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African Banker

La dette reste un levier de la croissance

La Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest entend fournir aux pays de l’Uemoa les instruments financiers pour accélérer la relance post-Covid. Les taux d’intérêt sont bas, tandis que la zone présente l’inflation la plus faible d’Afrique.

Par Kimberly Adams

La crise sanitaire mondiale a eu des impacts majeurs sur les économies des États membres de l’Uemoa en 2020, souligne une note de la Bceao (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest). Qui précise les modalités du financement de la relance à venir.

ENCADRE – Une fin d’année mieux orientée 

Selon la Bceao, l’indicateur du climat des affaires est ressorti à 97,5 points en décembre 2020, soit une quasi-stabilité par rapport au moins précédent. Ce qui rejoint la relative stabilité des commandes reçues au cours de ces deux mois.

Pour sa part, l’indice du chiffre d’affaires dans le commerce, s’est contracté de 3,4%, sur un an glissant, en décembre 2020, après un recul de 4,7% en novembre. La période a été essentiellement marquée par une baisse moins prononcée des ventes de produits pétroliers et alimentaires. 

De son côté, la hausse de la production industrielle n’est ressortie qu’à 2,7% en décembre 2020, contre 4,6% le mois précédent. Le rythme de progression de la production a été moindre dans les industries extractives.

À l’inverse, l’indice du chiffre d’affaires dans les services marchands est ressorti en hausse de 3,8% en décembre, contre une modeste hausse de 0,3% un mois plus tôt.

En effet, la Banque centrale prend acte que pour l’année 2021, les pays ouest-africains ambitionnent de retrouver le taux de croissance économique moyen de 6,5% par an qu’ils réalisaient avant la crise. À cet effet, ils ont engagé, dans le cadre de leur budget 2021, « des plans de relance économique ambitieux ». Pour le financement de ces plans, les États ont prévu de faire appel au marché financier régional et de mobiliser des ressources extérieures.

Pour sa part, la Banque centrale, plus précisément l’Agence UMOA-Titres, a recueilli auprès des États membres de l’Union, leurs besoins de financement pour l’année 2021. L’Agence a été créée en 2013 pour soutenir et organiser l’émission des titres publics par adjudication sur le marché financier régional. « Ce volume de besoin est le plus important à être mobilisé sur une même année depuis la création du marché local de la dette », constate la Banque centrale.

Au regard du volume exceptionnel de ces émissions, les États, après accord de la Bceao, vont structurer et émettre des titres dits « Obligations de Relance » (OdR) pour le financement de leurs plans de relance économique, à l’image de ce qui avait été fait pour les « Bons Covid-19 » en avril 2020, au début de la pandémie. Le programme d’émission de l’année 2021 comprend ainsi des Bons du Trésor et des Obligations de Relance.

Dans l’Uemoa, tous les titres publics sont admissibles automatiquement sur les guichets classiques de refinancement de la Bceao qui fournit de la liquidité aux banques. Afin de permettre aux États d’émettre les Obligations de Relance à des conditions favorables, la Banque a ouvert un guichet spécial de refinancement dénommé « Guichet de relance » qui leur est spécifiquement destiné. Toutes les Obligations de Relance émises par les États en 2021 sur le marché des titres publics sont éligibles à ce guichet.

De faibles taux d’intérêt

Les banques pourront mobiliser sur ce guichet spécial des ressources pour une durée de six mois renouvelable au taux minimum de soumission aux adjudications de la Bceao, qui est actuellement de 2%.

Les taux d’intérêt de sortie des obligations de relance seront déterminés par le marché. La Banque centrale incitant les intervenants (banques et grands investisseurs d’un côté, Trésors nationaux de l’autre) à prendre en compte la tendance à la baisse des taux d’intérêt à moyen terme.

Cette tendance est favorisée par l’accalmie sur le front des prix. En effet, l’inflation dans la zone de l’Uemoa a reculé de 0,2 point en décembre 2020, à 2,3% en glissement annuel.

La Banque centrale incite les intervenants sur les marchés obligataires à anticiper des taux d’intérêts bas. Tendance favorisée par la sagesse des prix dans la zone Uemoa. L’inflation n’a été que de 2,3% en 2020.

Selon la BCEAO, « la décélération du rythme de progression des prix est essentiellement imprimée par la composante alimentation, dont la contribution à l’inflation totale est passée de 2,0 points de pourcentage en novembre à 1,9 point en décembre, en lien avec l’amélioration de l’offre de céréales, de légumes ainsi que de tubercules et plantains dans la plupart des pays de l’Union ». De plus, la sagesse des prix pour le logement a également contribué au ralentissement de l’inflation.

KA

 

 

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