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UNFPA : Des actions pour le bien-être des populations

À Bamako, une filière de Management des services de santé a été ouverte à l’Institut national de for­mation en sciences de la santé (INFSS). À Niamey, la spécialité porte sur la santé reproductive, avec une option gynécolo­gie et obstétrique, à l’École nationale de santé publique Damouré Zika (ENSP-DZ).

Enfin, l’université Al-Azhar du Caire, l’institution qui fait référence dans l’islam sunnite, est un partenaire important. Afin de faire porter le message de la planifi­cation des naissances par les personnes les plus influentes dans leurs sociétés, un atelier de formation de 42 leaders reli­gieux du Sahel a été organisé, en avril 2018 au Caire, par le Centre islamique interna­tional pour la recherche et les études en population de l’université Al-Azhar.

Résultats et impact

Au sein du système des Nations unies, plusieurs agences dont ONU Femmes, l’OMS et l’Unicef participent à l’effort. Plus de 150 structures privées se sont engagées à travers la région, dont Facebook, Orange et Ecobank, pour appuyer le SWEDD, soit financièrement, soit par le renforcement des capacités, ou encore via des projets conjoints visant à créer des opportunités d’emploi pour les populations. Enfin, tout un réseau de leaders d’opinion s’est créé à la faveur du projet, comprenant les Premières dames, les jeunes, les chefs religieux et les com­municateurs traditionnels.

La campagne de communication s’est soldée par un vaste effort de sensibi­lisation, en touchant plus de 284 millions de personnes avec des spots vidéo, repris par les chaînes de télévision, les médias en ligne et les réseaux sociaux.

En outre, des milliers de personnes ont été tou­chées par le biais de la presse écrite et 3,3 millions via les réseaux sociaux. Les Premières dames des pays partenaires ont mené des actions à travers leurs fon­dations ou leur appui au projet SWEDD. Leur engagement s’est traduit par des « Side Events » en marge de l’Assemblée générale des Nations unies et du Sommet de l’Union africaine, sous la houlette de la Première dame du Niger, Lalla Malika Issoufou, qui lutte notamment contre les mariages précoces.

La scolarisation des filles progresse, avec un taux d’admission passé à 81 % en moyenne pour les 75 établissements ciblés par le projet SWEDD au Mali. L’abandon scolaire des filles a reculé en Côte d’Ivoire grâce à un appui nutrition­nel (repas chauds servis pour tous dans les écoles).

La prévalence des méthodes modernes de contraception a augmen­té, avec 4,3 millions de nouvelles utilisa­trices de 2016 à 2018 dans les six pays. De plus, la part des jeunes filles de 15-19 ans mariées a marqué partout une légère baisse, le Burkina Faso étant passé de 28,4 % à 26,3 % entre 2015 et 2018, le Tchad de 39 % à 37,3 % et le Niger de 59 % à 56,2 %.

En dehors des 1 640 clubs de maris installés, le SWEDD a permis d’édifier 3 400 « espaces sûrs » qui ont bénéfi­cié à 102 000 adolescentes. De même, 100 000 jeunes filles bénéficient de pro­grammes d’autonomisation économique, qui comprennent l’accès aux métiers dits « non-traditionnels » comme la méca­nique, au Tchad. Six observatoires natio­naux du dividende démographique ont été mis sur pied, pour permettre à chaque pays de suivre des indicateurs précis.

Entre 2015 et 2018, le nombre de sages-femmes et infirmiers dans les six pays du SWEDD est passé de 31 043 à 35 775. Avec les centres d’excellence, le Sahel disposera d’ici à 2020 de 126 profes­sionnels de niveau Master, qui pourront à leur tour former leurs pairs : les étudiantes et étudiants sélectionnés s’engagent à servir pendant trois ans en tant que formateur.

L’effort se poursuit, avec le passage en revue, par un groupe de juristes, de tous les textes existant sur l’autonomi­sation des femmes. Juristes, parlemen­taires et activistes ont été réunis début 2019 à Nouakchott en Mauritanie pour établir un plan de travail en vue d’amé­liorer l’environnement légal relatif aux droits des femmes – Code de la famille, accès à la propriété, lois sur l’équité, etc.

En plus de la volonté politique des pays membres du SWEDD de participer à l’investissement dans l’autonomisation des femmes et le capital humain en tant que stratégie de développement pour la croissance, d’autres engagements nécessaires à la mise à l’échelle du projet se concrétisent, notamment grâce à la table ronde de Niamey au Niger.

Chaque pays est chargé d’examiner les retards éventuels, en vue d’une mise à niveau générale qui pourrait s’aligner sur l’exemple du Sénégal, le pays le plus avancé en la matière, même s’il ne fait pas encore partie du projet SWEDD.

Potentiel du partenariat

En août 2018, le Comité de suivi de la déclaration d’Addis-Abeba sur la population et le développement, réuni à Accra au Ghana, a adopté une résolu­tion demandant à l’UA de faire passer le projet SWEDD à l’échelle continentale.

En attendant, les potentiels du par­tenariat sont multiples. Au niveau des pays impliqués, le SWEDD représente un outil d’intégration régionale, de partage de bonnes pratiques et de coopération Sud-Sud. Les équipes des sept pays se rendent visite, s’évaluent et tirent les leçons de leurs expériences. Si le projet avait été lancé sans concertation, l’impact n’aurait pas été aussi important.

Les questions de genre sont élevées au rang de priorités nationales, avec les budgets nécessaires. Une étude menée par le SWEDD évalue l’ampleur des défis, en identifiant les populations à risque, surtout parmi les adolescentes, pour proposer des interventions qui leur per­mettront de libérer leur plein potentiel en tant qu’adultes. La logique de partenariats public-privé, qui prévaut pour le SWEDD, permet au secteur privé d’apporter des financements, mais aussi de l’innovation.

Par exemple, la start-up ivoirienne Solar Pak a fourni des sacs à énergie solaire qui permettent aux jeunes de s’éclairer pour étudier. L’initiative burki­nabè I-Civil permet aux enfants d’avoir leur extrait de naissance – un premier jalon dans la lutte contre le mariage pré­coce.

En plus de la volonté politique des pays membres du SWEDD de participer à l’investissement dans l’autonomisation des femmes et le capital humain en tant que stratégie de développement pour la croissance, d’autres engagements nécessaires à la mise à l’échelle du projet se concrétisent, notamment grâce à la table ronde de Niamey au Niger.

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