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African Banker

La Chine approuverait le cadre du G20 sur la dette

La Chine approuverait le cadre du G20 sur la dette
  • Publiéoctobre 5, 2023

Un encouragement pour l’Afrique : la Chine, qui détenait plus de 73 milliards de dollars de la dette du continent en 2020, n’exigerait plus que les pertes soient réparties entre les autres pays créanciers et les institutions financières.

 

La Chine a approuvé une proposition de cadre de restructuration de la dette du G20 pour les pays débiteurs, a laissé entendre le ministre allemand des Finances. Cela montre que Pékin est prêt à faire des concessions aux pays africains qui se débattent avec le fardeau des remboursements de la dette.

Dimanche 1er octobre, après avoir rencontré le vice-premier ministre chinois He Lifeng (photo ci-dessus), Christian Linder a déclaré : « Nous saluons le fait que la partie chinoise se soit également engagée à ce sujet, [la restructuration de la dette] dans notre déclaration commune, car les solutions sont inconcevables sans la Chine en tant qu’acteur important de la politique mondiale. »

« Les pays africains doivent se regrouper, contracter des prêts ensemble et utiliser leurs perspectives de croissance respectives comme garantie. »

Bien qu’aucun détail spécifique n’ait été avancé sur la forme que pourrait prendre cette restructuration dans la pratique, on s’attend à ce que la Chine renonce à sa demande de répartition des pertes entre les autres pays créanciers et les institutions financières. Cela indique que la Chine, qui est le plus grand prêteur bilatéral de l’Afrique et qui détenait plus de 73 milliards de dollars de la dette du continent en 2020, pourrait être prête à assumer des pertes importantes afin d’aider les pays les plus pauvres à surmonter les problèmes économiques liés à la dette.

Plusieurs pays africains, dont le Nigeria, l’Éthiopie et la Zambie, ont risqué de ne pas rembourser leur dette ces dernières années. Les turbulences économiques, les fortes dépréciations de la valeur des monnaies locales et la hausse des taux d’intérêt dans le monde ont rendu plus difficile et plus coûteux pour les pays africains le service de leur dette extérieure libellée en dollars ou en yuans.

Alex Vines, directeur du programme Afrique à la Chatham House de Londres, explique à African Business que cette évolution suggère que Pékin adopte une approche plus réaliste de la question du fardeau de la dette africaine. « La Chine est désormais le plus grand prêteur bilatéral aux pays en développement et elle a finalement accepté que, comme d’autres ayant des créances irrécouvrables, ses entreprises doivent essuyer des pertes. »

Fikayo Akeredolu, chercheur en économie politique sino-africaine, ajoute que l’acceptation apparente par la Chine du cadre commun du G20 représente « un développement significatif dans la résolution des problèmes de dette de l’Afrique », principalement parce qu’elle suggère que Pékin est prêt à s’engager davantage avec ses partenaires du G20 pour tenter de trouver une solution.

Ce cadre est le seul mécanisme multilatéral de remise et de restructuration de la dette souveraine. « Il vise à rassembler le Club de Paris et les créanciers bilatéraux officiels du G20 dans un processus coordonné… La déclaration de soutien de la Chine au cadre commun est positive – plus il y aura de pays et de créanciers qui soutiendront ce type d’efforts, mieux ce sera. »

Alex Vines note d’ailleurs que le passage d’une approche bilatérale à une approche multilatérale est « essentiel pour trouver une solution durable ».

 

Un cadre commun ne suffit pas

Toutefois, nos deux interlocuteurs doutent que le cadre commun suffise à régler définitivement la question de la restructuration de la dette.

Alex Vines note que les progrès ont été lents et que les nouveaux mécanismes n’ont pas encore donné de résultats.

« Le FMI, la Banque mondiale et le G20 ont créé la table ronde mondiale sur la dette souveraine (Global Sovereign Debt Roundtable – GSDR) au début de l’année afin de corriger le cadre commun et d’accélérer les restructurations de la dette », rappelle-t-il.

« Il s’agissait notamment de réformer le cadre, le FMI promettant par exemple de partager plus tôt davantage d’informations, notamment en ce qui concerne la viabilité de la dette, et d’accorder aux pays en difficulté davantage de financements à des conditions préférentielles. En échange, on espère que la Chine cessera de faire pression pour que ses prêteurs bénéficient d’un statut de « créancier privilégié » et qu’elle acceptera les pertes sur ses prêts », explique Alex Vines.

Les négociations sur la dette sont toujours douloureuses, et le cadre du G20 a été douloureux et lent, sans aucun exemple de réussite pour l’instant.

De son côté, Fikayo Akeredolu estime que si le cadre commun constitue potentiellement une étape positive pour les créanciers, d’autres mesures sont nécessaires pour donner aux emprunteurs africains les moyens d’agir. « Le cadre du G20 n’est pas suffisant ; de nombreuses autres mesures sont nécessaires. »

Et l’analyste d’ajouter : « Pour l’instant, les pays débiteurs négocient séparément. Les pays africains doivent se regrouper, contracter des prêts ensemble et utiliser leurs perspectives de croissance respectives comme garantie. Les remboursements des prêts seraient faibles et les intérêts peu élevés pour permettre un paiement facile, tout en étant suffisants pour constituer un « coussin » de garanties temporaires. »

Il semble donc nécessaire de créer un « Club de Paris » pour les emprunteurs…

@ABanker

Écrit par
Harry Clynch

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