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African Banker

En quête de nouvelles ressources

Un nécessaire ménage 

Autre proposition : le recours, du moins partiel, à la finance islamique. Lachemi Siagh, expert financier international, estime que cette finance, dans « sa composante sukuk, peut permettre à l’État et ses entités d’émettre des titres libellés en devises ». Cette solution, reconnaît-il, ne serait que partielle.

L’urgence, selon l’ancien chef de cabinet du ministère de l’Industrie, est la création d’une nouvelle structure : « Une Caisse de dépôt pourrait intervenir à côté des banques dans le financement de grands projets lorsque les banques font face à un problème de ratio de division des risques. » Lachemi Siagh donne l’exemple des entreprises dont les patrons sont poursuivis par la justice : cette caisse pourra ainsi « gérer les actifs qui ont été acquis illicitement ou sur la base de prêts considérés actuellement non performants et irrécupérables ». 

Ces solutions ne pourront pourtant pas régler la crise financière que vit l’Algérie. Les experts et politiques insistent sur des réformes structurelles pour endiguer la crise. À commencer par faire le ménage dans le fonctionnement de l’État.

« Le budget de fonctionnement représente plus de 60 % de la dépense publique et doit être considérablement réduit », rappelle Lachemi Siagh qui propose de « faire la chasse aux emplois fictifs dans le secteur public » et d’« essayer de mettre fin progressivement au secteur informel, en réduisant les importations notamment ». Sachant que « la mère des réformes » sera celle de « s’attaquer aux diverses subventions notamment énergétiques, de soutien aux produits de large consommation qui plombent le Trésor public ». 

De confortables réserves de change 

L’autre levier que les autorités peuvent exploiter, pour l’instant, est la vente de certaines entreprises publiques. « Il faut privatiser certaines entreprises par la Bourse pour éviter la prédation des oligarques. Il faut faire des privatisations en plusieurs étapes, par exemple par tranches de 20 % des entreprises, afin d’éviter ce que l’on appelle le fire-sale, c’est-à-dire la vente à prix cassé. Étant donné l’état actuel de l’économie, les montants engendrés seront relativement bas », considère Nour Meddahi. 

En attendant des solutions pérennes, le gouvernement gère la situation comme il peut. Il continue de se montrer serein puisque le pays dispose encore d’un petit matelas. « Avec des réserves de changes de 72,6 milliards de dollars à fin avril 2019 (soit deux ans d’importation), un endettement extérieur équivalant à 1 % du PIB, une dette publique interne à 37,2 % du PIB à fin 2018 (contre 26,7 % en 2017), un prix moyen du baril de pétrole à 63,93 dollars et un taux d’inflation à 3,6 % à fin mai 2019 [il a encore baissé à 2,7 % en août], la situation financière de l’Algérie reste relativement confortable », avait estimé le ministre des Finances, Mohamed Loukal au début de l’été.

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