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African Banker

La BAD, soutenue par de solides actionnaires

Fitch Ratings maintient son « triple A » à l’égard de la Banque de développement. Si elle constate une légère dégradation de la qualité de ses actifs – crise sanitaire oblige –, l’agence est impressionnée par le soutien sans faille des actionnaires de la BAD.

Par Laurent Soucaille

« L’affirmation de la notation triple A de la Banque par Fitch, reconnaît le très fort soutien des actionnaires dont bénéficie notre institution », a réagi Bajabulile Tshabalala, vice-présidente chargée des finances de la Banque africaine de développement.

En effet, l’agence de notation de crédit Fitch Ratings a confirmé sa notation de crédit « AAA » envers la BAD, assortie d’une perspective « stable ». L’agence salue en la BAD « de solides capacités de capitalisation et de gestion des risques. L’affirmation témoigne également de l’importance du mandat de politique publique de la Banque, en particulier en ces temps très difficiles », a poursuivi la directrice financière.

« La Banque continuera à renforcer sa pertinence politique et budgétaire à l’appui des pays membres régionaux, alors qu’ils font face aux répercussions mondiales et régionales de la pandémie », promet Akinwumi Adesina.

Fitch Ratings motive cette décision par « le soutien extraordinaire » que la BAD reçoit de ses actionnaires. Selon l’agence, la dette nette de la banque sera entièrement couverte par le capital appelable des États membres notés « AAA » d’ici 2023.

Les projections de Fitch supposent une croissance annuelle d’environ 8 % des opérations de prêt et une augmentation de capital conforme à ses objectifs. En 2020 et 2021, 44 États membres ont finalisé leurs souscriptions au plan d’augmentation de capital, représentant 73 % de l’actionnariat de la banque.

D’ailleurs, en mars 2021, le conseil des gouverneurs de la BAD a approuvé une augmentation de capital appelable temporaire. Le soutien des actionnaires à cette opération inédite ne s’est pas démenti.

En 2020, la BAD a alloué 6,9 milliards $ au titre de son mécanisme de réponse à la Covid-19 pour atténuer l’impact économique de la pandémie. « Cependant, cela s’est fait au détriment d’autres opérations et les approbations globales de prêts ont été réduites de près de moitié en 2020 », note l’agence de notations.

Cette baisse des approbations de prêts contraste fortement avec la tendance observée dans d’autres banques multilatérales de développement régionales et reflète la contrainte du propre cadre de capitalisation de la BAD, avec un taux d’utilisation du capital à 86 % à fin 2019.

Fitch juge « faible » l’exposition globale de la BAD aux risques, équilibrant le risque de crédit « modéré » avec des politiques de gestion des risques « excellentes », une concentration « faible » et des risques « très faibles » sur les marchés financiers.

Akinwumi Adesina

Fitch conserve donc son avis « stable », en dépit du déclassement de plusieurs grands actionnaires de la BAD, à savoir le Maroc, la Tunisie, l’Afrique du Sud.

L’agence constate que les prêts non performants de la BAD sont peu nombreux ; ils ont même diminué, à 2,8% des encours, au premier trimestre 2021, grâce à l’apurement d’arriérés de la Somalie. Pays suivi par le Soudan, en mai. Selon Fitch, ces prêts douteux ne devraient pas dépasser 3% de l’ensemble à moyen terme, malgré la conjoncture actuelle peu favorable.

Toutefois les experts s’attendent « à ce que l’impact persistant de la pandémie se traduise par une augmentation des créances douteuses non souveraines ».

Fitch considère les politiques de gestion des risques de la BAD comme « conservatrices » et les juge « excellentes », se félicite également la banque de développement. Le risque de concentration est « faible » : les cinq plus grandes expositions de la banque représentant 32 % du portefeuille bancaire total à la fin de 2020.

Enfin, Fitch évalue l’environnement commercial de la BAD comme « à risque moyen ». L’assise offerte par un portefeuille large et « une haute qualité de gouvernance » étant compensée par « un risque opérationnel élevé », compte tenu d’un faible revenu par habitant et le risque politique élevé dans les pays africains.

Réagissant à cette notation Akinwumi Adesina a confirmé le cap : « La Banque continuera à renforcer sa pertinence politique et budgétaire à l’appui des pays membres régionaux, alors qu’ils font face aux répercussions mondiales et régionales de la pandémie. » Tout en aidant les économies africaines à repositionner leurs économies dans un environnement de Covid-19, « nous maintiendrons également nos ratios prudentiels et des amortisseurs adéquats », a promis le président de la BAD.

LS

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