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African Banker

Finance : Une diversification bien engagée

Largement dominé par les banques et les compagnies d’assurances, le système financier burkinabè compte des activités dynamiques de microfinance et de Mobile Money, qui ont fortement contribué, ces cinq dernières années, à améliorer l’inclusion financière. 

Par A.T.R. 

Avec quinze banques présentes sur son territoire, auxquelles il faut ajouter quatre établissements financiers à caractère bancaire, le Burkina Faso possède l’un des taux de pénétration (20 %) les plus faibles de l’Uemoa. Bien que dynamique, le réseau bancaire reste encore sous-dimensionné et très concentré. 

D’après une enquête du FMI sur l’accès aux services financiers, Financial Access Survey, publiée fin 2015, les trois premières banques du pays représentaient 78 % du total des actifs. Comme dans la plupart des membres de l’Uemoa, ce sont les groupes bancaires panafricains qui occupent les premières places en ce qui concerne la pénétration d’intérêts étrangers et apparaissent, de fait, d’importance systémique. 

Le système financier présente des risques faibles, les engagements des banques auprès du secteur privé restant sous contrôle ; l’exposition aux non-résidents est relativement élevée. Pour le FMI, le système bancaire est solide et stable. Il pourrait davantage se développer dans les segments mal desservis de l’économie nationale.

Toujours selon le FMI, dans un rapport publié sur le pays en février 2019, le système bancaire répond essentiellement aux besoins de clients établis ; il draine une grande quantité d’obligations d’État sur le marché régional des titres. Globalement, l’inclusion financière reste faible.

En dépit des progrès récents réalisés en matière d’accès élémentaire au système financier, d’importants obstacles subsistent, tel que l’accès au crédit, notamment pour les femmes, les populations vivant en zones rurales et le secteur agricole. 

Parallèlement aux banques classiques, le Système financier décentralisé (SFD) s’est développé pour répondre aux besoins financiers des populations exclues du système financier.

Née des initiatives communautaires de base, la microfinance s’est progressivement étendue, au début des années 2000, à un plus grand nombre de bénéficiaires. De nos jours, les opérateurs d’argent mobile connaissent également un essor spectaculaire dans le pays. Sur la seule période 2014-2017, le nombre de points de service de porte-monnaie électronique a été multiplié par cinq. 

Un système fiable 

Le système financier et la financiarisation de l’économie se sont développés de manière régulière. Le FMI note, en 2017, une augmentation des avoirs intérieurs nets de 13 % en 2017.

De son côté, le ratio crédit au secteur privé/PIB s’établissait à 31,3 % fin 2017, contre 30,4 % un an plus tôt. Malgré un accroissement cyclique du crédit sur la période 2014-2015, les risques systémiques restent faibles. Selon les experts, l’expansion du crédit se situe à des niveaux qui minimisent les risques d’intensification des facteurs de vulnérabilité financière.

Cette solidité du système s’explique par un écart de crédit cyclique (soit la différence entre le ratio crédit/PIB et sa tendance à long terme) qui demeure en deçà de 2 %. Signe de risques systémiques faibles. 

Or, les prêts octroyés à l’économie réelle dépendent en partie de la capacité des banques à mobiliser leurs liquidités de manière rentable sur le marché régional. Les sorties régulières de capitaux depuis la transition politique de 2014 et l’incertitude économique grandissante se sont traduites par une augmentation des avoirs extérieurs nets des banques nationales entre 2015 et 2017.

La santé des pays voisins joue donc un rôle de premier plan pour le système bancaire burkinabè, puisque l’exposition des banques aux non-résidents a atteint 14,5 % du PIB en 2018. L’exposition au secteur public intérieur demeure moindre avec des créances nettes des banques représentant 3,5 % du PIB.

Tandis que les engagements nets des banques envers le secteur privé (sociétés non financières et ménages) se chiffrent à 5,5 % du PIB. Pour le FMI, le système bancaire est solide et stable. Il pourrait davantage se développer dans les segments mal desservis de l’économie nationale.

A.T.R. 

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