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La BEAC a un nouveau gouverneur

La BEAC a un nouveau gouverneur
  • Publiéfévrier 9, 2024

Homme de la maison, au profil d’ingénieur informaticien, le Centrafricain Yvon Sana Bangui a été désigné Gouverneur de la Banque des États d’Afrique centrale.

 

Le processus de désignation a été gâché par des querelles internes étalées sur la place publique, mais la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) a un nouveau gouverneur. La succession dAbbas Mahamat Tolli, dont le mandat a pris fin le 6 février, peut s’organiser plus sereinement.

Sans grande surprise, c’est Yvon Sana Bangui qui lui succédera ; un Centrafricain après un Tchadien. La nationalité est d’importance, car le président de la Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, est un chaud partisan des cybermonnaies dont se méfie particulièrement la Banque centrale (lire ci-dessous). Selon le système de rotation des postes, il était acquis que le poste reviendrait à un Centrafricain.

L’ancien gouverneur Abbas Mahamat Tolli est désormais le candidat des pays de la CEMAC à la présidence de la Banque africaine de développement, qui sera renouvelée durant l’été 2025.

Le nouveau gouverneur a été désigné à l’issue d’une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État des six pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad) membres de la CEMAC, qui s’est déroulée ce 9 février par visioconférence.

Yvon Sana Bangui avait donc été désigné comme candidat au poste par le président centrafricain, également président de la Conférence des chefs d’État de la CEMAC.

Dès la mi-janvier, Faustin Archange Touadera avait demandé à la ministre des Relations extérieures de préparer l’élection du nouveau gouverneur, auprès de ses pairs de la sous-région. Il s’agissait de faire accepter le profil d’Yvon Sana Bangui et obtenir l’approbation des cinq autres dirigeants africains. Les mauvaises langues y verront une « tradition familiale », dont les Centrafricains ont l’habitude : Yvon Sana Bangui est un proche parent du président Touadera.

Toutefois, le nouveau gouverneur ne manque pas d’atouts à faire valoir. Il revendique 19 années d’expérience professionnelle au sein de la BEAC, où il a contribué à la mise en œuvre de plusieurs réformes. Il a participé à la gestion des Comptes uniques des Trésors nationaux, à la réforme de la programmation monétaire en zone Cemac, à la refonte de la Centrale des risques bancaires de la Cemac ; à l’élaboration d’une stratégie régionale d’inclusion financière et la mise en place d’un dispositif de suivi et de promotion de l’accès aux services financiers dans la CEMAC, entre autres titres de gloire.

 

Quelques remous internes

Né en 1974, Yvon Sana Bangui est originaire de la région de la Lobaye. Formé au Maroc et en France, il est titulaire d’un diplôme en mathématiques appliquées, d’un DESS en informatique et télécommunications, ainsi que de deux masters en économie et gestion publique. Il intègre la BEAC en 2005 où il occupera plusieurs postes dont celui de directeur central de la Comptabilité, du budget et du contrôle de gestion. Auparavant, il aurait entamé son parcours professionnel comme ingénieur data pour un opérateur de téléphonie et enseigné à l’Université de Bangui, relate la Présidence centrafricaine. C’est donc davantage un « informaticien », un technicien, qui s’installe à la tête de l’institution monétaire de la CEMAC, davantage qu’un économiste.

Dans un premier temps, il lui faudra surtout des qualités de diplomate et de fermeté : la transition a été émaillée de querelles internes à la BEAC qui n’ont pas échappé à la presse, notamment celle du Cameroun – la BEAC a son siège à Yaoundé. Dans ce genre d’institution, notamment, il n’est pas sain que le directeur général du Contrôle exige le départ dans les 24 heures du Gouverneur, sitôt atteinte la fin officielle de son mandat…

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Encadré

La BEAC reste méfiante face aux cryptomonnaies

 

Lors d’un forum consacré à la Fintech en Afrique centrale, qui s’est déroulé à Douala fin janvier, le directeur général de l’Exploitation de la BEAC, a rappelé sa méfiance envers les cryptomonnaies, alors que se poursuit une réflexion sur leur régulation dans l’espace économique. « Les cryptomonnaies ne font pas encore partie du modèle de la Banque centrale. Il faut que nous soyons tous conscients qu’à chaque fois que nous achetons à l’extérieur, nous dépensons nos stocks de devises et fragilisons notre monnaie. Si les gens pensent que les crypto-actifs sont un moyen de préserver leurs économies, il ne faut pas qu’ils oublient qu’ils transforment le franc CFA en dollar ou en euro, qui constituent nos réserves communes, et affaiblissent ainsi notre monnaie. »

@ABanker

 

Écrit par
Kimberley Adams

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