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La finance islamique s’installe en Algérie

La finance islamique s’installe en Algérie
  • Publiéjanvier 2, 2024

De nouveaux produits estampillés finance islamique sont proposés au public algérien et aux entreprises. Ce segment de marché, récent en Algérie, enregistre un vif succès et cette tendance s’accélérera en 2024.

 

La Banque d’Algérie entame 2024 par le lancement de quatre nouveaux produits conformes à la charia islamique. Elle donne ainsi le signal d’une année sans doute riche pour la finance islamique dans le pays, avec l’offre de nouveaux produits et la création de banques uniquement dédiées à ce segment de marché.

Salam est destiné aux commerçants, professionnels et entreprises ayant une activité commerciale ou de production. Le financement de ce type de produit bancaire peut atteindre 100% des besoins en financement exprimés par le client.

Par ailleurs, l’Institut de la Banque islamique de développement propose le « Islamic Finance Knowledge Pavilion Marketplace », ou « Pavillon de la connaissance en finance islamique ».

Comme son nom l’indique, Istisna’a-promotion immobilière est réservé aux promoteurs immobiliers. « Cette formule est dédiée au financement de la réalisation de projets immobiliers, de promotions immobilières, d’extension, d’aménagement, de rénovation de biens immobiliers », détaille un communiqué la BNA.

De son côté, le Certificat d’investissement est un produit de placement « permettant aux entreprises, aux particuliers et aux professionnels d’investir dans le panier de projets de financement engagés par la banque ». Ce placement peut offrir une rémunération nulle, précise la BNA.

Enfin, Istisna’a Dari est un véhicule de financement des opérations de construction, d’extension ou d’aménagement d’une habitation de particuliers. « Le montant de financement peut atteindre 100% du coût des travaux avec une durée de remboursement pouvant s’étaler jusqu’à l’âge de 75 ans », précise la BNA.

Qui  résume : « Ces quatre nouveaux produits qui viennent enrichir une offre composée d’une quinzaine d’autres produits conformes aux préceptes de la charia, déjà commercialisés, permettent de répondre à une demande plus large et plus diversifiée de notre clientèle. »

La BNA a aussi beaucoup investi dans l’extension de son réseau commercial dédié à la finance islamique. « Ce réseau compte 11 agences et 104 guichets, soit 115 représentations réparties sur l’ensemble du territoire » de l’Algérie, précise le communiqué.

Sofiane Mazari dirige la commission « finance islamique » au sein de l’ABEF (Association des banques et des établissements financiers). Selon lui, « 2024 sera l’année de la révision du cadre juridique de la finance islamique pour dépasser les simples agences et guichets islamiques et aller vers la création de véritables banques islamiques ». Ce compartiment a progressé de 24% en 2022 et plus encore en 2023, estime celui qui est également responsable de la finance islamique au sein du Crédit populaire d’Algérie (CPA). Il considère qu’une moitié des Algériens préfère les prestations de la finance islamique aux offres classiques. En effet, les professionnels signalent tous un début tonitruant de ce marché, qui n’est significativement ouvert dans le pays que depuis deux ans.

L’une des pionnières est la BEA (Banque extérieure d’Algérie) qui lance également un nouveau produit, intitulé « Mourabaha Investissement », destiné aux entreprises.

Lazhar Lattreche, le directeur général de la BEA, rappelle qu’il s’agit du premier produit lancé par une banque publique en Algérie pour financer des opérations d’investissement. Son établissement propose déjà onze produits estampillés « finance islamique », des produits d’assurance et des offres de crédits à la consommation.

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En bref

Un « pavillon de la connaissance »

 

L’Institut de la Banque islamique de développement (BID) propose le « Islamic Finance Knowledge Pavilion Marketplace », ou « Pavillon de la connaissance en finance islamique ».

Ce projet s’aligne sur l’objectif stratégique de l’Institut de fournir des solutions de connaissances Fintech à l’industrie de la finance islamique afin de soutenir le développement durable dans les pays membres de la BID.

Le « Pavillon » fournira un marché numérique de fournisseurs de solutions validées (institutions, consultants et experts) dans le domaine de la finance islamique et du développement économique, et offrira un guichet unique pour l’inscription des opportunités et une expérience numérique transparente dans la mise en relation des fournisseurs et des clients.

La phase 1 du projet comprendra une évaluation du marché, une étude de faisabilité et un plan d’affaires portant sur le paysage concurrentiel basé sur les résultats de l’évaluation du marché, un modèle financier sur cinq ans et une analyse de sensibilité. La phase 2 couvrira le développement de la plateforme du Pavillon, y compris l’interface et le contenu.

Sami Al-Suwailem, directeur général par intérim de la BID, commente : « Le marché du Pavillon de la connaissance en finance islamique n’est pas seulement une plateforme, c’est aussi un catalyseur pour une collaboration créative au sein de l’industrie de la finance islamique et du paysage du développement. Nous sommes convaincus que cette initiative a le potentiel de créer une valeur durable pour toutes les parties prenantes. »

L’Institut dirige le projet en partenariat avec EZ2Business, une société de conseil aux entreprises.

@ABanker

Écrit par
Kimberley Adams

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