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African Banker

La Bourse de Londres accueille un emprunt de la BAD

La Banque africaine de développement a levé 3 milliards de dollars, par le biais d’un emprunt obligataire désormais inscrit à la Bourse de Londres. La BAD se donne des moyens d’aider les pays africains face à la crise sanitaire.

Par Laurent Soucaille

La BAD (Banque africaine de développement) vient de lancer un emprunt obligataire, dénommé « Combattre le Covid-19 », le plus important emprunt social jamais placé sur les marchés de capitaux. Le 3 avril, il a été inscrit à la cote du London Stock Exchange (LES), sur le compartiment des obligations durables (Sustainable Bond Market).

« Nous nous réjouissons de ce partenariat avec la Bourse de Londres, qui nous aidera à élargir l’horizon des investisseurs intéressés et engagés dans le développement durable de l’Afrique. »

L’opération, sursouscrite, affiche un carnet d’ordres totalisant 4,6 milliards de dollars, ce qui a rendu aisée la levée de 3 milliards $. Ce montant exceptionnel servira à atténuer l’impact du Covid-19 sur les activités économiques et les moyens de subsistance en Afrique.  

« Cette cotation marque d’une pierre blanche le lancement du premier emprunt obligataire de la BAD à la Bourse de Londres », souligne un communiqué de la Banque.

L’emprunt obligataire, dont l’échéance est de trois ans, a recueilli de l’intérêt de la part des banques centrales et des institutions officielles, des trésoriers des institutions bancaires et des gestionnaires d’actifs, et notamment des investisseurs dans les domaines de l’environnement, du social et de la gouvernance (ESG).

Plusieurs investisseurs ESG reconnues ont activement soutenu l’opération : Affirmative Investment Management (Royaume-Uni), Breckinridge, Columbia Threadneedle (États-Unis), le Fonds d’investissement des pensions du gouvernement, le FIDA (Fonds international de développement agricole). S’y joigent les Conseils de gestion des fonds de pension United Church of Christ, PineBridge Investments, Praxis Impact Bond Fund, TIAA-Nuveen. Sans oublier le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement).

« La communauté internationale doit travailler de concert pour lutter contre la pandémie du coronavirus. Le Royaume-Uni soutient les pays les plus vulnérables dans leurs investissements dans leurs systèmes de santé propres, afin qu’ils puissent faire face à leurs difficultés économiques », a commenté Anne-Marie Trevelyan, secrétaire britannique au Développement international.

« Si nous investissons dans des domaines tels que la recherche sur les vaccins, qui aideront à mettre fin à la pandémie plus tôt, cet investissement privé à travers la BAD, et notre soutien aux prêts d’urgence à travers le FMI, permettront également de limiter son impact sur l’économie mondiale

Le rôle des obligations sociales

Les obligations sociales ou durables, dont l’utilisation des fonds cadre avec les objectifs d’atténuation des effets du Covid-19, pourront être échangées en Bourse. Les frais d’admission ne seront pas perçus dans leur cas pendant une période initiale de trois mois, a décidé le LSE.

Ces obligations sociales et de durabilité financent des services essentiels tels que les soins de santé, l’eau et l’assainissement, le soutien à l’emploi, et ceux ayant un rapport avec les ODD (Objectifs de développement durable) des Nations unies.

Nikhil Rathi, directeur général de la Bourse de Londres et directeur du Groupe du développement international du gouvernement britannique, a déclaré : « Nous accueillons avec grand plaisir le premier emprunt obligataire de la Banque africaine de développement pour des cotations sur notre marché, et nous la soutenons dans ses efforts vitaux pour l’atténuation des effets du Covid-19 partout en Afrique.

Une marge de manœuvre réduite 

Selon la BAD, la pandémie va entraver la croissance de l’Afrique qui pourrait, dans un scénario pessimiste, perdre jusqu’à 2,8 points de croissance, voire entrer en récession si la situation persiste.

« Le choc du coronavirus réduira davantage la marge de manœuvre budgétaire du continent, étant donné que les déficits budgétaires devraient se creuser de 3,5 à 4,9 points de pourcentage et augmenter le déficit de financement de l’Afrique de 110 à 154 milliards $ supplémentaires en 2020», analyse le président Akinwumi Adesina. 

Selon la BAD, la dette publique totale de l’Afrique pourrait passer, selon le scénario envisagé, de 1 860 milliards $ à fin 2019, à plus de 2 000 milliards $ en 2020, tandis qu’il était prévu une quasi-stabilité, avant la pandémie. Voilà pourquoi des « initiatives » nouvelles sont attendues, explique Akinwumi Adesina qui redoute « une distanciation budgétaire » de la part des pays créditeurs.

Cet emprunt met en lumière le rôle important que les obligations sociales et de durabilité peuvent jouer dans la canalisation du financement vers les pays, les secteurs et les personnes à travers le monde qui sont fortement touchés par cette pandémie. »

La Banque a créé son propre cadre d’obligations sociales en 2017 et a déjà levé l’équivalent de 5 milliards $ à travers des émissions libellées en dollars, en euros et en couronnes norvégiennes.

D’ailleurs, le président Akinwumi Adesina se déclare « fier » d’annoncer que le premier produit coté de la BAD à la Bourse de Londres est un emprunt obligataire social. L’opération n’est « que le commencement d’un partenariat plus solide entre la BAD et la Bourse de Londres. Nous mobiliserons tout ce qui est possible sur le marché des capitaux pour lutter contre le coronavirus en Afrique ».

La BAD est en première ligne

Les activités passées de la Banque sur le marché des emprunts obligataires sociaux comprennent la levée de fonds pour le financement du renforcement des capacités des hôpitaux, de l’amélioration de l’accès à des services de santé publique et à des soins de santé…

…du renforcement des systèmes de santé, de la fourniture d’un accès amélioré à l’eau et à l’assainissement, et de la création d’emplois à travers le continent.

Swazi Tshabalala, le vice-président principal intérimaire du Groupe de la BAD a déclaré : « La Banque africaine de développement est en première ligne pour aider les pays africains à lutter contre cette pandémie avec des solutions de financement innovantes. Nous nous réjouissons de ce partenariat avec la Bourse de Londres, qui nous aidera à élargir l’horizon des investisseurs intéressés et engagés dans le développement durable de l’Afrique. »

Pour sa part, Hassatou N’Sele, la trésorière du Groupe de la BAD, a commenté : « Nous apprécions le partenariat avec la Bourse de Londres, à un moment où, ensemble, nous nous efforçons de faire progresser le continent africain. Aujourd’hui plus que jamais, l’Afrique et le monde doivent être solidaires pour assurer notre sortie de la crise. »

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