x
Close
African Banker

Des signes de résilience en Tunisie

Des signes de résilience en Tunisie
  • Publiémars 26, 2024

L’agence américaine Moody’s n’envisage plus de dégrader ses notations à l’égard des dettes de la Tunisie, notant une certaine capacité du pays à affronter ses échéances financières.

 

Il est loin de la coupe aux lèvres, mais l’horizon financier s’éclaircit quelque peu, pour la Tunisie. Moody’s Ratings a modifié la perspective de sa notation vis-à-vis des dettes publiques du pays de « négative » à « stable ». Concrètement, cela signifie que l’agence américaine n’envisage plus d’abaisser son rating dans un proche avenir. Cette « stabilité » s’applique aussi bien pour les dettes souveraines – à la notation peu flatteuse de Caa2 –, les émissions de la Banque centrale de Tunisie (BCT) que pour les prêts non garantis.

Ce changement de perspective reflète l’opinion de Moody’s selon laquelle les pressions auxquelles le gouvernement tunisien est confronté n’augmenteront ou ne diminueront pas de manière significative au-delà de ce qui est déjà acté.

D’un côté, le gouvernement tunisien est confronté à une probabilité non négligeable de défaut de paiement. De l’autre côté, les réserves de change ont fait preuve de résilience.

L’agence estime qu’une réduction significative du déficit du compte courant a soutenu la résilience de la réserve de change de la BCT, qui reste un soutien important, bien que limité, pour les prochains amortissements de la dette extérieure, comme le démontre le remboursement à partir des réserves d’une euro-obligation de 850 millions d’euros, en février 2024.

Le soutien financier extérieur, bien que ponctuel et limité par rapport aux besoins de financement du gouvernement, « souligne un degré résiduel de soutien de la part des partenaires internationaux de la Tunisie et maintient la capacité du gouvernement à rembourser sa dette extérieure », observe l’agence américaine.

Plus généralement, la note Caa2 reflète un degré élevé d’incertitude sur les sources de financement « dans un contexte de besoins de financement toujours importants », y compris un déficit budgétaire toujours élevé et un profil de maturité de la dette difficile.

Deux facteurs limitent la capacité de financement de la Tunisie : la base de financement domestique relativement petite du pays et l’absence de progrès pour obtenir l’approbation du FMI pour un nouveau programme de financement, « qui catalyserait un financement externe plus important de la part des partenaires multilatéraux et bilatéraux ».

 

Les risques demeurent

Dans le même temps, la structure de la dette, marquée par une part importante due à des créanciers officiels à des taux d’intérêt plus faibles et à des échéances plus longues, constitue un soutien essentiel au crédit.

Les plafonds de risque pays restent inchangés. Ils reflètent « des institutions relativement prévisibles, bien qu’affaiblies, contrebalancées par une large empreinte du secteur public, des déséquilibres extérieurs et un environnement politique et social difficile qui entrave l’environnement des affaires », constate Moody’s. Qui signale également « une dette extérieure élevée et un compte de capital relativement fermé, qui augmentent l’exposition des entreprises aux risques potentiels de transfert et de convertibilité ».

« Stable » ne signifie pas « sans risques ». D’un côté, le gouvernement tunisien est confronté à une probabilité non négligeable de défaut de paiement. De l’autre côté, les réserves de change ont fait preuve de résilience, soutenues tout d’abord par une réduction marquée du déficit du compte courant par rapport aux niveaux historiques et aux attentes des analystes.

Les réserves de change s’élèvent à 7,4 milliards de dollars en février 2024. Un montant proche des niveaux de janvier 2023 et équivalent à environ 3,5 mois de couverture des importations. Le volant de réserves reste un soutien crucial pour les prochains amortissements de la dette extérieure et a été directement utilisé pour le remboursement de l’euro-obligation de février 2024. Moody’s s’attend à ce que les réserves restent sujettes à des prélèvements potentiels, mais continuent à fournir au moins trois mois de couverture des importations d’ici la fin de l’année.

D’autre part, le déficit de la balance courante s’est fortement réduit, passant de 8,6 % du PIB en 2022 à une estimation de 2,6 % du PIB en 2023, son niveau le plus bas depuis 2009. La dynamique de l’économie du pays, en partie liée à celle de la zone euro – qualifiée d’« en demi-teinte » –, devrait se poursuivre en 2024.

Enfin, si le déficit du compte courant se creuse cette année, à environ 4,5% du PIB, en raison de la reprise partielle des importations, cela restera inférieur à la moyenne de près de 8 % du PIB enregistrée entre 2011 et 2023, reconnaissent les analystes.

@ABanker

Écrit par
Kimberley Adams

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *