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La Centrafrique souhaite l’appui de la BEAC

La Centrafrique souhaite l’appui de la BEAC
  • PubliéJuly 26, 2022

Plus que jamais, la Centrafrique se lance dans la vente de sa cryptomonnaie, le Sango. Face aux critiques, le pays reconnaît nécessaire une harmonisation des textes régissant les marchés monétaires en Afrique centrale, sollicitant l’appui de la BEAC.

 

Par Aude Darc

Si les informations contradictoires se sont succédé, ces derniers jours, on assiste bien à un rapprochement entre le gouvernement de la République centrafricaine et les autorités monétaires d’Afrique centrale.

Tandis qu’il confirmait le lancement du Sango Coin pour le 25 juillet 2022, le gouvernement centrafricain faisait savoir qu’il partageait les préoccupations de la BEAC (Banque centrale des États d’Afrique centrale). Mieux, il demande désormais à l’institution sous-régionale, ainsi qu’à la CEMAC, leur expertise afin de constituer un cadre normatif régissant la circulation des cryptomonnaies. Les autorités centrafricaines se disent « attachées à la monnaie unique et au respect des statuts de la BEAC, des textes régissant l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) et de ses engagements communautaires ».

L’UMAC, précisément, a tenu une réunion de son Comité ministériel le 21 juillet, à Douala, sous la présidence de… Hervé Ndoba, ministre des Finances et du Budget de la République centrafricaine !

Ce comité a examiné les implications de la loi régissant la cryptomonnaie dans le pays sur l’architecture réglementaire de la CEMAC.

Et constaté que certaines dispositions de cette loi sont « incompatibles avec les accords et conventions régissant l’Union monétaire et les statuts de la BEAC ». En particulier, il semble que l’adossement de la cryptomonnaie à des actifs bien réels, comme des biens immobiliers ou fonciers, voire à l’acquisition d’une e-citoyenneté, n’encourage des trafics en tout genre ou le blanchiment d’argent sale.

 

« L’avenir appartient à ceux qui osent »

Toutefois, le Comité « prend acte » du rapprochement opéré par le gouvernement centrafricain auprès de la BEAC, ainsi qu’auprès du FMI et de la Banque mondiale. Et espère « qu’une solution préservant la compatibilité des dispositions nationales en la matière avec l’architecture institutionnelle et réglementaire de la Communauté sera issue de cette démarche ». C’est pourquoi cette instance sous-régionale invite la Banque centrale à « accélérer le processus d’élaboration d’un cadre normatif régissant les cryptoactifs dans la CEMAC » et « à poursuivre les actions en faveur de l’inclusion financière et de la modernisation des infrastructures de paiements ».

Hervé Ndoba, ministre chargé des Finances et du Budget.

 

Quoi qu’il en soit, la Centrafrique avance : « Nous nous sommes lancés dans un projet unique, le Sango. Nous avançons sur une nouvelle voie, ouverte à tous ceux qui osent rêver. Et comme c’est connu, l’avenir appartient à ceux qui osent », écrit le président Faustin-Archange Touadéra sur son compte Twitter. Donnant rendez-vous « à ceux qui osent » sur la plateforme sango.org.

« Pays possédant des richesses minières dépassant l’imagination, la République centrafricaine ouvre la voie à l’accès à ces ressources de la manière la plus démocratique et la plus transparente », explique la présentation officielle de la cryptomonnaie Sango. Laquelle permettra, poursuit ce communiqué, « aux investisseurs de toutes les tailles d’acheter des actifs, mais aussi de bénéficier de facilités telles que la citoyenneté, l’e-résidence et la terre, basées sur la monnaie Sango qui régira pratiquement tout l’écosystème économique du pays ».

@Abanker

Écrit par
Aude Darc

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