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African Banker

La microfinance à l’épreuve de la réglementation

Le plafonnement des montants de crédits accordé par les EMF est à 10 % du capital libéré pour les clients et 50 millions de F.CFA pour un actionnaire, administrateur ou dirigeant. Bien plus, et plus important, la nouvelle architecture du marché financier rend obligatoire l’inscription des EMF en Bourse.

Cette exigence commande de s’arrimer aux normes exigibles (information, management, ratios prudentiels). Les nouveaux règlements des EMF offrent 24 mois pour la transition. Période de mutation identique pour le nouveau marché financier de la Cemac, dont l’unique Bourse sous-régionale sera bientôt opérationnelle à Douala. 

Garantir la solvabilité et la pérennité 

De l’avis de nombreux experts, ce dispositif pourrait conduire à la fermeture de nombreuses institutions de microfinance dans la sous-région. Les nouvelles règles édictées par la Cobac ne pouvant être suivies par tous les acteurs, qui comptent beaucoup d’« aventuriers ».

Une épreuve à la réglementation que sont pourtant en train de relever les EMF. À en croire Ahmadou Bouba, plus de 80 % des EMF de deuxième et troisième catégories se sont déjà arrimés à la nouvelle donne. En revanche, précise le chef de division Microfinance au ministère des Finances, à peine 35 % des EMF de première catégorie se sont déjà conformés au nouveau dispositif.

Du fait des conditionnalités évoquées, jugées plus contraignantes que les autres. Plus qu’innovant, ce nouveau dispositif nécessite, selon la Cobac, que le secteur de la microfinance puisse développer des capacités d’absorption, étant entendu que le niveau de formation et d’expérience de ses acteurs n’est pas avéré. 

Dans la réussite de la réforme, tiennent également les enjeux de la transformation institutionnelle, de la recapitalisation en vue de renforcer les fonds propres des EMF. Et surtout du défi du contrôle interne et de la gouvernance qui concourt à la maîtrise du risque de l’épargne des clients. De nouvelles mesures, comme le plafonnement de crédits, contribuent à éviter la faillite des EMF, causée en partie par le phénomène de crédits aux apparentés. 

Le régulateur doit affronter un système perpétué par les directeurs généraux des établissements, qui du fait de leur proximité avec certains actionnaires, leur accordent des crédits au-delà des normes prudentielles.

Pour la Cobac, le nouveau dispositif de contrôle et de gestion force les acteurs des EMF à suivre les règles de la bonne gouvernance, respectant des systèmes de contrôle qui permettent de garantir la solvabilité et la pérennité de ces établissements.

Certes, les taux d’intérêt restent élevés (les taux débiteur et créditeur moyens ressortent à 21 % et à 4 %), mais les EMF proposent des conditionnalités moins contraignantes que les banques classiques. Ce qui leur permet d’accroître chaque année leur portefeuille clients.

Considérés comme instrument de lutte contre la pauvreté et contre l’exclusion sociale, les EMF jouent un rôle majeur dans l’inclusion financière. Ils offrent aux exclus du système bancaire classique des solutions adaptées à leurs besoins dans un pays où le taux de bancarisation n’est estimé qu’à 19 %.

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