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African Banker

Intégrer le capital naturel dans les investissements publics

La Banque africaine de développement et ses partenaires lancent, le 9 septembre 2021, le « Programme sur le capital naturel pour le financement du développement de l’Afrique ». Un moyen de mieux appréhender ce bien commun naturel dans les projets structurants.

Par Paule Fax

La nature est en crise avec le déclin sans précédent de la biodiversité mondiale, constate la Green Finance Plateform, partenaire de la Banque africaine de développement. Cette plateforme est une communauté mondiale de professionnels et d’organisations des politiques, des affaires et de la finance qui s’engagent à générer, gérer et partager des connaissances sur la transition vers une économie verte inclusive.

La pandémie de la Covid-19 met en évidence l’importance de la relation entre l’homme et la nature et nous rappelle ainsi que la perte continue de biodiversité et la dégradation des écosystèmes pourraient avoir des conséquences plus profondes sur le bien-être et la survie de l’homme.

Le capital naturel, qui comprend les sols ou les ressources de stockage de carbone comme l’eau et la pêche, représente entre 30 % et 50 % de la richesse totale des pays africains, bien que n’étant pas souvent pas pris en compte dans les mesures économiques comme le calcul du PIB.

Selon Green Finance, notre réponse demande que nous évaluions et expliquions soigneusement les changements dans les stocks de capital naturel, ce qui comprend une meilleure évaluation de la qualité et de la quantité des ressources naturelles biotiques et abiotiques, telles que l’eau, la terre, les forêts, le climat.

Pour le continent africain, avec une biodiversité parmi les plus riches au monde et d’importants puits de carbone naturels, cette approche est essentielle. L’intégration de l’évaluation et de la comptabilité du capital naturel dans la prise de décision facilite la lutte contre la crise climatique mondiale et est essentielle pour engendrer une reprise verte après la pandémie mondiale.

Pour ce faire, la BAD, le Green Growth Knowledge Partnership (GGKP) et le WWF (World Wide Fund for Nature) se sont associés pour lancer le « Programme sur le capital naturel pour le financement du développement de l’Afrique ». En anglais, le Natural Capital for African Development Finance (NC4-ADF). Il vise l’intégration des approches du capital naturel dans les projets africains de financement des infrastructures.

Une démarche essentielle

Ce projet sera officiellement lancé le 9 septembre 2021 au cours d’une conférence en ligne. Au cours de laquelle les partenaires de NC4-ADF présenteront les résultats d’un projet pilote qui a appliqué des approches de capital naturel à un projet d’infrastructure soutenu par la BAD, en Tanzanie.

Des représentants de haut niveau du gouvernement, des banques multilatérales de développement et des organisations internationales se joindront à la session pour discuter de solutions pratiques pour intégrer l’évaluation et la comptabilité du capital naturel dans l’architecture du financement du développement, y compris les pratiques en matière de notation de crédit.

L’initiative est également soutenue par le ministère allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) à travers son agence dédiée, la GIZ. Ainsi que par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la Fondation MAVA, l’Institut international pour le développement durable (IISD) ainsi que le partenariat Economics for Nature (E4N) qui vise à mettre le capital naturel au cœur des économies.

« La prise en compte du capital naturel dans le financement du développement est essentielle pour la reprise post-Covid-19 », justifie Vanessa Ushie, qui dirige l’analyse des politiques au Centre africain des ressources naturelles de la BAD.

L’institution de développement reconnaît ainsi que les approches fondées sur la nature sont essentielles pour lutter contre les urgences liées à la biodiversité et au climat. « La BAD déploie ses efforts pour intégrer le capital naturel dans le financement des infrastructures, les investissements et les politiques économiques en Afrique », explique l’économiste.

Un sujet universel

Le capital naturel, qui comprend les sols ou les ressources de stockage de carbone comme l’eau et la pêche, représente entre 30 % et 50 % de la richesse totale des pays d’Afrique, bien que n’étant pas souvent pas pris en compte dans les mesures économiques comme le calcul du PIB.

De plus, les institutions internationales de développement tiennent peu compte du capital naturel dans les projets de financement du développement. Face au changement climatique, ce capital présente des atouts essentiels pour favoriser une croissance inclusive et verte.

Au cours de cette rencontre, les différents participants, parmi lesquels des ministres et des responsables d’institutions internationales, échangeront sur les moyens d’établir une vision commune prenant en compte le capital naturel, notamment dans les projets et programmes de développement des institutions multilatérales de développement.

Le lancement du programme, qui se déroulera principalement en visioconférence, sera ponctué par une allocution de Rabah Arezki, économiste en chef et vice-président de la BAD.

Des représentants gouvernementaux du Nigeria, de la Tanzanie, de Madagascar et de Mozambique, dont les pays participent au programme, prendront part à l’événement, qui regroupera de hauts représentants d’institutions partenaires du programme ainsi que ceux de la Banque mondiale, de la Banque asiatique de développement, de la Commission de l’Union africaine, entre autres.

PF

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