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African Banker

La Tunisie entre résilience et incertitudes

Si la Tunisie est vantée pour ses atouts, notamment en matière de nouvelles technologies, elle fait face à une crise budgétaire qui plombe sa croissance et hypothèque son avenir. La Banque centrale ne masque pas son impatience mais se garde de tout excès de pessimisme.

Par Kimberly Adams

La BCT (Banque centrale de Tunisie) prend acte de la contraction « sans précédent » de l’économie tunisienne au cours des neuf premiers mois de l’année : -10% à prix constants. Cette tendance inclut néanmoins un rebond sensible au troisième trimestre, de 19,8% par rapport au deuxième trimestre ; l’activité a bénéficié de la levée du confinement sanitaire total, dans le pays et en Europe.

La Banque centrale réitère son appel à de nouvelles réformes visant à stimuler l’économie dans le cadre d’un plan qui définit notamment les politiques sectorielles à adopter, tout en améliorant le climat des affaires et en assurant la pérennité des grands équilibres financiers.

Néanmoins, en glissement annuel, la tendance marque un ralentissement de croissance de 6 points, entre juillet et septembre. Durant les neuf premiers mois de 2019, la Tunisie avait enregistré une croissance de 1,1%.

Du côté des prix, la BCT se réjouit de la stabilisation de l’inflation en octobre, à 5,4% en glissement annuel, contre 6,5% un an auparavant. Cette modération s’observe depuis trois mois, à la faveur de la détente enregistrée par les prix des produits manufacturiers et alimentaires, alors que les tarifs des services ont plutôt connu une accélération.

Les principaux indicateurs des prix ont, également, poursuivi leur tendance baissière, notamment la hausse des prix hors produits encadrés et frais qui a atteint 4,9% en octobre 2020 contre 5% un mois auparavant. La Banque centrale a décidé de maintenir inchangés ses taux directeurs.

On le sait, la Tunisie est pénalisée par les déficits de ses comptes. Pour autant, la BCT fait état d’une « régression notable » du déficit courant, au cours des dix premiers mois de l’année, à 5,8% du PIB contre 7,5% un an plus tôt.

Ce résultat est imputable principalement aux retombées de la crise de la Covid-19 sur le volume et la valeur des échanges de la Tunisie avec l’extérieur. De leur côté, les flux nets de capitaux extérieurs ont permis de couvrir le déficit courant et de consolider le niveau des avoirs nets en devises. Ceux-ci ont atteint l’équivalent de 154 jours d’importation au 27 novembre 2020 contre 107 jours d’importation au 27 novembre 2019.

Vigilance accrue

La loi de Finances permet désormais à la BCT, à titre exceptionnel, de financer une partie du déficit budgétaire causé par les retombées de la crise sanitaire, en accordant des facilités au profit de la Trésorerie générale, de l’ordre de 2,810 milliards de dinars tunisiens (867 millions d’euros).

Une arme à double tranchant, compte tenu de ses risques inflationnistes, et qui doit s’accompagner d’une politique économique adaptée. « La BCT fera preuve de davantage de vigilance pour intervenir, le cas échéant, afin de contenir les effets potentiels de cette mesure, notamment sur la stabilité macroéconomique, le niveau de l’inflation et le taux de change du dinar », commente le Conseil de la BCT dans un communiqué.

Lequel souligne, d’une part « la nécessité de renforcer la coordination entre les politiques monétaire et budgétaire » ; et d’autre part, l’« obligation d’accélérer la mise en place d’un ensemble de réformes visant à freiner les dérives et à éviter un nouveau dérapage au niveau des finances publiques ».

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