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African Banker

La Banque mondiale se restructure

La Banque mondiale est désormais divisée en deux vice-présidences en Afrique. Ousmane Diagana prend la tête du pôle Afrique de l’Ouest et centrale. L’institution accentue son soutien d’urgence aux pays africains dans l’optique d’un rebond des économies.

Par Laurent Soucaille

Depuis le 1er juillet, le portefeuille régional de la Banque mondiale en Afrique subsaharienne est réparti dans deux vice-présidences, qui seront chargées respectivement de l’Afrique de l’Ouest et centrale et de l’Afrique de l’Est et australe. Ce changement avait été annoncé au début de l’année et prend effet aujourd’hui. Il « témoigne du ferme engagement de la Banque mondiale en faveur de l’Afrique », commente l’institution.

« Je suis convaincu que nous pouvons faire mieux, et nous allons faire mieux, pour veiller en priorité aux intérêts des pays et des populations et trouver des solutions aux problèmes de développement actuels du continent, en utilisant tous les moyens dont nous disposons. »

Cette année, la Banque mondiale devrait allouer environ 50 milliards de dollars à 48 pays africains. Ce montant, déjà annoncé par la BM, est considérablement plus élevé que celui alloué aux autres régions. Il représente environ le tiers du portefeuille entier de la Banque mondiale. En dix ans, le portefeuille africain a été multiplié par deux en dix ans.

Les projets et programmes financés par la Banque mondiale en Afrique subsaharienne s’attachent notamment à soutenir l’agriculture, le commerce et les transports, l’énergie, l’éducation et la santé, ainsi que le secteur de l’eau et de l’assainissement. Pour leur part, les financements accordés aux États fragiles affichent une hausse encore plus marquée, les deux tiers environ des montants alloués à ces pays étant destinés à l’Afrique.

 Ainsi, La Banque mondiale a approuvé, fin juin, un financement additionnel de 50 millions $ de l’Association internationale de développement (IDA) pour aider le Bénin à atténuer l’impact de la crise sanitaire du coronavirus dans la phase de redressement socio-économique. « Cet appui va contribuer à combler le déficit en ressources budgétaires pour faire face aux besoins sociaux de base et du secteur productif », explique le responsable pays pour la BM.

Aider les plus vulnérables et préparer l’après-Covid

Le montant des financements liés à la pandémie dans au Bénin s’élève à 90 millions $. Au Congo, le Projet Lisungi de riposte d’urgence à la Covid-19 (PLRUC) apportera un soutien financier temporaire aux ménages pauvres et vulnérables. La BM vient d’accorder un soutien supplémentaire de 50 millions $ à ce programme.

« Il est important de mettre en place des filets de protection sociale pour protéger les pauvres et les personnes vulnérables dans ce moment de crise », justifie Jean-Christophe Carret, directeur des opérations de la Banque mondiale. En Guinée, ce ne sont pas moins de 100 millions $ que la Banque mondiale entend débloquer, en soutien au pays, dans les quinze prochains mois. Près de 11 millions ont été accordés, fin juin, en riposte à la crise sanitaire.

Mi-juin, l’institution annonçait un volet global de financement à destination du Sénégal, pour 100 millions $. La Banque mondiale anticipe « un redressement rapide » de l’économie du pays, une fois la crise sanitaire atténuée. « Par ce financement, nous aidons le Sénégal à préparer son redressement post-Covid », confirme Nathan Belete, directeur des opérations. L’objectif est de sauvegarder les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables, et de promouvoir les opportunités par un meilleur accès à l’électricité et aux services offerts par les technologies de l’information et de la communication.

Deux structures, une vision commune

À la Banque mondiale, le département Afrique était dirigé depuis 2018 par Hafez Ghanem, qui devient vice-président pour l’Afrique de l’Est et australe. De son côté, Ousmane Diagana devient vice-président pour l’Afrique de l’Ouest et centrale. 

« C’est pour moi un honneur de diriger l’action de la Banque mondiale en Afrique de l’Ouest et centrale, avec le souci de l’innovation, du résultat et de la transformation », déclare le nouveau promu. « Je suis convaincu qu’en travaillant en concertation avec Hafez Ghanem, nous pouvons faire mieux, et nous allons faire mieux, pour veiller en priorité aux intérêts des pays et des populations et trouver ensemble des solutions aux problèmes de développement actuels du continent en utilisant tous les moyens dont nous disposons. »

Sa nomination intervient alors que la Banque s’emploie à renforcer la réalisation de son programme d’activités en Afrique et à mettre davantage l’accent sur des opérations régionales susceptibles de mieux concrétiser les avancées transformatrices que l’Afrique peut accomplir.

« L’engagement de la Banque mondiale en Afrique croît de jour en jour, et je me réjouis de travailler aux côtés d’Ousmane Diagana pour apporter encore plus de ressources aux populations qui en ont le plus besoin », commente Hafez Ghanem. « Nous avons désormais deux vice-présidences, mais l’Afrique est une à nos yeux et nous continuerons de partager nos enseignements, notre expérience et nos idées à travers le continent tout entier. »

Selon la Banque mondiale, la création d’une nouvelle vice-présidence s’inscrit dans la continuité des efforts déployés pour aligner en permanence ses ressources sur les domaines prioritaires. Elle permettra de soutenir davantage les réformes et les politiques requises pour réaliser une croissance durable et diversifiée, faire reculer la pauvreté et améliorer les conditions de vie des populations en Afrique.

Deux solides parcours

De nationalité mauritanienne, Ousmane Diagana est entré à la Banque mondiale en 1992 et a plus de 25 années d’expérience à son actif dans le développement. Désormais, il dirigera les activités stratégiques, analytiques, opérationnelles et intellectuelles menées par la Banque dans cette région.

 Il a occupé divers postes techniques et de direction au sein de l’institution, dont notamment celui de directeur des opérations pour le Mali, le Niger, le Tchad et la Guinée, ainsi que pour la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, la Guinée, le Bénin et le Togo. Dans le cadre de ses fonctions, il s’est beaucoup consacré aux pays en situation de fragilité, conflit et violence.

Plus récemment, il a été à la tête de la vice-présidence Éthique et déontologie professionnelle, puis de la vice-présidence Ressources humaines du Groupe de la Banque mondiale, où il a joué un rôle déterminant pour renforcer la présence du personnel auprès des clients, en particulier dans les pays fragiles.

De nationalité franco-égyptienne, Hafez Ghanem est vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Est et australe. Expert du développement ayant à son actif plus de trente années d’expérience, il dirige les relations de la Banque avec 26 pays et supervise un portefeuille de plus de 280 projets, pour un engagement total supérieur à 49 milliards de dollars.

La vision d’Hafez Ghanem pour l’Afrique a accordé une place centrale à l’intensification de l’aide en faveur des États fragiles et en conflit, à la promotion de l’égalité des sexes et au développement d’opportunités économiques pour les jeunes.

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