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African Banker Opinion

Des banques sous-capitalisées dans l’UEMOA

Des banques sous-capitalisées dans l’UEMOA
  • PubliéSeptember 2, 2022

Le Fonds monétaire international presse les banques africaines à augmenter sensiblement leurs fonds propres, afin de se conforter aux standards internationaux. Le risque de concentration des banques, donc des risques que font peser les gros comptes, est le plus significatif, dans la zone UEMOA.

 

Les résultats des stress tests compilés indiquent que le système bancaire de l’UEMOA est « relativement résilient aux chocs de croissance économique et d’inflation », indique une note du FMI publiée en cette fin d’été 2022. L’institution monétaire présente le Programme d’évaluation du secteur financier effectué au sein de l’UEMOA. Elle émet une série de recommandations, notamment face à la possibilité d’une concentration des portefeuilles des banques, un facteur de risques accrus.

Certes, l’exposition des banques africaines aux gros emprunteurs privés est « un phénomène connu » ; en revanche, le risque pays a fortement augmenté en quinze ans, « en raison de la concentration de quelques émetteurs souverains dans le portefeuille des banques ».

Les études d’impact réalisées au printemps 2022 par les équipes du FMI indiquent que le degré élevé de concentration et l’insuffisance de liquidité des banques constituent les principaux risques pour le système financier de l’UEMOA.

Ainsi, aujourd’hui, le coût de la recapitalisation des banques, en pourcentage du PIB régional est-il limité. Il se situerait entre 0,5 et 1,5 point de pourcentage du PIB de l’UEMOA pour les risques de crédit et de taux d’intérêt, selon le degré de risque et les scénarios considérés. À l’inverse, le coût de recapitalisation est plus élevé pour le risque de concentration et s’élève à deux points de pourcentage du PIB de l’UEMOA.

Ce coût limité est dû à la taille relativement faible du secteur bancaire et à la solidité des grandes banques de la région. Toutefois, ce coût pourrait être plus élevé dans quelques pays en raison de la taille plus importante de leur secteur bancaire. En outre, une trentaine de petites banques parmi la centaine testée sont vulnérables à une détérioration de la situation macroéconomique, en plus des vingt banques qui se trouvent déjà en dessous des seuils réglementaires dans la conjoncture actuelle.

 

Des réserves insuffisantes

C’est pourquoi, recommande le FMI, « des fonds propres supplémentaires devraient être exigés pour les banques fragiles afin de couvrir le risque de concentration ». L’imposition de volants de fonds propres supplémentaires pour les banques fragiles est nécessaire pour renforcer leur résilience face aux risques macrofinanciers. Les fonds propres supplémentaires (imposés par Bâle pour couvrir le risque de concentration) devraient être imposés au-delà d’un seuil minimal de concentration. Les volants de fonds propres supplémentaires devraient être plus que proportionnels au degré d’exposition et devraient intégrer la diversification des portefeuilles bancaires. « Plus de 75 % des banques n’ont pas de réserves de capital suffisantes pour faire face à une exposition accrue », prévient le FMI.

C’est pourquoi des fonds propres supplémentaires devraient être exigés (par la Banque centrale) pour couvrir le risque de taux d’intérêt. Ce qui implique de les mesurer régulièrement.

Sur ce point, le FMI propose aux banques de nouveaux modèles de tests, adaptés aux contraintes spécifiques de l’UEMOA. Différents scénarios et paramètres peuvent être partagés avec les banques pour leurs propres stress test, ainsi qu’aux autorités de contrôle.

Les études d’impact réalisées au printemps 2022 par les équipes du FMI indiquent que le degré élevé de concentration et l’insuffisance de liquidité des banques constituent les principaux risques pour le système financier de l’UEMOA. C’est pourquoi l’exigence de « coussins de capital » supplémentaires pour les banques fragiles est nécessaire, tout comme l’application stricte des limites de concentration. En outre, la BCEAO peut améliorer son cadre de surveillance des banques en utilisant la modélisation des risques présentée par la note du FMI, ainsi que les méthodes statistiques permettant d’identifier les banques les plus vulnérables.

Voilà qui sonne comme une pression du FMI auprès des États africains pour qu’ils remettent un peu d’ordre dans leur système financier. L’institution fait observer que les fonds propres consolidés des banques, bien qu’ayant augmenté sensiblement, restent inférieurs aux standards internationaux, 8,7% de leur bilan contre 11,5%.

La note technique publiée par le FMI cet été présente trois innovations principales pour aider les experts de la BCEAO. Premièrement, Concevoir des scénarios de risques macro-financiers à l’aide d’un modèle basé sur le risque. Deuxièmement, regrouper les banques par grappes pour effectuer des analyses de grappes. Troisièmement, estimer les probabilités de défaut et l’impact des chocs sur les fonds propres des banques à différents niveaux de risque.

@ABanker

 

Écrit par
Aude Darc

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