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African Banker

La microfinance séduit toujours davantage

Au premier trimestre, les institutions de microfinance ouest-africaines ont constaté une dégradation de la qualité des portefeuilles, couplée à une vive hausse des encours, relève la Banque centrale. Les femmes représentaient un cinquième des crédits et un quart de l’épargne.

Par Aude Darc

La BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) fait le point sur la situation de la microfinance dans les pays de l’Union monétaire ouest-africaine. À fin mars 2021, l’UMOA comptait 523 institutions de microfinance, que la Banque centrale appelle SFD (systèmes financiers décentralisés).

Soient 131 au Sénégal, 86 au Mali, 78 au Burkina Faso, 77 au Togo, 60 au Bénin, 46 en Côte d’Ivoire, 39 au Niger et 6 en Guinée Bissau. Ces SFD ont rendu des services financiers à précisément 16 082 528 personnes, à travers 4 435 points de service répartis dans les pays membres de l’Union.

L’accélération du rythme de croissance des encours « pourrait se justifier notamment par la reprise progressive des activités qui ont été impactées par la crise sanitaire », juge la BCEAO.

Dans l’ensemble, les SFD ont maintenu la dynamique de croissance de leurs activités, en matière de collecte de dépôts, d’octroi de crédits et d’ouverture de comptes en faveur de leur clientèle. Le montant des dépôts collectés a augmenté de 232 milliards de F.CFA pour s’établir à 1 753 milliards de F.CFA, soit 2,67 milliards d’euros (+15,3%).

Cette progression est enregistrée au Burkina (+25,1%), en Côte d’Ivoire (+14,9%), au Togo (+15,9%), au Sénégal (+8,1%), au Bénin (+20,4%), au Mali (+13,1%) et au Niger (+3,8%). En revanche, une diminution a été relevée en Guinée-Bissau (-10,3%).

La progression annuelle de l’encours des dépôts dans le secteur à fin mars 2021 (+15,3%) est plus importante que celle notée à fin mars 2020 (+9,4%) et les années précédentes. « Ces données traduisent la confiance des populations, vis-à-vis du secteur de la microfinance, malgré le contexte lié à la Covid-19 », commente la Banque centrale.

Les dépôts à vue sont prépondérants avec une part de 59,6% du total des dépôts. Les dépôts à terme et les autres dépôts constituent respectivement 19,3% et 21,1%. En outre, l’épargne mobilisée par les SFD a été constituée à hauteur de 54,0% par les hommes, 24,2% par les femmes et 21,8% par les groupements.

Le montant moyen des dépôts par membre atteint 109 000 F.CFA (+6,2%). L’épargne recueillie par le secteur de la microfinance de l’UMOA représente 5,2% de celle collectée par les établissements de crédit de l’Union.

Des prêts pour moitié à court terme

L’encours des crédits des SFD de l’Union s’est accru de 11,2% en un an, pour se situer à 1 679 milliards de F.CFA (2,56 milliards d’euros). Soit un accroissement du rythme de croissance. « Cette amélioration pourrait se justifier notamment par la reprise progressive des activités qui ont été impactées par la crise sanitaire », commente la BCEAO.

Près de la moitié des concours sont des crédits à court terme. La clientèle masculine des SFD a bénéficié de 57% des crédits, contre 21% pour les femmes et 22% pour les groupements.

En revanche, la qualité du portefeuille des institutions de microfinance a continué de se dégrader au premier trimestre. En effet, le taux brut de dégradation du portefeuille s’est inscrit en hausse, ressortant à 8,5% contre 7,1% à fin mars 2020, pour une norme généralement admise de 3% dans le secteur.

La forte dégradation constatée depuis une année est liée à une augmentation des crédits en souffrance en rapport avec la crise occasionnée par la pandémie de la Covid-19. Enfin, à fin mars 2021, quinze institutions de microfinance étaient sous administration provisoire, trois au Bénin, au Burkina Faso, au Niger et au Togo, une en Côte d’Ivoire au Mali et au Sénégal.

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ENCADRE

Avertissement de la BCEAO face aux fraudes

Des personnes mal intentionnées produisent des messages, documents, adresses électroniques et sites web qu’elles présentent comme étant de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, a constaté l’institution financière.

Se réservant le droit d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs et complices d’actes frauduleux portant atteinte à son image, la BCEAO invite les internautes à la plus grande vigilance et à se référer à son site internet pour obtenir les informations émanant d’elle. Elle rappelle qu’elle est un établissement public international et que par conséquent, les services qu’elle fournit ne requièrent aucune contrepartie financière.

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