x
Close
African Banker

La gestion exemplaire du Fonds de solidarité africain

La gestion exemplaire du Fonds de solidarité africain
  • Publiéjuillet 9, 2024

Riche de l’appui de 23 États membres et d’institutions majeures, le Fonds de solidarité africain a accéléré l’an dernier l’assainissement de son portefeuille, lequel devrait augmenter ces prochains mois.

 

Le Fonds de solidarité africain (FSA) est un instrument de garantie des prêts bancaires et des emprunts obligataires destinés au financement des opérations ou projets à caractère industriel, agricole, commercial, d’infrastructures et de services. Il compte désormais 23 membres, après l’adhésion récente du Maroc et de la Sierra Leone, dont la plupart des grands pays d’Afrique de l’Ouest francophones. Son siège est d’ailleurs établi à Niamey (Niger).

« La gouvernance du Fonds est saine et en amélioration et son mandat, orienté vers le développement est jugé solide, soutenu par son orientation générale en matière de développement. »

Fin juin, le destin de cette institution créée (au plan opérationnel) en 1979 a pris un nouveau virage, avec la signature d’un accord de coopération avec la Banque africaine de développement. Dans un premier temps, l’accord vise à renforcer la collaboration entre la BAD et le Fonds dans le partage de connaissances, et l’assistance technique dans plusieurs domaines en rapport avec la gestion des risques, les structures organisationnelles et de gestion du FSA.

Quoi qu’il en soit, le profil du FSA a de quoi séduire les analystes de GCR Ratings qui relèvent leur note à « AAA », la meilleure note possible.

Ce rehaussement « reflète la solidité du profil financier du FSA et les progrès significatifs réalisés dans son activité, matérialisés par la hausse du niveau de ses interventions (+13%) et l’élargissement de sa base actionnariale », explique la société financière. Qui précise : « Ces performances compensent largement une qualité de portefeuille qui reste perfectible, malgré les efforts d’assainissement réalisés en 2023. »

Dans le détail, donc, la notation du FSA bénéficie de la solidité de son profil financier, caractérisé par un niveau de capitalisation adéquat et d’importants « coussins de liquidité ». Les adhésions du Cap-Vert, des Comores, du Congo, de la Gambie, du Libéria, de la BDEAC (Banque de développement des États de l’Afrique centrale) entre 2022 et 2023, ainsi que ceux du Maroc et de la Sierra Léone en juin 2024, ont renforcé le niveau du capital appelable.

De plus, un accord signé en juin 2024 entre les États membres et la BADEA (Banque arabe pour le développement économique en Afrique) « devrait permettre la libération d’un montant considérable de capital supplémentaire, renforçant ainsi la position de capitalisation du Fonds et lui conférant davantage de liquidité », notent les analystes de GCR Ratings.

 

Le soutien d’actionnaires fiables

Les coussins de liquidité couvrent 23% du total des actifs, dont 19% sont immédiatement disponibles, permettant de couvrir les besoins anticipés et stressés de liquidité. Selon la filiale (désormais à 100%) de Moody’s, la politique de liquidité prudente du Fonds, basée sur des dépôts à terme bancaires immédiatement disponibles (80% des liquidités), devrait se poursuivre et le niveau de liquidité devrait croître en lien avec le bon potentiel de libération de capital.

Les risques liés au développement s’élevaient à 614 milliards de F.CFA (936 millions d’euros) à fin décembre 2023, en dessous du potentiel. Une éventuelle expansion du Fonds devrait conduire à une amélioration de ses marges, à condition que la croissance du portefeuille s’accompagne d’une rigoureuse maîtrise de la qualité des actifs.

Au plan capitalistique, GDC Ratings note que l’actionnariat du FSA comprend, désormais, 23 États membres et une banque supranationale, principalement issus de quatre ensembles économiques africains majeurs, avec une forte concentration des interventions dans la zone CEDEAO. GCR juge cet actionnariat « diversifié, soutenu par des États à bon profil de crédit comme Maurice, le Maroc, la Côte d’Ivoire et le Sénégal », reconnaissant la présence de quelques États membres en situation de crise sécuritaire interne.

« La gouvernance du Fonds est saine et en amélioration et son mandat, orienté vers le développement est jugé solide, soutenu par son orientation générale en matière de développement. Cependant, le financement du développement comporte intrinsèquement des risques de contrepartie qui ne sont pas jugés contraignants pour la notation du FSA. »

Au chapitre « perfectible », les analystes constatent que la qualité du portefeuille d’actifs présente toujours des risques encore élevés de concentration des engagements. Cela étant, le Fonds a consenti un effort d’assainissement, en 2023, réduisant ainsi significativement son taux de sinistralité. Si le taux est appelé à augmenter à l’avenir, il ne devrait pas dépasser les 3% à horizon 18 mois. « Les risques de marché sont limités du fait de l’absence de dettes, tandis que le risque opérationnel est mitigé par un dispositif de contrôle interne fonctionnel. Le risque de change est quasi inexistant en raison d’interventions en majorité faites en francs CFA. »

@ABanker

Écrit par
Aude Darc

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *