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African Banker

Des financiers confiants pour le moyen terme

Des financiers confiants pour le moyen terme
  • Publiéfévrier 15, 2024

Malgré l’accroissement des incertitudes macroéconomiques et des tensions sur les marchés financiers et dans le secteur bancaire international, les leaders de l’industrie financière sont optimistes quant aux perspectives économiques à moyen terme.

 

Les leaders de l’industrie financière sont optimistes, vis-à-vis de l’Afrique, à horizon trois ans. Ils se montrent plus sélectifs aujourd’hui, y compris dans leur intérêt pour les nouvelles technologies. Tels sont les principaux enseignements du baromètre Deloitte de l’industrie financière, édité par le groupe Jeune Afrique, dont les conclusions avaient été présentées en marge du sommet AFIS voici déjà trois mois, et publié cette semaine.

Si l’enquête est un peu ancienne (septembre 2023) elle fait sortir des points saillants, nouveaux par rapport au sondage précédent. Les financiers africains ou exerçant en Afrique restent attentifs à l’inflation et aux conditions de taux ; parallèlement, ils continuent de porter une attention particulière à la gestion des risques cybercriminalité et sécuritaire notamment. Ils se montrent plus sélectifs dans leurs choix et se tournent davantage vers des fonds de garantie, privilégiant la recherche en gains de captal, parfois au détriment du financement de l’économie réelle, commente le rapport.

Les initiatives panafricaines (PAPSS, AELP, ZLECAf) et celles des monnaies numériques Banques centales continuent de susciter l’intérêt des acteurs du secteur et sont perçues comme un puissant catalyseur avec un impact sur l’activité.

Parallèlement, ils investissent prioritairement dans les technologies de l’information innovantes notamment dans les services managés ; ainsi, plus d’un dirigeant sur trois déclarent avoir lancé ou être prêts à lancer la migration vers le Cloud.

Pour l’heure, l’Intelligence artificielle est davantage une curiosité qu’une option. « Néanmoins, en progression de 10 points par rapport au dernier baromètre, la maturité digitale de nos leaders devrait s’accentuer, sous l’impulsion de l’open banking/insuring qui demeurent les catalyseurs clés de la transformation numérique », juge l’enquête.

De son côté, Paul Harry Aithnard, de Ecobank, confie en conclusion de l’enquête que son groupe est « convaincu que l’intégration de l’intelligence artificielle dans le modèle opérationnel est une étape cruciale pour rester à la pointe de l’innovation et pour améliorer l’expérience globale des clients ».

 

Pour un cadre prudentiel panafricain harmonisé

De plus, l’enquête révèle une défiance accrue envers les actifs numériques, qu’il s’agisse des crypto-actifs ou de la finance décentralisée. Ils ne sont que 30% à considérer les crypto-actifs comme une opportunité, contre 63% dans l’enquête de 2022. Une exception, les monnaies numériques de Banque centrale sont perçues comme favorisant l’inclusion financière, permettant la réduction de la fraude et l’accès aux marchés financiers. Elles auraient aussi l’avantage d’accentuer la résilience et la souveraineté de l’Afrique.

« Les indicateurs de performances financiers restent solides malgré la baisse de la rentabilité dans plusieurs secteurs, l’accès aux instruments de gestion du capital reste limité », indiquent les experts de Deloitte dans leur introduction.

En outre, les problématiques de liquidité et de refinancement via les marchés de capitaux subsistent du fait de niveaux d’accès et de profondeur des marchés jugés insuffisants par de nombreux dirigeants ; et ce, en dépit d’une augmentation du volume des transactions.

Cette problématique est particulièrement notable dans les opérations sur devises et les levées de fonds, en raison de réglementations strictes. Dès lors, les dirigeants accueillent avec enthousiasme l’instauration d’un cadre prudentiel panafricain harmonisé en matière de solvabilité et de liquidité. Tout en étant conscients des enjeux de la « finance verte ». Pour l’heure, une minorité des institutions africaines interrogées sont sur la voie du « zéro carbone », pourtant, bien que cette part progresse.

Dans ce contexte incertain, les institutions financières sont de plus en plus disposées à établir des partenariats avec la concurrence notamment en matière de développement de nouvelles activités, de gestion des risques et de digitalisation des processus internes. Ces partenariats permettraient d’optimiser la rentabilité des acteurs de manière équitable sur tout le secteur financier, commentent les enquêteurs.

Enfin, « convaincus que l’initiative panafricaine PAPSS est un accélérateur majeur de l’intégration régionale il est essentiel que nos leaders intensifient leurs efforts pour concrétiser rapidement les initiatives AELP (interconnexion des Bourses) et la Zlecaf (Zone de libre-échange) dont les impacts à court terme sont encore trop faibles ».

Au plan conjoncturel, compte tenu des événements ayant affecté l’Afrique en 2022-2023, seule une petite minorité des personnes interrogées la juge « plus attractive ». Le départ de géants de l’industrie comme Standard Chartered ou Société Générale ajoute à la confusion, même si leur retrait a bénéficié à des acteurs africains.

@ABanker

Écrit par
Kimberley Adams

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