x
Close
Actualité African Banker

La BEAC déconseille les cryptomonnaies

La BEAC déconseille les cryptomonnaies
  • Publiénovembre 18, 2022

Si le nouveau règlement de l’Union monétaire d’Afrique centrale permet la conservation et l’échange de crypto-actifs, les cryptomonnaies n’ont pas cours dans le zone, tient à rappeler la BEAC. L’institution célèbre son cinquantenaire.

 

« L’option de la BEAC est de dire aux citoyens de ne pas investir dans ces actifs spéculatifs, parce qu’ils sont très risqués. » Ainsi s’est exprimé Abbas Mahamat Tolli à la sortie d’une réunion extraordinaire du Comité de politique monétaire de la Banque centrale des États d’Afrique centrale, le 18 novembre 2022. Le gouverneur a cité en guise d’exemple l’effondrement du Bitcoin, qui a perdu plus de 70% de sa valeur depuis le début de l’année.

Il a aussi considéré qu’aujourd’hui, les cryptomonnaies ne sont pas reconnues dans l’espace CEMAC. Pourtant, une disposition récente du règlement des marchés financiers de la zone reconnaît les notions d’actif numérique et de jeton numérique. « Je tiens à préciser que pour tous les pays de la zone CEMAC, la seule monnaie est le franc CFA », a déclaré Abbas Mahamat Tolli. Qui ignore volontairement l’adoption d’une cryptomonnaie par la Centrafrique, en avril 2022.

Selon les autorités financières, les « prestataires de services sur actifs numériques » deviennent donc des intermédiaires du marché financier de la CEMAC, à l’image d’une société de Bourse, par exemple.

Selon le règlement de l’Union monétaire publié cet automne, « constitue un jeton, tout bien incorporel représentant, sous la forme numérique, un ou plusieurs droits émis, inscrits, conservés ou transférés au moyen d’un dispositif d’enregistrement électronique partagé permettant d’identifier, directement ou indirectement, le propriétaire dudit bien  ».

Selon des acteurs du marché financier associés à la rédaction de ce texte, ce concept intègre les cryptomonnaies, mais aussi les jeux vidéo, les photographies ou des logiciels, précise le site Investir au Cameroun.

En plus, « les prestations de services sur actifs numériques » font désormais partie des activités admises sur le marché financier de la CEMAC. Ces prestations sont, notamment,  « la conservation d’activités numériques pour le compte d’un tiers ; l’achat d’actifs numériques contre une monnaie ayant cours légal ou contre d’autres actifs numériques ; l’exploitation d’une plateforme de négociation d’actifs numériques ».

 

Un cinquantenaire

Sans oublier d’autres services sur actifs numériques tels que « la réception et la transmission d’ordres pour le compte de tiers, la gestion de portefeuille pour le compte de tiers, le conseil, le placement ». Toutefois, les cryptoactifs ne peuvent pas être considérés comme des cryptomonnaies.

Pour exercer dans ce segment, il faut obtenir un agrément de la Commission de surveillance du marché financier (Cosumaf) au titre de « prestataire de services sur actifs numériques ». Selon les autorités financières, les « prestataires de services sur actifs numériques » deviennent donc des intermédiaires du marché financier de la CEMAC, à l’image d’une société de Bourse, d’un établissement de crédit, d’une société de gestion, d’un conseiller en investissements financiers ou en financement participatif. Lesquels sont tenus de respecter le règlement de la Cosumaf. Lequel pourrait s’enrichir de nouvelles dispositions pour renforcer les contrôles et les pare-feu contre le blanchiment de capitaux et le financement d’activités illicites, suivant en cela l’exemple d’autres institutions comme l’Autorité française des marchés financiers.

D’autre part, la BEAC s’apprête à célébrer comme il se doit son cinquantenaire. Une série de manifestations est prévue à N’Djaména (Tchad), entre le 20 et le 22 novembre. La capitale du Tchad accueillera six chefs d’État de la région (Cameroun, Centrafrique, République du Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad), ainsi que les représentants des autorités monétaires et des institutions universitaires ou du secteur privé.

Le thème fédérateur sera « Cinquante ans au service de l’intégration des peuples de la Cemac ». Tandis que le 22 novembre, un colloque international se penchera sur « Les réformes monétaires et financières de la CEMAC ».

L’occasion aussi de poursuivre le lancement des nouveaux billets de banque de la zone, qui entreront en circulation le 15 décembre 2022. Les billets remplaceront progressivement ceux de la génération 1992, qui commenceront à ne plus être remis en circulation par les banques à partir de janvier 2024 et à ne plus avoir cours six mois plus tard.

@ABanker

 

Écrit par
Aude Darc

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *