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Dossier Banque numérique et PME

Pourquoi la numérisation est essentielle

Pourquoi la numérisation est essentielle
  • Publiéaoût 16, 2022

La numérisation envahit aujourd’hui pratiquement tous les aspects de la vie, y compris la banque. Un effort concerté est nécessaire pour mettre le continent à niveau, pour profiter des avantages de la technologie, et pour éviter l’exclusion.

 

Dans le monde entier, des millions de PME ont massivement rationalisé leurs tâches administratives grâce à l’utilisation de la banque numérique, qui leur permet d’effectuer des opérations financières complexes sans quitter le bureau. Malheureusement, ce n’est pas vrai partout, l’Afrique étant quelque peu à la traîne dans la course à la numérisation.

Malgré le rôle crucial des PME dans l’économie africaine et les avantages apportés par la banque numérique, seule une partie des petites entreprises africaines utilisent ces services, comme en témoigne l’étude d’African Banker et de Backbase.

Les entreprises africaines pourraient bientôt avoir de plus en plus de mal à fonctionner dans un monde de plus en plus numérique.

Plusieurs jalons importants de l’informatique ont cinquante ans cette année. Le langage de programmation C, les disquettes, les premières connexions internationales ARPANET et le jeu vidéo Pong, qui a fait date, sont tous apparus en 1972, ce qui signifie que nous sommes maintenant confortablement installés dans l’ère numérique depuis un demi-siècle. Affirmer aujourd’hui que l’avenir sera numérique ne vous donnera peut-être pas la même réputation de prophète que de faire la même prédiction au début des années 1970, mais cette affirmation n’en est pas moins importante en 2022.

La fracture numérique qui entrave les PME en Afrique est un problème complexe, qui découle de l’hésitation des consommateurs, d’une communication défectueuse de la part des banques et d’une facilitation insuffisante offerte par les autorités. Ce n’est pas un problème qui peut être résolu du jour au lendemain mais le travail doit commencer dès aujourd’hui.

La numérisation croissante de tous les aspects de la vie quotidienne a créé des merveilles qui dépassent même l’imagination des pionniers de l’informatique. La pandémie de coronavirus n’a fait qu’accélérer ce processus, faisant passer les services numériques du statut de commodité à celui de nécessité.

Or, le processus est loin d’être homogène à travers le monde, de nombreuses régions d’Afrique étant toujours absentes de l’industrie du numérique. C’est un signe inquiétant pour l’avenir du continent, car la tendance à la numérisation et au changement d’industrie ne montre aucun signe de ralentissement. Selon la Société financière internationale d’ici à 2030, plus de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques.

Pour bien comprendre à quelle vitesse l’économie mondiale évolue sous la poussée du numérique, rappelons que, toujours selon la SFI, deux tiers des enfants qui entrent aujourd’hui à l’école primaire « finiront par occuper un emploi qui n’existe pas encore ».

 

Pas de précipitation pour les banques numériques

L’étude menée conjointement par African Banker et la plateforme bancaire Backbase montre les dures réalités de la numérisation africaine parmi les entreprises indépendantes. On le sait, les PME constituent l’épine dorsale de l’économie africaine, représentant 40 % du PIB du continent et offrant 60 % de l’emploi.

Malgré ce rôle central, moins de la moitié des PME utilisent un service bancaire numérique, quel qu’il soit, ce qui est, de manière peut-être surprenante, encore plus faible que le taux de numérisation parmi les clients individuels.

Les PME africaines devraient adopter les services bancaires numériques et les avantages qu’ils procurent. La banque numérique semble particulièrement attrayante pour les entreprises opérant dans des zones rurales ou isolées qui n’ont pas accès aux banques physiques. Les autorités devraient également encourager cette évolution, car l’infrastructure numérique est infiniment plus rapide et moins chère.

Des développements encourageants ont eu lieu au début de cette année, lorsque l’Union africaine a lancé son initiative African Smart Finance and Digital Banking, qui vise à utiliser la numérisation comme moyen de développer le marché des PME africaines et de renforcer la confiance des investisseurs. La banque numérique est plus qu’un simple outil d’efficacité, c’est aussi une passerelle vers un marché numérique entier. La pandémie a accéléré un processus déjà en cours, puisque 70 % des PME dans le monde ont intensifié leur utilisation des technologies numériques en raison de la pandémie. Le marché devenant de plus en plus en ligne, les entreprises qui n’ont pas de présence en ligne risquent d’avoir des difficultés. L’adoption de la banque numérique est le premier pas vers une constellation entière d’opportunités en ligne.

 

Un problème complexe

Les entreprises privées et publiques indépendantes ne sont pas les seules responsables du taux insuffisant de numérisation des entreprises africaines. Historiquement, les PME ont souvent été ignorées par les banques au profit des gros clients et des clients de détail, une tendance qui s’étend à la question de l’accès numérique. En outre, le secteur bancaire communique mal sur les avantages et les coûts des services numériques, ce qui conduit de nombreux propriétaires de PME à les considérer comme inutiles ou d’un coût prohibitif. Certains de ceux qui manifestent un intérêt pour les services bancaires numériques sont sans doute rebutés par le processus parfois alambiqué que les banques exigent de leurs clients pour ouvrir un compte d’entreprise.

La commodité et l’efficacité sont deux des caractéristiques les plus attrayantes des services bancaires numériques, et le fait d’exiger des clients qu’ils franchissent des obstacles bureaucratiques pour en profiter est non seulement contre-intuitif, mais constitue également un obstacle majeur aux services numériques.

Les acteurs étatiques devraient également faire davantage pour numériser l’Afrique. La construction d’une meilleure infrastructure numérique et la réduction des formalités administratives faciliteraient sans aucun doute la pénétration de la banque numérique dans la région. Certains endroits s’améliorent à cet égard, le gouvernement sud-africain ayant récemment annoncé des plans pour faciliter les affaires, tandis que des entreprises privées panafricaines comme Cassava Technologies améliorent l’accès à l’internet sur tout le continent ; mais des obstacles subsistent.

La fracture numérique qui entrave les PME en Afrique est un problème complexe, qui découle de l’hésitation des consommateurs, d’une communication défectueuse de la part des banques et d’une facilitation insuffisante offerte par les autorités. Ce n’est pas un problème qui peut être résolu du jour au lendemain. Le travail doit commencer dès aujourd’hui. Toutes les parties prenantes doivent faire davantage pour mieux préparer l’économie africaine à son présent numérique et à son avenir encore plus numérique.

@ABanker

 

Écrit par
Cornel Dixon

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