Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Banker

Djibouti se dote d’un fonds souverain

Afin de financer sa stratégie ambitieuse de développement à horizon 2035, la République de Djibouti crée un Fonds souverain. Investisseur de long terme, il pourrait totaliser 1,5 milliard de dollars de dotations en dix ans.

Par Paule Fax 

La création de ce fonds accompagne la « Vision 2035 » qui guide l’action gouvernementale et oriente la stratégie économique du pays sur le long terme. En effet, Djibouti a l’ambition de se positionner comme un hub commercial, logistique, portuaire et numérique en Afrique de l’Est. 

De cette « vision » déjà engagée, il s’agit désormais d’impulser une nouvelle phase. Pour cela, le pays doit se doter d’un instrument d’action mobilisateur de moyens, doté de capacités d’investissement, censé devenir un outil de transformation économique accélérée. C’est la mission du Fonds. Sa création est permise par la loi du 29 mars 2020 et par les décrets d’application promulgués le 24 juin 2020. 

« Le Fonds est placé au niveau des meilleurs standards internationaux en matière d’indépendance et de responsabilité de ses organes de gestion, de gouvernance d’entreprise, de transparence et de rapport de performance », précisent les autorités de Djibouti. 

Institué sous forme d’une Société anonyme de droit privé dont le seul actionnaire est et demeurera l’État de Djibouti, le Fonds s’« inscrit pleinement dans l’impératif de développement du pays », précise un communiqué.

Il a pour but de « rassembler » les richesses nationales pour démultiplier la capacité de Djibouti à investir rapidement, à se moderniser, à maximiser son potentiel économique et son attractivité. « Cet outil agit pour la croissance et pour l’emploi d’aujourd’hui, tout en privilégiant la constitution de réserves importantes pour les générations futures. » C’est un instrument censé rapprocher les exigences du court terme avec celles du long terme. 

Le Fonds a aussi pour objectif d’accentuer la capacité à agir de Djibouti. Il permettra de mieux maîtriser les projets tout en privilégiant les intérêts nationaux et stratégiques du pays, d’augmenter sa marge de négociation avec des partenaires locaux ou internationaux et d’être le partenaire « solide et engagé » que recherchent les investisseurs extérieurs. 

Des résultats réinvestis

Les investissements du Fonds ciblent prioritairement la République de Djibouti et les pays ayant un lien économique avec elle, en particulier la région de la Corne de l’Afrique. Il s’agit d’investir et de co-investir dans des secteurs clé de l’économie comme les télécoms, les nouvelles technologies, l’énergie, les infrastructures, la logistique, l’agriculture et la pêche. Le Fonds aura pour vocation de privilégier les projets soutenant une croissance durable et la mise en œuvre de la transition énergétique. 

En revanche, ce Fonds n’est pas conçu comme un « capital-risqueur » dont l’ambition serait de générer des marges et des revenus à court terme. Il se veut un investisseur de long terme tenu de réinvestir la totalité du résultat net de son activité. 

Le Fonds a choisi une structure de financement pérenne qui réunit une mise de fonds initiale significative avec des ressources récurrentes. La loi l’instituant prévoit des dotations étalées dans le temps qui pourront atteindre 1,5 milliard de dollars en dix ans. 

La transparence et la gouvernance sont des éléments clé de la légitimité et de la crédibilité du Fonds. « Dans ce domaine, le Fonds est placé au niveau des meilleurs standards internationaux en matière d’indépendance et de responsabilité de ses organes de gestion, de gouvernance d’entreprise, de transparence et de rapport de performance. »

Il est en conformité avec les Principes de Santiago, rassurent les autorités de Djibouti. Lesquelles se déclarent « plus que jamais » décidées à investir dans son avenir, malgré la crise sanitaire mondiale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

Share This