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African Banker

Dr Adesola Adeduntan : Comment bien faire en faisant le bien

 

Sur le plan intérieur, prévoit-il une nouvelle consolidation ? « Dans certaines limites », répond-il. « Tout ce qui permettrait le renforcement de l’ensemble du secteur bancaire, j’en suis sûr, le gouverneur de la Banque centrale y serait favorable. »

Il souligne également la démographie et le taux élevé de personnes non bancarisées comme de grandes opportunités pour la croissance du secteur à l’échelle continentale. « Selon l’Unicef, deux milliards de bébés naîtront en Afrique au cours des 30 prochaines années », poursuit-il.

« Nous avons toujours souligné que la rentabilité est très importante pour nous chez FirstBank, mais la croissance économique et le développement national sont tout aussi importants et répondent à la question de la durabilité. », dixit Dr Adesola Adeduntan

« Et dans des endroits comme la RD Congo, où FirstBank est présente, la pénétration financière n’est que de 5%. » Rapprochez les deux chiffres et, en théorie du moins, vous obtenez de nombreuses opportunités. Mais il ajoute la mise en garde très importante que les données démographiques ne sont bonnes que si elles sont appréhendées correctement.

 

Soutenir les champions nationaux

En 125 ans, tout n’a pas été simple pour la banque. Adeduntan a hérité d’une structure fortement exposée aux secteurs du pétrole et du gaz et de l’énergie, à un moment où les prix ont considérablement chuté, entraînant la dépréciation du naira par rapport au dollar.

Il considère que sa direction a résisté à la tempête, réduit la part des créances douteuses à moins de deux chiffres, et a renforcé l’infrastructure du risque, permettant ainsi à la banque de mieux faire face aux ralentissements cycliques, à l’avenir.

Discutant du rôle des grandes entreprises dans le paysage commercial, Adeduntan considère qu’il est essentiel de conserver de grandes banques comme FirstBank, tout comme il est essentiel d’avoir des entreprises championnes nationales qui ont l’ampleur et les moyens de réaliser des investissements transformateurs.

Ces entreprises ont besoin d’institutions financières d’échelle similaire pour les soutenir. L’investissement du groupe Dangote dans ce qui deviendra la plus grande raffinerie de pétrole du continent en est un exemple, ajoute-t-il.

Rôle de la Banque centrale

Nous évoquons la place du régulateur et le rôle de la Banque centrale. Croit-il que les institutions sont trop interventionnistes, en dictant combien les banques devraient prêter, où elles devraient placer leurs actifs?

Adeduntan a refusé de se laisser entraîner dans les critiques du régulateur, avec qui lui et d’autres PDG de banques entretiennent des relations solides, selon lui. Pour autant, il concède que le rôle d’une Banque centrale dans le développement d’une économie émergente est clairement différent de celui d’une Banque centrale dans une économie développée.

« Il n’est pas rare que la Banque centrale intervienne dans des domaines critiques, comme le ratio prêt / dépôt. C’est une question de croissance économique ; c’est une question de développement » ; il s’agit de canaliser le crédit dans des secteurs très importants pour l’économie nationale.

« Prenons l’agriculture, – nous sommes l’un des principaux prêteurs dans ce domaine. Nous avons trouvé l’intervention de la Banque centrale dans certains de ces domaines critiques extrêmement utiles et pas seulement pour nous en tant que banque, mais pour le pays dans son ensemble. »

Il faut situer l’intervention dans l’agriculture dans le contexte de la taille de la population. « Le Nigeria est un pays de 200 millions d’habitants aujourd’hui,  c’est une entreprise stratégique que de nourrir 200 millions de personnes ! Tout ce qui est fait pour nous assurer qu’au moins nous sommes autosuffisants dans la production alimentaire est stratégiquement important. Nous trouvons l’intervention de la Banque centrale dans ces domaines très utile et d’importance nationale. »

Le PDG reflète l’attitude positive de nombreux entrepreneurs nigérians vis-à-vis de l’avenir du pays. Il accorde beaucoup de temps au Conseil consultatif économique – composé de chefs d’entreprise et d’économistes reconnus –, qui a été constitué par le président Muhammadu Buhari. Et malgré certains critiques selon lesquelles le gouvernement n’est pas soucieux de l’économie, il juge que son gouvernement est favorable aux entreprises.

Banque éthique

Il est près de 10 heures du soir lorsque nous terminons notre conversation, sa journée ayant commencé à 7h30. Nous revenons à la durabilité et au rôle des services financiers, pour nous assurer qu’ils prêtent à des institutions qui respectent l’éthique de l’entreprise et opèrent de manière durable.

Il réplique que ce voyage a bien commencé, même s’il n’en est qu’à ses débuts. « Mais finalement, poursuit-il, c’est là que nous nous dirigeons. »

Le Nigerian Sustainable Banking Principle aborde cette question particulière. « Cela ressort clairement des remarques que j’ai formulées aujourd’hui, vous pouvez dire que FirstBank est une banque qui est heureuse de renoncer à quelques points de base de marge nette, si pour cela elle contribue au développement d’une manière plus éthique et durable. »

« Nous avons toujours souligné que la rentabilité est très importante pour nous chez FirstBank, mais la croissance économique et le développement national sont tout aussi importants et répondent à la question de la durabilité. »

ENCADRE

À propos de First Bank of Nigeria

La First Bank of Nigeria Limited a été créée en 1894. Elle a commencé comme avec un capital initial de 12 000 £ à Lagos, au Nigeria, négociée sous le nom de Bank of British West Africa (BBWA). Son fondateur était Alfred Lewis Jones, un magnat du transport maritime.

Aujourd’hui, la banque propose une gamme complète de services financiers aux particuliers et aux entreprises. Elle s’est développée à l’extérieur du Nigeria et actuellement, les empreintes internationales de la banque s’étendent au Royaume-Uni avec FBN Bank (UK) Limited à Londres et à Paris; la RD Congo, le Ghana, la Gambie, la Guinée, la Sierra Leone et le Sénégal, sous la marque FBNBank ; et à Pékin, en Chine, par le biais du bureau de représentation de FirstBank.

Elle a réussi à accroître considérablement sa présence dans le commerce de détail grâce à ses 46 000 FirstMonie Agents à l’échelle nationale. À travers le réseau d’agents bancaires, la banque a contribué à la création de 150 000 emplois. C’est l’une de ses principales approches pour favoriser l’inclusion financière, ce qui lui permet d’offrir des services bancaires sans avoir à investir dans un modèle d’agences.

En termes de services numériques, la banque compte plus de 9 millions de clients sur sa plate-forme USSD [mobile] – elle compte plus de 19 millions de comptes clients – et a traité 799 millions de transactions d’une valeur de 3,1 milliards de nairas (7,7 millions d’euros) sur sa plateforme bancaire USSD.

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