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African Banker

BAD : Des initiatives en faveur de l’intégration régionale

Le fonds avait reçu à sa création 30 millions $ de la Guinée équatoriale et 10 millions $ de l’Angola, ainsi que des fonds provenant du Malawi, du Mali, du Niger et du Liberia.

Jennifer Blanke, vice-présidente de la BAD pour l’Agriculture et du développement humain et social, a, pour sa part, mis l’accent sur les défis agricoles auxquels est confrontée l’Afrique, qui dépend largement des importations agricoles. « Il est tellement important que l’ASTF montre que des pays africains financent des initiatives pour l’Afrique », a-t-elle souligné. 

Sur les 17 millions $ alloués, 10 millions $ ont été accordés par l’Angola, 2,6 millions $ par la Chine, 2,25 millions $ par la France, 2 millions $ par la Guinée équatoriale et 100 000 $ par le Zimbabwe.

La Suisse a également signé deux accords avec la Banque, représentant 3,26 millions $, pour contribuer au financement de deux initiatives majeures : l’E-Lab (laboratoire d’entreprenariat), dédié aux jeunes entrepreneurs innovants, et le Fonds de développement urbain et municipal pour l’Afrique (UMDF), qui aide les villes africaines à planifier et gérer la croissance urbaine et le développement résilient au changement climatique en améliorant la gouvernance et les services de base.

D’abord déployé en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Ghana, au Nigeria et en Afrique du Sud, E-Lab proposera aux jeunes entrepreneurs une assistance financière et technique, ainsi que des incubateurs, des accélérateurs d’entreprises et des gestionnaires de fonds. 

Des fonds pour l’Afrique centrale 

Résultat d’un partenariat entre la BAD et la BEI (Banque européenne d’investissement), l’initiative s’inscrit dans la stratégie de la banque de créer 25 millions d’emplois d’ici à 2025. L’un des objectifs de cette rencontre de la BAD était d’attirer des capitaux en faveur de la région la moins développée d’Afrique : l’Afrique centrale. 

Certes, la croissance du PIB d’Afrique centrale est passée de 1,1 % en 2017 à 2,2 % en 2018, mais elle est restée bien en deçà de la moyenne subsaharienne de 3,5 %, la région souffrant d’un accès difficile aux marchés et d’un commerce transfrontalier très faible. 

Selon le rapport Perspectives économiques 2019 de la BAD, dévoilé lors des réunions de Malabo, c’est l’Afrique de l’Est qui a affiché le taux de croissance le plus élevé du continent, avec 5,7 % en 2018, et une prévision de croissance de 5,9 % en 2019, et 6,1 % en 2020. Le rapport a prévu une croissance de 4 % en moyenne pour l’ensemble du continent en 2019, et de 4,1 % en 2020. 

Parmi les recommandations faites, qui pourraient permettre d’atteindre un taux de croissance de 4,5 % du PIB, figurent la suppression des tarifs douaniers bilatéraux, le maintien de règles d’origine simples et transparentes, l’élimination de toutes les barrières non tarifaires sur la circulation des biens et services et la mise en oeuvre des accords de facilitation du commerce de l’OMC. L’Afrique centrale est paralysée en raison de la situation sécuritaire, en particulier dans l’est de la RD Congo et près du lac Tchad, qui crée une instabilité au Tchad, au Cameroun et au Nigeria. 

Lors de la cérémonie de clôture de l’événement, Akinwumi Adesina s’est inquiété de la présence dans cette zone du « triangle du désastre », où le chômage, la pauvreté et la dégradation de l’environnement constituent une menace : « Quand ces trois facteurs sont réunis, l’instabilité s’installe. » Le président, qui espère accroître les revenus et réduire les dépenses de la banque, a précisé que la BAD avait investi 30 milliards $ dans la région ces sept dernières années. 

Électricité et paix 

La BAD a divers projets en cours : mobiliser des fonds norvégiens et britanniques pour le Fonds dédié à la forêt du Bassin du Congo en vue de limiter le rythme de la déforestation pour les 80 millions de personnes vivant à proximité, et financer des routes reliant Brazzaville avec la République centrafricaine et le Tchad. « Cette région possède des terres arables, des forêts, de l’eau, une grande biodiversité, qui en font l’une des régions les plus riches du monde en ressources naturelles », a-t-il précisé. 

Le nouveau ministre des Finances de Guinée équatoriale, César Mba Abogo, a estimé que l’Afrique devait créer 55 millions d’emplois décents d’ici à 2035 afin de capitaliser sur l’essor phénoménal de la population du continent.

Il a applaudi l’engagement de la banque vis-à-vis de la région, et affirmé qu’elle donnait l’opportunité de renforcer les gains en matière de développement. « Ces assemblées annuelles sont indispensables et la région qui en tirera le plus profit est l’Afrique centrale. Nous ouvrons notre région et nous la promouvons. » 

Un débat a réuni le président de Guinée équatoriale, son homologue centrafricain Faustin Archange Touadéra, le président de la RD Congo Félix Tshisekedi, ainsi que le roi du Lesotho (Afrique australe) Letsie III, David Mohato Bereng Seeiso, et le Premier ministre d’Eswatini, Ambrose Mandvulo Dlamini. Tous se sont engagés à stimuler l’intégration régionale pour accélérer le développement du continent. 

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