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African Banker

BAD : Des initiatives en faveur de l’intégration régionale

Comment augmenter la part du commerce intra-africain, qui ne représente, dans le continent, que 18 % du total ? Le thème de l’intégration régionale a dominé les assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, qui se sont tenues en Guinée équatoriale.

Par Thomas Collins, envoyé spécial à Malabo 

Après l’Inde et la Corée du Sud, la BAD (Banque africaine de développement) est revenue en Afrique cette année pour ses 54e assemblées générales annuelle, en Guinée équatoriale, à Malabo.

Sous le thème de l’« intégration régionale pour la prospérité économique de l’Afrique », l’événement, a réuni, durant quatre jours, des membres de gouvernement, des entreprises privées et des institutions de développement, qui ont débattu de l’harmonisation des échanges transfrontaliers à travers le continent. 

L’un des objectifs de ce sommet de la BAD est d’attirer des capitaux en faveur de l’Afrique centrale, dont la croissance, certes en hausse, reste inférieure à la moyenne subsaharienne. La région souffre d’un accès difficile aux marchés et d’un commerce transfrontalier très faible. 

Se félicitant que 24 pays aient ratifié le traité de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), qui va créer une zone libre de droits de douane représentant 3 300 milliards de dollars, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a ouvert le forum en insistant sur l’ampleur de la tâche à accomplir. « En Europe, le commerce régional représente 70 % du total ; en Asie, 60 % et en Afrique, seulement 18 % », a-t-il insisté.

Le faible niveau du commerce intra-africain est un obstacle majeur au développement de l’Afrique et on doit prendre davantage de mesures pour maintenir les richesses sur le continent, a-t-il poursuivi. « Isolés et divisés, les pays d’Afrique sont faibles. Unis, ils seront très forts. L’élimination des barrières douanières suffira à stimuler le commerce d’au moins 53 %, voire à le doubler. »

Dans le cadre de ses cinq priorités stratégiques – électrifier l’Afrique, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains –, la BAD renforce l’intégration régionale sur le continent.

Un milliard $ a été investi dans le financement du commerce, et un milliard $ supplémentaire dans le partenaire de la banque, Afreximbank, spécialisée dans le commerce intra-africain. 

De nouveaux mécanismes 

Ainsi, 630 millions $ ont-ils été accordés à deux banques sud-africaines, FirstRand et Absa, afin de stimuler le commerce entre le géant de l’Afrique australe et vingt autres pays.

En marge des assemblées annuelles, la banque a lancé le Mécanisme africain d’inclusion financière numérique (ADFI) avec ses partenaires – la Fondation Bill & Melinda Gates, l’État du Luxembourg et l’AFD (Agence française de développement).

Pierre Guislain, le vice-président de la BAD, en charge du secteur privé, des infrastructures et de l’industrialisation, a précisé que l’objectif était de faire en sorte qu’au moins 320 millions d’Africains supplémentaires, dont près de 60 % de femmes, aient accès aux services financiers numériques. 

Bien que la pénétration du téléphone mobile et de l’accès à l’Internet aient beaucoup augmenté en Afrique, malgré des écarts considérables d’un pays à l’autre et entre les villes et les zones rurales, on estime que seulement 43% des adultes du continent possèdent un compte bancaire.

Ce mécanisme allouera 400 millions $, d’ici 2030, pour élargir l’accès des personnes à faible revenu aux services financiers électroniques. «L’inclusion financière, réalisée à l’aide de modèles de services financiers numériques, est à la fois une stratégie de lutte contre la pauvreté et le moteur d’un développement économique durable en Afrique », a expliqué Michael Wiegand, directeur du Programme des services financiers pour les pauvres à la Fondation Bill & Melinda Gates.

La Fondation Gates a octroyé une subvention de 11,3 millions $, comme premier financement du mécanisme, à la BAD et à la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest). 

Défis agricoles 

D’autre part, des dignitaires se sont engagés à allouer 17 millions $ au Fonds fiduciaire africain de solidarité (ASTF), une initiative dont l’objectif est d’assurer la sécurité alimentaire et d’éliminer la pauvreté dans les zones rurales du continent.

Ces engagements ont été pris lors d’une table ronde organisée la FAO et le président de Guinée équatoriale, Obiang Nguema Mbasogo, qui estime que le fonds est un « tournant dans la lutte contre l’insécurité alimentaire ». 

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