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African Banker

L’AFC augmente son capital

Les Seychelles et la Sierra Leone entrent au capital de l’Africa Finance Corporation, tandis que le Ghana augmente sa position. Des moyens renforcés pour la société de financement, qui étudie la possibilité de faire coter en Bourse certains de ses projets d’infrastructure.

 

Par Kimberley Adams

Africa Finance Corporation (AFC) vient de procéder à une augmentation de son capital. Le principal fournisseur de solutions d’infrastructure sur le continent a levé 35,5 millions de dollars par les prises de participation de la part du Seychelles Pension Fund (SPF), du gouvernement de Sierra Leone et du Ghana Infrastructure Investment Fund (GIIF). Ces trois investissements portent les fonds propres de la société à 2,3 milliards $ à la fin du mois de mars.

Conformément à l’objectif stratégique de la société de diversifier sa base d’actionnaires, la prise de participation du fonds de pension des Seychelles représente une étape importante en tant que premier actionnaire des États de l’océan Indien, commente la société.

« Notre modèle économique consiste à lever des capitaux aussi divers que possible, pour investir en Afrique », explique le PDG de l’Africa Finance Corporation, Samaila Zubairu. Qui devrait préciser ses intentions lors du prochain sommet Infrastructure Solution, le 12 mai 2022 à Abuja (Nigeria).

« Devenir actionnaire de l’AFC est une première étape dans la construction d’un partenariat avec la société », explique Nisreen Abdul Majid, directrice générale du Seychelles Pension Fund. Et donc, « nous sommes désireux de travailler avec l’AFC en tant que partenaire privilégié pour co-développer et co-investir dans certains des projets d’infrastructure transformateurs prévus aux Seychelles ».

En tant que l’un des membres fondateurs de l’AFC, la Sierra Leone, par son nouvel investissement, renforce sa relation bilatérale avec la société en devenant le cinquième pays d’Afrique de l’Ouest à la rejoindre en tant qu’actionnaire.

De son côté, actionnaire et partenaire de longue date, le Ghana Infrastructure Investment Fund, a augmenté sa participation au capital. Le GIIF est un véhicule d’investissement créé par le gouvernement ghanéen avec une participation initiale de 325 millions $ pour servir de catalyseur afin de mobiliser des fonds du secteur privé dans des actifs d’infrastructure dans le pays. Le GIIF a effectué une prise de participation initiale de 10 millions $ en 2019 et vient donc d’y ajouter 20 millions $ supplémentaires.

 

Des besoins immenses

Pour Solomon Asamoah, le directeur général du GIIF, l’« AFC est bien plus que son bilan ». La société « possède les connaissances et l’expertise technique nécessaires pour fournir de bonnes infrastructures dans le contexte africain », juge le responsable. Qui souligne des investissements « correctement structurés avec de bons rendements et qui attirent des financements internationaux de très haut niveau dans des projets qui sont bons pour le pays ».

Samalia Zubairu, PDG de l’AFC, explique la démarche : « Une prise de participation permet à l’AFC de participer stratégiquement au développement des infrastructures avec un partenaire qui comprend les besoins du pays ».

À court terme, l’institution aide ses États membres à faire face aux conséquences de la pandémie sur les économies nationales, notamment en soutenant leurs efforts de gestion des liquidités et des réserves de change.

D’autre part, Africa Finance Corp. prévoit de vendre des actions de ses opérations sur les Bourses de Londres et des Émirats arabes unis afin de lever des capitaux et de financer le développement des infrastructures sur le continent.

La structure basée au Nigeria a l’intention de combiner des actifs dans le domaine des énergies renouvelables, des ports et des parcs industriels et de les proposer aux investisseurs par le biais d’une IPO (introduction sur le marché) au cours des trois prochaines années, a confirmé Samaila Zubairu à la presse financière. La valeur d’une telle opération n’a pas encore été déterminée car certains des projets sont en cours.

« Nous avons développé ce que nous appelons une stratégie de plateforme, qui nous permet de tirer des actifs qui ont une envergure similaire, puis de lever des capitaux sur leur propre bilan », explique le PDG, cité par l’agence Bloomberg. « Nous examinons comment nous pouvons obtenir des sources de financement supplémentaires. »

Samaila Zubairu, PDG de l’Africa Finance Corp.

 

L’institution financière de développement a investi plus de 9,5 milliards $ dans les secteurs de l’électricité, de la logistique et de l’exploration dans 35 pays africains depuis sa création. Cela comprend des investissements dans une centrale hydroélectrique de 44 mégawatts en Côte d’Ivoire, un projet de parc éolien de 60 mégawatts à Djibouti et des installations portuaires au Gabon, en Mauritanie et au Ghana.

La société estime les besoins en infrastructures du continent à 170 milliards $ supplémentaires par an, mais le déficit ne fera que s’accroître en raison des problèmes de chaîne d’approvisionnement liés à la guerre en Ukraine, résume Samaila Zubairu.

L’AFC prévoit de construire environ dix parcs industriels ainsi que dix ports sur le continent d’ici à 2025. Ces actifs feront partie de ceux qui seront cotés en Bourse afin de lever davantage de capitaux. « Notre modèle économique consiste à lever des capitaux aussi divers que possible, pour investir en Afrique », conclut Samaila Zubairu. Qui devrait préciser ses intentions lors du prochain sommet Infrastructure Solution, le 12 mai 2022 à Abuja (Nigeria).

 @AB

 

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