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African Banker

ETI, une holding solide soumise aux risques de change

Les analystes de Fitch Ratings ont maintenu leur notation à l’égard de ETI, la structure faîtière du groupe Ecobank. Ils relèvent que la hausse du dollar, consécutive aux relèvements des taux américains, fait peser un risque nouveau, mais que la holding a les reins solides.

 

Par Kimberley Adams

L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note dite de « défaut émetteur » (IDR) à long terme de Ecobank Transnational Incorporated (ETI), à « B- » avec une perspective stable.  L’IDR à long terme de ETI est déterminé par sa solvabilité autonome, hors du soutien de ses filiales. ETI est la holding bancaire non opérationnelle (BHC) du groupe Ecobank.

L’appréciation tient compte d’une franchise bancaire panafricaine « de premier plan », d’une forte diversification des revenus, d’une amélioration de la qualité des actifs, d’une rentabilité opérationnelle saine et d’un profil de financement et de liquidité solide. Toutefois, ces considérations sont en balance avec l’exposition accrue du groupe au risque de change et sa capitalisation modérée.

En effet, le statut de holding présente un double effet de levier » élevé » sur les actions ordinaires et du fait que la majorité des opérations du groupe se situent en dehors de la juridiction du domicile de ETI. Cette fois, ces considérations sont en balance avec une gestion qualifiée de « prudente » des liquidités de la structure.

Enfin, le profil de financement de ETI semble « solide », signale Fitch ; le groupe bancaire bénéficie d’un pourcentage élevé de comptes courants et d’épargne et d’une faible concentration de déposants.

ETI, c’est donc avant tout « une forte franchise panafricaine ». Le groupe possède des filiales dans 33 pays d’Afrique subsaharienne et ses actifs s’élevaient à 27 milliards de dollars à la fin du premier trimestre 2012, ce qui en fait l’un des plus grands groupes bancaires du continent en dehors de l’Afrique du Sud. La forte diversification des revenus est soutenue par une large empreinte géographique et d’importants revenus autres que d’intérêts, qui représentaient 45% du revenu d’exploitation en 2021.

Néanmoins, le risque de change est accru. Le groupe est exposé à la dépréciation des devises africaines, par le biais de ses participations dans des filiales, étant donné que sa monnaie de présentation est le dollar. La dépréciation de certaines monnaies de l’Afrique subsaharienne a entraîné d’importantes pertes de change dans les autres éléments du résultat global qui ont dépassé le bénéfice net, au premier trimestre 2022. L’impact des pertes de change sur la capitalisation est atténué par la déflation des actifs pondérés en fonction des risques en dollars, à mesure que les monnaies des pays d’Afrique subsaharienne se déprécient.

 

Une rentabilité saine

L’agence note une amélioration de la qualité des actifs : Le ratio de prêts douteux du groupe a diminué de 9,7 % à la fin de 2019 à 6,3 % à la fin du premier trimestre 2022. Fitch s’attend à ce que le ratio diminue encore à court terme, car certains des plus grands prêts douteux redeviennent performants. La couverture spécifique des prêts douteux par les provisions pour pertes sur prêts (72 % à fin mars 2022) s’est également améliorée ces dernières années.

Voilà donc un groupe qui présent « une rentabilité saine » : les rendements d’exploitation s’améliorent, grâce à une meilleure efficacité des coûts, à la réduction des charges de dépréciation des prêts et à la baisse de la densité de pondération des risques. Cependant, le groupe fait état d’importantes pertes de change, que Fitch s’attend à voir augmenter avec la pression exercée sur les devises africaines, compte tenu de la hausse des taux d’intérêt américains. La FED a d’ailleurs relevé ses taux directeurs de 0,5 point de pourcentage, le 4 mai 2022, prévenant de possibles hausses ses prochains mois.

Enfin, le profil de financement de ETI semble « solide », signale Fitch : le groupe bénéficie d’un pourcentage élevé de comptes courants et d’épargne et d’une faible concentration de déposants. Le faible ratio prêts bruts/dépôts des clients du groupe (52% à la fin de 2021) reflète son petit portefeuille de prêts, qui soutient une forte couverture des liquidités en devises fortes et locales. Une dette de 490 millions $ de la banque arrive à échéance en 2022 ; la direction prévoit de la refinancer en grande partie par une dette senior non garantie émise par la holding. En cas de soucis, les différentes banques devraient être soutenues par les autorités souveraines ; il n’en serait pas de même pour la holding, préviennent les experts financiers.

@AfricanBanker

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