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La stratégie de la BOAD en matière d’économie verte

La stratégie de la BOAD en matière d’économie verte
  • Publiéjuin 28, 2024

Alors que le continent est confronté au double défi du changement climatique et de l’urbanisation rapide, la finance verte apparaît comme un outil essentiel pour promouvoir le développement durable.

L’Afrique se trouve à un moment charnière de sa trajectoire de développement, où la poursuite de la croissance économique doit être équilibrée avec la durabilité environnementale. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) est à la tête de ce mouvement. En fait, la plupart de ses interventions au cours de ses 50 années d’existence ont intégré tous les principes du développement durable, y compris la santé de l’environnement, ce qui est maintenant considéré comme l’économie verte. Forte de cet héritage, elle a façonné des outils modernes spécifiques pour atténuer les effets négatifs du changement climatique tout en gardant fermement à l’esprit les objectifs du développement durable.

La finance verte englobe une variété d’instruments et de mécanismes financiers conçus pour soutenir des projets et des initiatives respectueux de l’environnement. En Afrique de l’Ouest, les impacts du changement climatique ont déjà été fortement ressentis, et l’adoption de la finance verte offre une voie pour renforcer la résilience, favoriser une croissance inclusive et atténuer les risques environnementaux.

La finance verte inclut, mais n’est pas limitée à la finance climatique. En effet, elle fait également référence à un large éventail d’autres objectifs environnementaux, tels que le contrôle de la pollution, l’assainissement et la protection de la biodiversité. En ce qui concerne le financement de la lutte contre le changement climatique, il s’agit de flux financiers d’atténuation, c’est-à-dire d’investissements dans des projets et des programmes qui contribuent à réduire la vulnérabilité des personnes et des biens aux effets du changement climatique.

La BOAD a émis la première obligation durable d’Afrique subsaharienne en 2021, levant 750 millions de dollars. 100% des ressources ont été allouées à 50 projets dans les huit pays de l’UEMOA.

La finance verte s’adresse à toute entité éligible au financement de la BOAD, telle que les États membres de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), les collectivités locales et établissements publics des États membres ; les organismes, entreprises et personnes physiques contribuant au développement ou à l’intégration des économies ; et toute personne privée ou morale, UEMOA ou étrangère, souhaitant investir dans l’Union.

Depuis sa création, voici cinquante ans, la Banque investit dans les domaines ciblés par le financement vert, tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Il s’agit de la récupération des terres dégradées, de la résilience et de la régénération des écosystèmes, de l’agriculture et de l’énergie durables, de la lutte contre l’érosion côtière, de la gestion des ressources en eau (aménagements hydro-agricoles), etc.

Depuis la fin de l’année 2008, la banque engage le développement d’actions stratégiques visant à renforcer son soutien financier et technique aux gouvernements et aux promoteurs privés pour les investissements dans l’environnement, le climat et le développement durable. Ces efforts s’alignent sur les engagements des gouvernements en faveur des ODD (Objectifs de développement durable), de la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du Protocole de Kyoto et de l’adaptation au changement climatique.

Dans ses plans stratégiques successifs, la BOAD s’est fixée pour objectif de mobiliser les ressources décidées. Dans cette optique, elle a œuvré pour son accréditation auprès des mécanismes financiers des Conventions dites de la Génération Rio (Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Convention sur la biodiversité, Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification), notamment le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) en mai 2015, le Fonds d’adaptation (FA) en juin 2011 (renouvelé en juillet 2016 et en cours), et le Fonds vert pour le climat (FVC) en octobre 2016 (renouvelé en juillet 2023).

À ce jour, le portefeuille de la Banque auprès de ces fonds est évalué à environ 160 milliards de F.CFA (240 millions d’euros) sous forme de prêts sans intérêt et de prêts concessionnels pour une dizaine de projets approuvés.

 

L’approche pratique de la BOAD

Les objectifs de la Banque en matière de financement vert reposent sur une série d’approches stratégiques pratiques.

Il s’agit notamment du développement des énergies et des technologies renouvelables : l’utilisation de technologies propres – c’est-à-dire à faible émission de carbone – et la gestion des déchets (recyclage) peuvent être utilisées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et minimiser les impacts sur les communautés locales et l’environnement.

La Banque a réalisé des investissements importants dans ce domaine en finançant plusieurs projets d’énergie solaire dans la région. En outre, elle a soutenu un projet régional sur la gestion durable des déchets, cofinancé par le Fonds pour l’environnement mondial.



Gestion des ressources naturelles

L’Afrique est riche en ressources naturelles, notamment en forêts, en minéraux et en biodiversité. En créant un département chargé de l’environnement et de la finance climatique, la BOAD entend renforcer son implication dans la promotion de la conservation de la biodiversité. Dans le même temps, la banque s’efforce de mobiliser des financements à travers le nouveau Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF) du FEM.

 

Adaptation au climat

Le changement climatique fait peser des risques importants sur les économies africaines, en particulier dans les domaines de l’agriculture, des ressources en eau et des zones côtières. Les programmes de financement vert soutiennent les mesures d’adaptation au climat, telles que l’agriculture résistante à la sécheresse, les projets de conservation de l’eau et les infrastructures de protection côtière.

 

Instrument financier

Divers instruments financiers sont utilisés pour faciliter le financement vert en Afrique, notamment les obligations vertes, les fonds climatiques, l’investissement d’impact et les mécanismes de financement du carbone. Ces instruments fournissent des capitaux pour des projets verts tout en offrant aux investisseurs la possibilité de générer des impacts environnementaux et sociaux positifs en plus des rendements financiers.

Renforcement des capacités et sensibilisation

Le développement des capacités locales et la sensibilisation à l’importance de la finance verte sont des éléments cruciaux pour faire progresser le développement durable en Afrique. Les programmes de formation, les ateliers et les campagnes de sensibilisation du public aident les parties prenantes à comprendre les avantages des investissements verts et la manière dont ils peuvent contribuer à un avenir plus durable.



Promouvoir la coopération régionale

La coopération régionale peut aider à résoudre les problèmes transfrontaliers liés à la finance verte et climatique en Afrique. Les pays africains peuvent collaborer au développement de projets communs à grande échelle, partager les meilleures pratiques et coordonner leurs efforts afin de maximiser les avantages économiques et environnementaux des investissements. C’est là que la banque intervient en finançant des projets d’envergure régionale.

 

Soutenir le développement durable.

Afin de promouvoir le développement harmonieux au sein de l’UEMOA, la BOAD a adopté en septembre 2020 un plan stratégique 2021 – 2025 connu sous le nom de plan Djaliba avec un engagement total prévu de 3 300 milliards de F.CFA (5,02 milliards d’euros).   

En réponse au besoin urgent d’une action plus forte en faveur du climat et de la nature, avec des impacts durables et systématiques, la BOAD vise, à travers l’axe 3 du Plan Djaliba, à allouer 25% de ses engagements à des projets à faible émission de carbone et résilients au climat entre 2021 et 2025, avec un impact positif sur la nature.  À la fin du mois de décembre 2022, les opérations de financement vert de la Banque représentaient plus de 15% de ses engagements.

Compte tenu de l’intérêt croissant des investisseurs pour la mobilisation de financements d’actifs verts sur le marché international, avec la possibilité d’obtenir des conditions très favorables, la BOAD a émis une obligation durable en 2021. Il s’agit d’une première en Afrique subsaharienne, qui a permis de lever 750 millions d’euros à un taux de 2,75% sur une période de 12 ans. Il est à noter que l’opération a été sursouscrite à hauteur de 4 milliards d’euros, démontrant ainsi le fort intérêt du marché pour le financement de projets verts et durables.

À ce jour, 100% des ressources ont été allouées à 50 projets dans les huit pays de l’UEMOA, dont 11 projets en Côte d’Ivoire pour un montant total de 102,45 milliards de F.CFA (160 millions d’euros), soit 20,82%. Les domaines concernés par ces allocations sont l’accès essentiel aux services et infrastructures de base, les énergies renouvelables, etc.

Pour répondre aux défis de la préservation de la nature et de la lutte contre le changement climatique, divers mécanismes de financement sont disponibles et se développent continuellement. Il s’agit notamment des mécanismes de marché et des fonds spécialisés, qui représentent une opportunité ou une niche importante pour répondre aux besoins de financement supplémentaires des pays africains.

Depuis sa création voici 50 ans, la Banque ouest-africaine de développement investit dans des domaines ciblés par le financement vert, tel que nous le connaissons aujourd’hui. 

Ceci est soutenu par les succès de la BOAD tels que décrits ci-dessus, notamment : la mobilisation de financements d’actifs verts sur le marché international à des conditions très favorables ; la mobilisation des ressources des Fonds auxquels la BOAD est accréditée sous forme de subventions et de prêts à taux zéro aux gouvernements dans un contexte de rareté des ressources concessionnelles sur le marché ; et les lignes de crédit négociées avec les partenaires à des conditions préférentielles. 

Afin de renforcer l’impact de ces financements et d’accélérer les investissements verts, la banque envisage de mettre en place un mécanisme de subvention régional qui permettrait, d’une part, d’adapter les ressources de la banque pour améliorer le financement des projets verts et, d’autre part, de catalyser les investissements climatiques dans les pays de l’UEMOA. 

En outre, un fonds d’étude décaissé est en cours de création pour soutenir l’organisation et la préparation de projets verts. 


@ABanker

 

 

Écrit par
Rédaction

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