des PME et de leur économie locale. »  Il fournit la liquidité nécessaire aux PME en convertissant leurs comptes clients ou leurs factures en espèces.  L’affacturage et le financement du commerce à compte ouvert offrent de nombreuses possibilités de combler les lacunes en matière de financement du commerce dans le monde entier. 

L’OMC (Organisation mondiale du commerce) a récemment fait état d’un déficit de financement du commerce de 25 00 milliards de dollars, dont une grande partie concerne les PME et les marchés émergents. « Or, les créances sont un actif très solide et fiable qui s’auto-liquide.  L’affacturage, le compte ouvert et l’affacturage inversé sont des outils qui peuvent générer des fonds de roulement pour faciliter la croissance des PME », commente Nearl Harm.

De son côté, John Mangudya, gouverneur de la Reserve Bank of Zimbabwe, juge que les parties prenantes en Afrique, doivent « réfléchir et examiner comment nous pouvons au mieux tirer parti des meilleures pratiques mondiales et régionales pour débloquer des financements durables tels que ceux fournis par l’affacturage ». L’Afrique, considère-t-il, « peut faire mieux pour promouvoir à la fois le commerce international et l’affacturage ».

Quelque 200 personnes ont participé à deux jours d’ateliers proposés par Afreximbank et la FCI.
Quelque 200 personnes ont participé à deux jours d’ateliers proposés par Afreximbank et la FCI.

 

Pour la part qui lui revient, Afreximbank propose des financements aux sociétés d’affacturage et aux banques à travers des lignes de crédit et des garanties pour renforcer leurs opérations d’affacturage. En outre, la banque fournit des garanties aux exportateurs ou aux facteurs d’exportation au nom des importateurs africains pour faciliter le commerce en compte ouvert. Afreximbank met également en œuvre des initiatives d’affacturage inversé en collaboration avec des institutions financières pour soutenir et pérenniser les chaînes d’approvisionnement, en particulier pour les grandes entreprises. La banque du commerce a notamment lancé récemment un programme de financement de la chaîne d’approvisionnement par affacturage inversé à Lagos.

@ABanker

Écrit par
Kimberley Adams

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