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African Banker

La plateforme PAPSS est opérationnelle

Le 13 janvier 2022, Afreximbank et le secrétariat de la ZLECAf lanceront le système africain de paiements internationaux PAPSS. L’expérimentation de la plateforme en Afrique de l’Ouest est un plein succès et ses promoteurs en attendent un bond des échanges intra-africains.

Par Aude Darc

Les commerçants, à travers l’Afrique, doivent payer de nombreux frais de transferts et coûts bancaires, pour toute transaction transfrontalière. Toute acquisition de bien ou de service tient de l’onéreux et long parcours d’épreuves.

C’est donc d’Accra, que sera lancé par président du Ghana, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo. le processus d’installation de la plateforme pour l’ensemble du continent, le 13 janvier 2022. Accra abrite le secrétariat de la ZLECAf. La cérémonie fera l’objet d’une conférence de presse qui précisera les modalités de la plateforme et les enseignements de la phase de tests en Afrique de l’Ouest, désormais achevée.

Précisément, il coûterait aux Africains quelque 5 milliards de dollars en frais de transferts monétaires, chaque année, selon les calculs de Benedict Oramah, président de l’Afreximbank (Banque africaine d’import-export). « Nous sommes un continent pauvre. Nous ne devrions pas gaspiller de l’argent ainsi », déclarait-il récemment auprès de la plateforme onusienne Afrique Renouveau.

Pour faire face à cette situation, Afreximbank s’est associée au secrétariat de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) pour lancer les systèmes panafricains de paiement et de règlement (PAPSS, en anglais). Cette plateforme doit faciliter les paiements transfrontaliers instantanés en monnaies locales, entre les pays.

Le PAPSS a été expérimenté avec succès dans les six pays qui composent la Zone monétaire ouest-africaine (ZMAO) : le Nigeria, la Gambie, la Sierra Leone, le Liberia, le Ghana, la Guinée. En raison de sa composition multidevises et bilingue, cette zone fait figure de microcosme du continent.

C’est donc d’Accra, que sera lancé par président du Ghana, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo. le processus d’installation de la plateforme pour l’ensemble du continent, le 13 janvier 2022. Accra abrite le secrétariat de la ZLECAf. La cérémonie fera l’objet d’une conférence de presse qui précisera les modalités de la plateforme et les enseignements de la phase de tests en Afrique de l’Ouest, désormais achevée.

Et dont le succès réjouit déjà Benedict Oramah : « Les six pays de la ZMAO ont des monnaies différentes. L’un des pays est francophone et les autres sont anglophones. Elle compte une grande économie, le Nigeria, et des économies plus petites. Donc, tout ce qui peut mal tourner dans d’autres parties de l’Afrique aurait mal tourné dans la ZMAO, et nous aurons pu y remédier pendant la phase de pilotage. »

Rapidité de traitement et d’exécution

Depuis l’annonce officielle du lancement de PAPSS, fin septembre 2021, les banques centrales, qui seront les agents de compensation, peuvent se coordonner avec Afreximbank. Laquelle sera est le principal agent de compensation et fournisseur de garanties de règlement et de facilités de découvert.

Afreximbank a investi 500 millions $ pour desservir l’Afrique de l’Ouest et a l’intention d’engager 3 milliards $ supplémentaires pour étendre PAPSS à l’échelle de l’Afrique.

Benedict Oramah, Nigérian basé au Caire, prend son cas personnel en exemple : « Si je veux transférer de l’argent au Nigeria depuis l’Égypte, le virement passe par une banque correspondante dans un pays hors d’Afrique avant d’arriver au Nigeria. Je paie les frais avant même que mon correspondant au Nigeria ne l’obtienne ! Et cela prend du temps, parfois des semaines… »

Le patron d’Afreximbank révèle qu’il est fin amateur de films de Nollywood. « Pour les regarder de l’Égypte, je dois payer en dollars ! » À l’entendre, « le PAPSS change cela ; tout ce que j’aurai à faire, à l’avenir, sera de payer le producteur nigérian en naira. »

De son côté, le PDG de PAPSS, Mike Ogbalu, précise que lors de la phase pilote en Afrique de l’Ouest, les comptes bancaires ont été débités et crédités en dix secondes. C’est pourquoi le système constitue déjà « une technologie robuste capable de gérer des transactions importantes ».

Le système PAPSS fonctionne en cinq étapes. La première est l’instruction de paiement d’un client auprès de sa banque ou à son prestataire de transferts de fonds. La deuxième étape est l’instruction donnée par l’un de ces derniers à la plateforme PAPSS.

Dans un troisième temps, PAPSS valide l’instruction de paiement. Une fois cette validation obtenue, la plateforme transmet l’instruction à la banque ou au prestataire de transferts de fonds du bénéficiaire. Et bien sûr, en dernière opération, le compte du bénéficiaire est crédité.

Paiement facilité en devises

Dans l’esprit de ses concepteurs, PAPSS doit simplifier les transactions transfrontalières et réduire la dépendance aux devises fortes. Afreximbank espère que le système « stimulera considérablement » le commerce intra-africain, qui ne représente que 17% des transactions effectuées par des Africains hors de leur pays de résidence.

Par la réduction de coût qu’il implique, PAPSS devrait stimuler la demande en produits africains et ainsi générer davantage de croissance économique et des emplois.

Wamkele Mene, le secrétaire général du secrétariat de la ZLECAf, résume : « L’Afrique compte 42 devises. Nous voulons nous assurer qu’un commerçant au Ghana peut transférer le cedi ghanéen à un homologue au Kenya qui recevra des shillings kenyans. » Reste à en informer davantage le public visé, à savoir les négociants et commerçants africains.

@AD

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