x
Close
Finance

L’exigence d’ESG des fonds de pension

L’exigence d’ESG des fonds de pension
  • PubliéAugust 30, 2022

Les fonds de pension du continent commencent à intégrer les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leurs critères d’investissement. Le processus peut être accéléré.

 

L’investissement massif de PIC (Public Investment Corporation) dans l’Africa Finance Corporation, début août 2022, vient souligner l’importance croissante des fonds de pension dans la circulation des capitaux. En prenant de l’ampleur, les fonds de pension et de Sécurité sociale africains ont la possibilité de soutenir davantage d’entreprises et de projets africains. Ils peuvent s’assurer qu’ils maximisent les bénéfices de cet investissement en intégrant les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leurs critères d’investissement. Cela permet non seulement de réaliser des investissements plus éthiques, mais aussi de générer des rendements plus durables à long terme.

Environ 90 % des actifs sous gestion des fonds de pension et autres investisseurs institutionnels en Afrique sont concentrés en Afrique du Sud, au Nigeria, en Namibie et au Botswana. Pourtant, la taille des fonds augmente sur le continent.

Les stratégies ESG permettent aux investisseurs de générer des taux de rendement sains tout en contribuant à la résolution de problèmes environnementaux. Elles peuvent également contribuer à soutenir le développement économique en investissant dans des entreprises qui versent un salaire décent à leurs employés, tout en leur offrant des couvertures maladie et d’autres droits. L’aspect « gouvernance » de l’équation fait référence à la fois à la bonne gouvernance des entreprises et à la bonne gouvernance de l’État, les entreprises bénéficiaires de tout investissement devant s’engager à interagir de manière transparente et légale avec les responsables gouvernementaux.

Les critères ESG adoptés par les différents fonds varient considérablement. Pour beaucoup d’entre eux, il est difficile d’identifier les cibles d’investissement appropriées car, contrairement à l’information financière, les entreprises utilisent des méthodologies très différentes pour évaluer leurs performances ESG.

Les fonds d’investissement ont tendance à utiliser des grilles de notation pour évaluer chaque entreprise selon une série de critères. Ces fiches de notation sont souvent développées en interne, bien que certains fonds utilisent celles compilées par des organisations tierces. Les systèmes de notation leur permettent d’investir dans des entreprises qui répondent à leurs critères, et encouragent également les entreprises qui n’atteignent pas les normes requises à faire des progrès sur une série de paramètres.

 

Au sommet de la chaîne alimentaire

Une enquête de Bloomberg conclut que la valeur des investissements ESG atteindra près de 50 milliards de dollars d’ici à 2025, soit un tiers de tous les actifs mondiaux sous gestion. Cela s’explique en partie par la demande des clients, mais aussi parce que de telles stratégies soutiennent des performances financières stables de la part des entreprises.

L’impact des politiques ESG introduites par les fonds d’investissement et les banques non africaines se fait déjà sentir sur le continent, car les promoteurs ont eu du mal à obtenir des financements pour d’éventuels projets africains d’extraction de charbon, de centrales électriques au charbon et de champs pétrolifères. Cependant, bien que le Réseau africain des contrôleurs de pensions tente actuellement d’encourager les fonds du continent à adopter des stratégies ESG, il est difficile de trouver des chiffres précis sur la proportion d’investissements ESG réalisés en Afrique par des fonds africains.

La Banque mondiale a commencé à évaluer les pratiques de reporting ESG des plus grands fonds de pension africains. Selon l’une de ses économistes, avait commencé à évaluer les pratiques de reporting ESG des plus grands fonds de pension africains. L’une de ses économistes, Fiona Stewart, relève que si tous les fonds fournissent des informations complètes sur leurs performances financières, la moitié seulement propose des déclarations sur l’importance de la durabilité.

Ils fournissent des informations limitées sur leurs stratégies d’investissement durable – y compris sur la manière dont elles sont mises en œuvre – et très peu d’entre eux divulguent des informations sur leur attitude face au changement climatique. Et ce, bien que les Nations unies aient appelé à la publication de politiques ESG dans ses Principes pour l’investissement responsable,  lancés en mars 2006.

Les économistes de la Banque mondiale révèlent que « les fonds de pension, en tant que principaux détenteurs d’actifs dans la région, se situent au sommet de la chaîne alimentaire et peuvent être des catalyseurs de l’écologisation des systèmes financiers », mais que les fonds de pension ne demandent pas encore d’informations ESG aux entreprises.

« De plus, ce qui est disponible peut ressembler à de l’écoblanchiment, avec de longs rapports qui ne font que répéter un petit nombre de points », lâche Fiona Stewart sur son blog.

Les chercheurs ont dressé une liste des informations ESG qu’ils attendaient des fonds d’investissement. L’Afrique du Sud a obtenu les meilleurs résultats, avec 74 % des informations attendues fournies par les fonds du pays. En bas de l’échelle, on trouve la Tanzanie avec 14 %, puis la Namibie et l’Ouganda, tous deux avec 16 %.

 

L’Afrique du Sud montre la voie

Parmi les exemples de bonnes pratiques figurent le fonds de pension des fonctionnaires du Botswana, le fonds national de Sécurité sociale de l’Ouganda et le fonds de retraite Sentinel d’Afrique du Sud. Sentinel affirme inclure les facteurs de risque ESG dans ses systèmes de gestion des risques afin de s’assurer que ceux-ci sont identifiés et atténués dans les portefeuilles d’investissement actuels et futurs. Les directives de sa déclaration de politique d’investissement sont révisées chaque année par le comité d’investissement.

L’Afrique du Sud semble être un précurseur en matière d’ESG. L’Institute of Directors South Africa (IDSA) a lancé son Code for Responsible Investing in South Africa (CRI-SA) dès 2011, ce qui en fait le deuxième pays après le Royaume-Uni à encourager officiellement les investisseurs institutionnels à intégrer les principes ESG dans leurs décisions d’investissement.

Si l’Afrique du Sud fait figure d’exception, c’est peut-être parce qu’elle est l’un des marchés financiers les plus avancés du continent, mais aussi en raison de sa propre histoire. Dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement pour aider à surmonter l’héritage de l’apartheid, les entreprises ont été tenues de publier les détails de leurs stratégies visant à augmenter le nombre d’employés non Blancs, y compris dans les conseils d’administration et à d’autres postes de direction.

Ces stratégies d’émancipation des Noirs ont été étendues pour inclure des rapports sur le nombre de femmes et de personnes handicapées employées à tous les niveaux. Dans de nombreux cas, des objectifs minimaux ont été fixés.

Cela a créé une culture de production de rapports annuels non financiers qui peuvent facilement être étendus pour couvrir d’autres critères. Cependant, la dépendance de l’Afrique du Sud à l’égard de l’extraction, de la consommation et de l’exportation de charbon peut expliquer la réticence des entreprises et des investisseurs institutionnels à publier des stratégies en matière de changement climatique.

 

La taille des fonds augmente

En 2021, lorsque le code CRISA révisé a été publié, l’IDSA précisait : « L’investissement et la gestion responsables trouvent de plus en plus d’applications dans toutes les classes d’actifs et au-delà des marchés publics. Malgré cela, on a toujours l’impression que l’action de la communauté des investisseurs est à la traîne, tant en termes d’urgence que de portée. »

Les principaux changements du code révisé comprennent l’intégration d’une gouvernance saine par l’organisation d’investissement elle-même et l’extension de la transparence requise par les acteurs de la chaîne de valeur de l’investissement.

Environ 90 % des actifs sous gestion des fonds de pension et autres investisseurs institutionnels en Afrique sont concentrés en Afrique du Sud, au Nigeria, en Namibie et au Botswana. Pourtant, la taille des fonds augmente sur le continent.

Ndabe Mkhize, directeur des investissements de l’Eskom Pension and Provident Fund, affirme que l’investissement dans les infrastructures peut permettre aux investisseurs d’atteindre les objectifs d’investissement ESG et d’impact en favorisant le développement de l’Afrique.

Cet investissement répond également à la demande du marché et offre des rendements solides et prévisibles au fil du temps, car « un rendement admissible sur les investissements en actions dans les infrastructures sera de l’ordre de 12 % à 16 %, en fonction de facteurs tels que l’endettement et le risque ».

@ABanker

 

Écrit par
Neil Ford

Laissez un commentaire

Your email address will not be published.